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Il y a 55 ans, Indira Gandhi devenait première ministre de l’Inde

Indira Gandhi en 1975.

Indira Gandhi devient première ministre de l'Inde le 19 janvier 1966.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le 19 janvier 1966, Indira Gandhi devient première ministre de l’Union indienne. Elle dirigera la plus populeuse démocratie du monde pendant 15 ans, laissant à sa mort un bilan contrasté.

Une première ministre

Je ne suis qu’une citoyenne indienne et le premier serviteur du pays.

Indira Gandhi lors de sa prestation de serment comme première ministre de l’Inde, le 19 janvier 1966

Le 31 décembre 1966, la télévision de Radio-Canada présente une revue de l’année qui inclut l’arrivée au pouvoir d’Indira Gandhi comme première ministre de l’Inde.

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Revue de l'année, 31 décembre 1966

Lors de sa prestation de serment, Indira Gandhi affirme n’être qu’une simple citoyenne indienne. C'est un cas de fausse modestie.

Née en 1917, elle est la fille de Jawaharlal Nehru qui est l'un des principaux fondateurs de la République indienne et le premier ministre de l’Union indienne de 1947 à 1964.

On avait évoqué lors du décès du premier ministre Nehru qu’Indira Gandhi pourrait lui succéder.

Elle devient la première femme à diriger l’Inde après la mort subite du premier ministre Shastri en janvier 1966.

Sur l’échiquier politique, Indira Gandhi se présente tout d’abord comme une femme qui fait la promotion de substantiels changements sociaux dans la société indienne.

La revue de l’année 1966 mentionne par exemple son combat contre l’entretien des vaches sacrées qui nuisent à réduire la faim chez les Indiens pauvres.

Son gouvernement poursuit par ailleurs la révolution verte qui aboutit à l’autosuffisance alimentaire pour l’Inde en quelques années.

Cette réforme provoque cependant d'importantes dégradations environnementales qui seront par la suite critiquées.

Elle se montre aussi une militante convaincue de la laïcité de l’État indien.

C’est dans cette perspective qu’elle fait élire le premier président musulman de l’Union indienne en 1967.

En 1970, elle abolit les privilèges que possédaient encore les maharajahs et autres princes indiens.

Ce comportement réformiste cache cependant un grave penchant du caractère d’Indira Gandhi.

C’est une femme autoritaire.

En tant que première ministre, Indira Gandhi utilise tous les leviers à sa disposition pour consolider son pouvoir.

En 1975, son caractère autocratique s’affiche d’une manière spectaculaire et inédite depuis le début de l’histoire de la plus populeuse démocratie du monde.

Rupture démocratique

En 1975, un tribunal condamne Indira Gandhi pour des irrégularités électorales et annule son élection au Parlement.

Sa réplique est cinglante.

Dans la nuit du 25 au 26 juin 1975, elle ordonne l’état d’urgence dans tout le pays. Indira Gandhi s’octroie dans les faits des pouvoirs dictatoriaux.

Les partis politiques et la presse sont muselés. Les libertés fondamentales sont suspendues. Le gouvernement dirige par amendements constitutionnels et par décrets.

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Le 60, 18 novembre 1975

Cette période de rupture avec la démocratie en Inde est bien documentée par un reportage présenté le 18 novembre 1975 à l’émission Le 60 qu'anime André Payette.

Le reportage montre les effets de l’état d’urgence pour différents secteurs de la population indienne.

Des propriétaires terriens affirment être lésés par les politiques d’Indira Gandhi. Des pauvres au contraire disent profiter de la situation.

On sent par ailleurs un climat de peur chez les citoyens indiens.

Plusieurs, notamment des étudiants, soutiennent être bâillonnés par le gouvernement. Des femmes déclarent qu’il vaut mieux ne pas être entendus par ses voisins si l’on critique les autorités.

Le reportage révèle tout de même une image contrastée de la première ministre.

Indira Gandhi ne se cache pas du peuple. Au contraire, elle le reçoit volontiers dans sa résidence presque de façon quotidienne.

Le reportage comprend aussi une entrevue avec Indira Gandhi.

Elle défend énergiquement son comportement et affirme qu’elle n’agit que pour les intérêts de la nation.

Une fin tragique

En 1977, Indira Gandhi déclenche des élections qu’elle perd. Elle en accepte les résultats.

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Téléjournal, 31 octobre 1984

Elle revient au pouvoir en 1980 comme le mentionne la biographie que la journaliste Michèle Viroly présente au Téléjournal le 31 octobre 1984 à l’occasion de la mort de la première ministre.

Bernard Derome anime l’émission ce jour-là.

Indira Gandhi est assassinée par ses propres gardes du corps au moment où elle sort de sa résidence.

C’est la vengeance religieuse qui motive ses meurtriers.

Adeptes de la religion sikhe, ses gardes du corps punissent la première ministre pour avoir autorisé l’assaut du Temple d’or à Amritsar dans l’État indien du Punjab.

Le Temple d’or était alors occupé par des extrémistes de religion sikhe qui voulaient l’indépendance du Punjab de l’Inde.

Le 6 juin 1984, Indira Gandhi ordonne à l’armée indienne de reprendre le Temple d’or. On comptera 650 morts dans ce lieu considéré comme le saint des saints de la religion sikhe.

Indira Gandhi paiera cette décision de sa vie quelques semaines plus tard.

Aujourd’hui, l’action politique d’Indira Gandhi est poursuivie par la veuve de son fils Rajiv qui lui a succédé comme premier ministre de l’Inde, et par ses petits-enfants.

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