•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'annulation d'un vol Québec–Toronto déçoit la clientèle d'affaires

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
La plupart des avions sont cloués au sol à l'aéroport Jean-Lesage.

Un avion d'Air Canada à l'aéroport Jean-Lesage (Archives)

Photo : Radio-Canada / Maxime Corneau

L’annulation des vols quotidiens directs d’Air Canada entre Québec et Toronto risque de causer bien des maux de tête aux gens d’affaires de la région de la Capitale-Nationale qui utilisent ces liaisons régulièrement.

En raison de la pandémie, le plus important transporteur aérien au pays a annoncé la suppression de 1900 postes et l’abandon temporaire de plusieurs vols. Ceux entre Québec et Toronto ne seront plus offerts à compter du 23 janvier.

Cette situation désole le président d’Agri-Marché, Patrice Brochu. L’homme d’affaires de Saint-Isidore se rend à Toronto environ deux fois par mois depuis le début de la pandémie.

On veut développer le marché de Québec et on coupe des vols. Pour les gens d'affaires de Québec, ce n'est pas une bonne nouvelle, surtout qu'on ne sait pas quand ça va revenir, affirme Patrice Brochu.

On est déçus, on trouve ça triste, l'abandon de cette liaison-là, mais pas surpris. Il y a beaucoup d'annulations et pas beaucoup de réservations de vols. On espère juste que ce ne sera pas trop long, ajoute le président et chef de la direction de la Chambre de commerce de Québec, Steeve Lavoie.

Généralement, quand Patrice Brochu doit se rendre à Toronto, il part vers 5 h 30 de Québec. Il arrive aux bureaux de Toronto vers 8 h, puis il revient chez lui le soir même, vers 23 h. Avec l’annulation des vols, il sera maintenant forcé de partir de Montréal, ce qui entraînera des pertes de temps et des dépenses supplémentaires.

Agri-Marché, à Saint-Isidore.

Agri-Marché, à Saint-Isidore

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Je dois dormir un soir supplémentaire à l’hôtel quand je dois m'y rendre. Quand il y a un transfert, il y a des risques à cause de la météo que je reste à Montréal. Il n'y a rien d'avantageux, surtout avec ce qu'on vit présentement, lance-t-il.

Cette décision n’a pas été prise à la légère et nous sommes désolés des répercussions qu’elle aura sur nos clients et communautés, mais il est de plus en plus difficile d’opérer dans ce contexte de crise. La capacité globale de notre réseau est actuellement en baisse d'environ 80 % par rapport à 2019, explique la directrice des relations avec les médias d'Air Canada, Pascale Déry.

Monopole dénoncé

Le maire de Québec, Régis Labeaume, déplore lui aussi la suspension des vols Québec-Toronto. Il attribue cette situation à la forte présence d'Air Canada.

C'est une mauvaise idée de vivre sous un monopole. Air Canada les suspend, puis je présume que quand ce sera payant il va revenir avec son vol. Je le comprends, mais pendant ce temps-là, nous autres, à Québec, on n'a pas de services, affirme Régis Labeaume.

L'ambiance dans l'aéroport est déstabilisante. Il n'y a qu'une vingtaine de voyageurs par jour qui prennent l'avion depuis la fermeture des frontières. La plupart sont des travailleurs essentiels.

L'achalandage à l'aéroport international Jean-Lesage de Québec a baissé de 97% par rapport à janvier 2020.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

Impacts pour les aéroports

Air Canada a également annulé de nombreux vols dans d'autres grands aéroports canadiens. Tous les aéroports risquent d’en souffrir, selon le président de l’Association du transport aérien du Canada (ATAC), John McKenna.

Québec–Toronto, c'est probablement une des liaisons les plus occupées. Air Canada représente probablement 60 % des vols de Québec. C'est tragique. Tous les aéroports au Canada se retrouvent dans une situation catastrophique avec un taux d'endettement élevé, a-t-il affirmé au micro de l'émission Première heure.

John McKenna soutient par ailleurs que les annulations de vols sont inévitables dans la situation actuelle. Les transporteurs n'opèrent qu'à 15 % ou 20 % de leur capacité normale. Ils doivent se retrancher vers les routes les plus rentables. Ils sont dans une situation vraiment critique, observe-t-il.

Patrice Brochu est étonné d'apprendre que la liaison Québec–Toronto ne figure pas parmi les liaisons assez rentables. Ça allait super bien. Dans les derniers mois, l'avion était complet. Je suis surpris, ce matin, d'apprendre ça, dit-il.

Aide financière attendue

L’aide financière promise à l’industrie aérienne par le gouvernement fédéral tarde aussi à se concrétiser. L’ATAC souhaite que l’arrivée d’un nouveau ministre des Transports permette de débloquer les fonds nécessaires rapidement.

On est très content du changement. On n'a jamais senti qu'on avait un champion qui aidait la cause du transport aérien au cabinet du ministre. On espère que monsieur Omar Alghabra va arriver là avec l'énergie nécessaire pour nous aider à passer à travers ça, mentionne John McKenna.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !