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Philippe Pichet réclame 3 millions au gouvernement du Québec

M. Pichet sur le parvis de l'hôtel de ville.

L'ex-directeur du SPVM Philippe Pichet estime avoir perdu son poste pour des raisons politiques.

Photo : Radio-Canada

L'ex-directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) est sur le point de déposer officiellement une poursuite au civil pour la gestion de son dossier par le ministère de la Sécurité publique.

Dans une mise en demeure envoyée le 4 décembre au bureau du procureur général du Québec, Philippe Pichet affirme que lui et sa famille ont subi des dommages moraux depuis trois ans découlant de la gestion de son dossier par le ministère de la Sécurité publique.

On peut y lire que Philippe Pichet considère avoir perdu son poste de directeur pour des raisons purement politiques au terme du dépôt du rapport de Me Michel Bouchard, le 30 novembre 2017.

Rappelons que le ministre de la Sécurité publique de l'époque, Martin Coiteux, avait réclamé quelques mois plus tôt une enquête administrative à Me Michel Bouchard sur les problèmes au SPVM, dont les conclusions ne devaient contenir aucun blâme ni aucune sanction.

Selon la mise en demeure, ce n'est pas ce qui s'est passé.

Le 6 décembre 2017, notre client est convoqué au bureau du directeur général de la Ville pour une rencontre de 5 minutes, lors de laquelle on l'informe qu'il n'a commis aucune faute professionnelle, aucune faute lourde, aucune faute criminelle, qu'il n'y a pas de problème quant à ses compétences, que la Ville n'a même pas lu le rapport de Me Bouchard, qu'un décret serait adopté dans la prochaine heure pour confirmer sa suspension et qu'il n'est pas souhaitable qu'il revienne à son poste.

Extrait de la mise en demeure de Philippe Pichet contre le gouvernement du Québec

C'est par le biais de certains médias, qui avaient obtenu le rapport en exclusivité, que Philippe Pichet dit avoir appris la veille qu'il allait non seulement être suspendu, mais que le directeur général de la Ville avait rencontré à son insu deux hauts gradés du SPVM pour assurer l'intérim.

La nouvelle s'est concrétisée lors d'un point de presse de la mairesse Valérie Plante et du ministre Martin Coiteux.

Philippe Pichet affirme n'avoir jamais fait l'objet d'une rencontre avant cette annonce. Il dit également avoir été suspendu sans avoir pu consulter le rapport de Me Michel Bouchard, qui blâmait sa gestion du SPVM.

Les mois qui ont suivi ont mené Martin Prud'homme, nommé par intérim à tête du SPVM, à déposer à son tour un rapport sur la police de Montréal. Un processus de destitution a ensuite été entrepris pour retirer le poste de directeur à Philippe Pichet à la demande de Martin Coiteux.

Philippe Pichet affirme que le document de Martin Prud'homme a été rédigé sans lui laisser le droit de parole.

Incapable de se retrouver un emploi

La mise en demeure souligne qu'il n'existe aucun emploi plus prestigieux pour un policier que celui de devenir directeur du SPVM ou encore directeur général à la Sûreté du Québec. Toutes les personnes qui ont occupé ces fonctions ont fini par décrocher des emplois importants dans des entreprises privées ou parapubliques.

Or, Philippe Pichet affirme qu'il est incapable de se trouver un nouvel emploi depuis qu'il a renoncé à son titre de directeur du SPVM. Il est toujours employé par la Ville de Montréal à titre d'officier de direction du SPVM.

Après avoir renoncé à son titre de directeur de la police de Montréal, il dit avoir subi un échec lors d'un premier prêt de service au Centre international pour la prévention de la criminalité. L'organisme s'est opposé à l'arrivée de l'ex-chef de police, compte tenu des impacts négatifs de sa supposée réputation, lit-on dans la mise en demeure. Le conseil d'administration a finalement accepté de l'accueillir sans lui confier de tâches concrètes.

En février 2019, l'actuel chef du SPVM, Sylvain Caron, aurait confirmé à l'un des avocats de Philippe Pichet qu'il ne faisait pas partie de ses plans.

[...] Le nouveau directeur, devant l'insistance de notre client [Philippe Pichet], lui a offert de prendre en charge certains mandats au sein du SPVM afin de le tabletter, avec comme conditions qu'il n'ait pas accès à aucun document, à aucun employé et qu'il réalise lesdits mandats à l'extérieur des locaux du SPVM.

Extrait de la mise en demeure de Philippe Pichet contre le gouvernement du Québec

Philippe Pichet souligne avoir posé sa candidature à de nombreux emplois dans des services de police, villes, organismes publics et parapublics. Sa candidature aurait été rejetée partout, sauf à la Ville de Fermont qui cherchait un directeur général.

On écrit que c'est à contrecœur qu'il a accepté de se prévaloir de son droit de travailler à des kilomètres de Montréal, tout en étant privé de ses proches.

3 millions de dollars en dommages moraux

Philippe Pichet affirme que le travail de l'équipe mixte menée par la Sûreté du Québec a permis de mettre en lumière que les allégations d'un reportage diffusé le 21 février 2017 étaient mal fondées.

Ce reportage a non seulement marqué le début de la crise de confiance qui a secoué le SPVM, mais aussi le début de la fin de Philippe Pichet à la tête de la police de Montréal.

La mise en demeure indique que son dossier relevait du ministère de la Sécurité publique au cours de la série d'événements qui ont entaché sa réputation. Il réclame donc 3 millions de dollars en dommage et intérêt au gouvernement du Québec, ainsi que des excuses publiques.

Philippe Pichet a refusé de commenter ses propres démarches en justice.

L'ex-ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, n'avait pas répondu à nos questions au moment de publier.

Le bureau des communications du ministère de la Sécurité publique n'avait pas non plus réagi.

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