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Les premières doses de vaccins contre la COVID-19 se font attendre à Kitigan Zibi

Un panneau routier sur lequel on peut lire Kitigan Zibi.

Deux personnes de la communauté ont reçu un diagnostic positif à la COVID-19 le 16 décembre (archives).

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La communauté autochtone anichinabée de Kitigan Zibi en Outaouais a enregistré en décembre ses premiers cas de COVID-19. Depuis, les cas se multiplient et le vaccin se fait toujours attendre.

C’est le 16 décembre que deux personnes de la communauté ont reçu un diagnostic positif à la maladie.

Selon le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais jeudi, 18 cas de COVID-19 sont actifs à Kitigan Zibi.

J’ai le sentiment que les chiffres vont augmenter, craint Dylan Whiteduck, le chef de Kitigan Zibi.

Avec les éclosions dans la région, dans la Vallée-de-la-Gatineau, […] ce n’est qu’une question de temps avant que ça frappe fort, croit-il.

Le chef de Kitigan Zibi, Dylan Whiteduck.

Dylan Whiteduck s'inquiète de la montée des cas de COVID-19 à Kitigan Zibi (archives).

Photo : Radio-Canada / Jean-François Poudrier

Ma plus grande peur, c’est qu’on va perdre potentiellement des vies. Je ne veux pas que ça arrive. Notre communauté va le sentir.

Dylan Whiteduck, chef de Kitigan Zibi

Au Canada, plus de 4400 cas de coronavirus sont actifs selon les données des Services aux Autochtones Canada publiées mercredi.

Des vaccins qui se font attendre

Alors que la vaccination se poursuit partout au pays, Kitigan Zibi attend toujours de recevoir ses premières doses de vaccin. Trente doses devraient arriver ce week-end, selon Dylan Whiteduck.

De son côté, le CISSS de l'Outaouais dit ne pas avoir de date précise pour le début de la vaccination, mais indique travailler étroitement avec la communauté.

M. Whiteduck affirme qu’environ 340 personnes vulnérables de la communauté anichinabée ont demandé à recevoir le vaccin. Selon Affaires autochtones et du Nord Canada, plus de 1600 personnes de la communauté résident à Kitigan Zibi.

Lors d’une conférence de presse mercredi, le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller, s’est dit convaincu que 75 % des adultes auront reçu les deux doses de vaccin nécessaire d’ici la fin mars 2021 dans les territoires.

Je crois que c’est un objectif ambitieux, lance M. Whiteduck. Ça ne veut rien dire jusqu’à ce que les provinces s’engagent.

Mais le ministre Miller ne s’avance pas sur une date précise où cet objectif sera atteint. Cette réalité dépend de la collaboration, du [partenariat], qu’on peut avoir avec les provinces et les territoires qui savent eux très bien que ces communautés doivent être protégées, a dit le ministre.

Visitez notre dossier sur les vaccins contre la COVID-19.

Je crois que le Canada devrait prendre une approche proactive et renforcer et s’assurer que les provinces, dans notre cas, le Québec, prennent soin de nos personnes vulnérables et de nos membres, soutient pour sa part le chef de Kitigan Zibi.

Marc Miller a admis que les prochaines étapes seront plus complexes en raison des nombreux facteurs qui doivent être pris en compte pour aller de l’avant avec la vaccination des communautés autochtones au pays.

Avec les prochaines étapes du déploiement du vaccin, une communauté au sud […] ou au nord, qui a des vulnérabilités qui sont très semblables, […] va devoir être reconnue par les provinces et territoires dans leur stratégie de déploiement du vaccin et jusqu’ici ils sont dans la bonne foi pour s’assurer que ça arrive, a maintenu le ministre.

Marc Miller en conférence de presse devant deux drapeaux du Canada.

Le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller (archives).

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

M. Miller a cependant souligné que la stratégie de vaccination au pays visait d’abord à immuniser les résidents des milieux de vie pour aînés plus vulnérables et les communautés éloignées.

Il y a plus de centres de soins à long terme dans les communautés non autochtones que dans les communautés autochtones, a poursuivi M. Miller.[Parfois] une personne qui est vulnérable, qui est âgée [dans une communauté autochtone], est une personne qui se situe […] avec sa famille, parfois dans une situation de surpeuplement avec des réalités multigénérationnelles.

C’est la réalité à laquelle fait face, par exemple, Kitigan Zibi qui a peut-être un centre d’aînés d’une trentaine de personnes, mais qui a quand même 350 aînés à peu près au-delà de 70 ans qui se doivent d’être vaccinés en priorité, a-t-il ajouté.

Le ministre des Services aux Autochtones a indiqué en être à l’étape de l’élaboration d’une stratégie de vaccination avec les provinces. Ça ne se limite pas nécessairement à la personne qui va administrer le vaccin, mais les accompagnateurs culturels, un appui en langue le cas échéant pour assurer que la personne qui fait le choix d’accepter un vaccin le fasse avec le maximum d’informations possible, a-t-il soutenu.

Avec les informations de Julie-Anne Lapointe.

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