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En Australie, Google bloque l'accès à des sites de médias « à titre expérimental »

Sundar Pichai parle à une foule devant un écran géant où est affiché le logo de Google.

Le PDG de Google, Sundar Pichai

Photo : Getty Images / Justin Sullivan

Agence France-Presse

Google ne propose plus à certaines personnes vivant en Australie l'accès à des sites d'information du pays. Cette mesure que la plateforme dit expérimentale s’inscrit sur fond de bras de fer entre Canberra et les géants du numérique pour les contraindre à rémunérer les médias pour leurs contenus.

L'Australie entend obliger Google et Facebook à payer les éditeurs de presse pour l'utilisation de leurs contenus, sous peine d'amendes s'élevant à des centaines de millions de dollars en cas d'infractions.

Cette réglementation, à laquelle s'opposent les géants du web et qui doit entrer en vigueur cette année, serait une première mondiale.

Elle s'appliquera au fil d'actualité de Facebook et aux recherches sur Google, deux des compagnies les plus riches et les plus puissantes du monde.

L'Australian Financial Review a révélé que Google bloquait, pour un petit nombre d'internautes effectuant des recherches, l'accès au contenu de plusieurs sites de grands médias australiens, notamment ceux de la version australienne du quotidien Guardian et des journaux du groupe News Corp.

À la place, on renvoie les internautes vers d'anciens liens ou vers des contenus provenant d'autres sites.

Un porte-parole de Google a indiqué que ce changement, qui devrait prendre fin au début de février, faisait partie de dizaines de milliers d'expériences menées par la plateforme.

Nous menons actuellement des expériences qui touchent chacune environ 1 % des utilisateurs et utilisatrices du moteur de recherche Google en Australie afin de mesurer les liens entre les groupes de presse et Google Search, a-t-il déclaré dans un communiqué.

En 2018, la valeur de la fréquentation que nous avons apportée aux éditeurs de presse, grâce au seul référencement, était estimée à 218 millions de dollars australiens, a-t-il ajouté.

Un combat suivi de près par les médias

Le ministre australien des Finances, Josh Frydenberg, a fustigé cette initiative, affirmant que Google et Facebook ne devraient pas empêcher les internautes du pays d'accéder aux informations locales.

Les géants du numérique devraient se concentrer sur le paiement du contenu original, et non le bloquer, a-t-il déclaré jeudi.

L'initiative australienne est suivie de près par les médias du monde entier, qui traversent une grave crise économique, les revenus publicitaires étant désormais majoritairement captés par les géants du web.

En Europe, un droit voisin qui doit permettre la rémunération des éditeurs de presse pour les contenus utilisés par les plateformes en ligne a été instauré en 2019 par les autorités européennes, et doit maintenant être déployé par les États membres.

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