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Le délestage, une source de « stress énorme » pour les infirmières

Une infirmière portant un équipement médical de protection entre dans la chambre d'une patiente dans un établissement de soins pour personnes âgées à Seattle le 17 avril 2020.

Des infirmières sont réaffectées dans des milieux de soins pour aînés, notamment. (Archives)

Photo : Associated Press / Ted S. Warren

Radio-Canada

Le délestage dans le milieu de la santé en Estrie met une énorme pression sur les infirmières, s'inquiète le Syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l'Est.

En décembre, le CIUSSS de l'Estrie-CHUS annonçait que la moitié des interventions chirurgicales non urgentes allaient être repoussées pour libérer 100 lits, afin d'accueillir des patients atteints de la COVID-19.

La réaffectation de nombreuses infirmières a complètement transformé le quotidien de ces professionnelles. Ça demande une adaptation avec le nouveau milieu, les nouveaux appareils, la nouvelle médication, la nouvelle clientèle, décrit Sophie Séguin, la présidente du Syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l'Est.

L'infirmière est polyvalente, elle est capable de travailler n'importe où. Par contre, ça amène un niveau de stress énorme.

Sophie Séguin, présidente du Syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l'Est

Sophie Séguin craint que ces bouleversements n'aient un impact sur la santé des infirmières.

On a des infirmières de bloc opératoire qui travaillent depuis 20 ans de jour, et là, elles travaillent de soir ou de nuit. Vous comprendrez que ça a un impact sur la santé physique et psychologique, se désole-t-elle.

Un mal nécessaire, selon le Syndicat

Dans le contexte actuel, le déplacement de personnel devient inévitable, admet néanmoins Sophie Séguin.

On n’a pas le choix, parce qu'on n'a pas le nombre de professionnelles en soins pour couvrir l'ensemble des besoins des établissements. Il y a quand même beaucoup de gens en arrêt de travail, il y a des gens qui ont quitté la profession, illustre-t-elle.

Elle cite également les nouveaux services qui ont été mis en place en raison de la pandémie et qui nécessitent la présence d'infirmières. Les centres de dépistage, les sites non traditionnels et les centres où on accueille les patients COVID, ça prend du monde à beaucoup d'endroits pour 24 heures, explique Sophie Séguin.

Une vie familiale chambardée

Ces bouleversements ont aussi un impact significatif sur la vie personnelle de ces professionnelles en soins. Les changements d'horaire et de lieu de travail causent bien des maux de tête aux infirmières, qui sont aussi mères célibataires ou proches aidantes, souligne Sophie Séguin.

Au-delà de la profession, on est aussi des citoyennes, des mamans, des aidantes naturelles, donc ça met une pression supplémentaire sur ces femmes-là.

Sophie Séguin, présidente du Syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l'Est

Même si les infirmières ont généralement été en mesure d'obtenir quelques jours de vacances au cours des derniers mois afin d'avoir un peu de répit, la situation pourrait changer dans les prochaines semaines.

On retient notre souffle parce que la période de vacances d'hiver débute bientôt. Peut-être qu'on va vivre cette situation déchirante où les gens ont besoin de repos et qu'ils devront entrer travailler, redoute Sophie Séguin.

En plus des hospitalisations qui sont en hausse dans la région, l'Estrie accueille également des patients de la Montérégie afin de prêter main-forte aux établissements de cette région.

Au plus fort de la crise, les yeux des infirmières sont eux aussi tournés vers le vaccin, qui leur permettra tôt ou tard de retourner à leurs fonctions d'avant.

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