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Un ancien entraîneur olympique canadien de taekwondo coupable d'agression sexuelle

Il fera face à un second procès pour des accusations semblables de la part d'une autre ex-athlète.

Une photo d'un homme de face.

Shin Wook Lim, âgé de 44 ans, a plaidé non coupable de 15 chefs d'accusation liés à de prétendues agressions sexuelles contre deux adolescentes. Le tribunal l'a reconnu coupable sur 9 d'entre eux, concernant une victime.

Photo : Courtoisie / Police de Toronto

Jean-Philippe Nadeau

L'ancien entraîneur olympique canadien de taekwondo Shin Wook Lim a été reconnu coupable jeudi à Toronto de plusieurs accusations de nature sexuelle contre une ex-athlète qui était mineure au moment des faits reprochés. Sa peine n'a pas encore été déterminée.

Toutes les accusations avaient été séparées lors du premier procès, en octobre dernier, pour départager deux plaignantes, anciennes élèves de l'entraîneur.

Ces accusations se rapportent à des faits reprochés qui se sont ou se seraient produits de 2013 à 2017 au Canada et à l'étranger.

L'identité de la victime et de la seconde plaignante est protégée par la loi, parce qu'elles étaient mineures à l'époque.

Les accusations pour lesquelles Shin Wook Lim est reconnu coupable portent sur les années 2015 à 2017 pour ce qui a trait à la première plaignante. Elles concernent des attouchements, des agressions et de l'exploitation à des fins sexuelles.

La jeune femme n'avait que 15 ans lorsque les faits ont commencé dans la salle d'entraînement de Toronto.

Les agressions se sont déroulées durant deux ans et demi après ou lors de plusieurs sessions d'entraînement en Ontario et en Corée du Sud.

Une photo judiciaire d'un club de taekwondo à Toronto.

Le club de taekwondo de Toronto où l'ex-entraîneur Shin Wook Lim donnait des cours de taekwondo.

Photo : Police de Toronto

Dans son verdict, la juge Anne Molloy explique que la victime est crédible et qu'elle ne mentait pas.

Elle s'est souvenue des événements au mieux de ses capacités, malgré quelques trous de mémoire lors de son témoignage, écrit-elle dans ses explications.

La magistrate ajoute que les témoins étaient en outre fiables et leurs témoignages à la barre, véridiques.

La défense de l'entraîneur avait insinué au procès que la plaignante avait fabriqué ses allégations de toute pièce.

Exploitation sexuelle

La juge a en outre souligné que l'individu avait utilisé sa position et son autorité d'entraîneur pour amadouer au début sa jeune élève.

Elle affirme que le comportement de l'accusé est d'ailleurs demeuré cohérent et consistant dans le témoignage de la victime et qu'il s'est aggravé de façon graduelle avec les années.

De l'étreinte au simple baiser, en passant par le frottage, puis les attouchements jusqu'au viol.

Une illustration judiciaire de la défense et de son client lors d'une audience virtuelle.

L'avocate de la défense, Danielle Robitaille, debout à côté de son client dans le prétoire lors de l'audience virtuelle; la juge est en ligne.

Photo : Radio-Canada / Pam Davies

La juge reprend les propos de la plaignante, qui avait expliqué que son entraîneur agissait de la sorte pour qu'elle puisse avoir confiance en lui afin de devenir une athlète olympique.

Il m'a dit que c'était normal et qu'il voulait m'aider, écrit la magistrate, en reprenant mot pour mot une citation de la jeune femme à la barre.

Rappel de la mémoire vive

La juge se dit par ailleurs perplexe au sujet des raisons que la victime avait données pour expliquer le fait qu'elle avait tardé à dresser un parallèle entre ce qui lui était arrivé à l'adolescence et ce dont elle s'était souvenue plus tard à l'université.

La plaignante avait raconté que ses souvenirs lui étaient revenus de façon intense lors d'un cours magistral en criminologie, ce qui l'avait motivée à finalement porter plainte à la police au printemps 2018.

Une illustration judiciaire de la juge.

La juge Anne Molloy, de la Cour supérieure de l'Ontario, en télétravail de chez elle

Photo : Radio-Canada / Pam Davies

Elle avait, dans les mois précédant le cours, effectué des recherches pour un essai sur l'ex-entraîneur King Yeung, qui a été condamné à 10 ans de prison au Manitoba pour des agressions sexuelles contre des athlètes.

La jeune femme avait toutefois reconnu que ce travail de recherche n'avait pas encore réveillé sa conscience à ce moment-là au sujet de son passé.

Photographie de King Yeung, ancien instructeur en chef à la Kang's Taekwondo Academy.

King Yeung, ancien instructeur en chef à la Kang's Taekwondo Academy

Photo : Radio-Canada

La juge écrit néanmoins que le cerveau fonctionne parfois de façon mystérieuse et imprévisible et que des faits peuvent être emmagasinés dans la mémoire avant d'être récupérés plus tard.

En ce sens, il est possible, selon elle, que les recherches à la bibliothèque aient été dans le subconscient de la victime l'élément qui aura déclenché quelques semaines plus tard dans sa mémoire le parallèle avec sa propre situation personnelle.

Un second procès

Le second procès de Shin Wook Lim est prévu pour la fin mai, où quelques jours ont déjà été réservés, puis plus tard en octobre.

En dépit de son premier verdict de culpabilité, M. Lim recouvre sa présomption d'innocence pour les accusations qui ne concernent que la seconde plaignante.

La juge a d'ailleurs dit à ce sujet qu'elle ne croyait pas qu'il s'agissait d'une collusion entre les deux femmes et que les révélations de la première plaignante ne contamineront pas les allégations de la seconde.

Une illustration de la procureure de la Couronne Jill Jill Witkin à son bureau.

La procureure de la Couronne Jill Jill Witkin

Photo : Radio-Canada / Pam Davies

Elle a en outre décidé que M. Lim, qui réside à Vaughan, sera assigné à son hôtel de Toronto, en attendant une nouvelle audience sur le cautionnement, le 22 janvier.

La défense de l'ancien entraîneur olympique ne pouvait préparer son plaidoyer à ce sujet après le prononcé du verdict.

La Couronne, qui compte s'opposer vivement à la libération de l'accusé en attendant son second procès, affirme qu'elle va réclamer une peine d'emprisonnement sévère pour le premier procès.

L'audience sur la détermination de la peine aura lieu ensuite, que l'accusé soit en prison, en détention préventive ou en liberté.

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