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Des tensions entre francophones au coeur de l'ACFMJ

L'enseigne de l'Association communautaire fransaskoise de Moose Jaw sur un mur de brique jaune.

En six mois, deux personnes ont démissionné du conseil d’administration de l’Association communautaire fransaskoise de Moose Jaw en invoquant des tensions. La directrice a déposé plusieurs plaintes pour harcèlement avant d’être congédiée.

Photo : Radio-Canada / Rob Kruk

En six mois, deux des sept membres du conseil d’administration de l'Association communautaire fransaskoise de Moose Jaw (ACFMJ) ont remis leur démission à cause de tensions. Il s’agit de la présidente, Chantal Beaudoin, et de la conseillère Jennifer Pippus. Par ailleurs, l’ancienne directrice de l'association, Corinne Dourlent, a quant à elle déposé des plaintes pour harcèlement contre deux membres du C. A. de l’organisme. Elle a été licenciée le 12 novembre.

Chantal Beaudoin, présidente de l’ACFMJ de juin 2019 à août 2020, dit avoir été témoin de l’arrivée de problèmes relationnels au sein du conseil d’administration à partir du printemps 2020.

L’ancienne directrice, Corinne Dourlent, dénonce pour sa part des gestes de mépris qui auraient pris de l’ampleur au cours de l’année 2020. Par exemple, une membre du C. A. remettait en question son professionnalisme dans une lettre de plus de trois pages au ton virulent qui lui a été adressée le 17 août, en mettant en copie l’ensemble du C. A.

[C’est du harcèlement] verbal, écrit. C’est aussi des gestes qui sont posés pour mettre en doute mon travail.

Corinne Dourlent

La présidente, Chantal Beaudoin, a alors tenté d’ouvrir le dialogue pour apaiser la situation, mais sans succès. Elle dit avoir eu l’impression d’avoir été la seule à vouloir mettre cartes sur table pour parler franchement de la situation.

Ce que je constatais, c’est qu’il y avait, ou bien du déni, ou bien du silence volontaire des gens qui ne voulaient pas faire de houle, qui préféraient acheter la paix. Et puis, moi, je n’étais pas bien là-dedans.

Chantal Beaudoin

Chantal Beaudoin a alors décidé d’avancer la date de sa démission. Elle prévoyait de quitter ses fonctions après l’Assemblée générale annuelle du 15 septembre, mais elle s’est finalement retirée le 24 août.

Estimant que l’ACFMJ ne prenait pas les mesures nécessaires pour résoudre la situation, Corinne Dourlent a déposé une première plainte auprès de l’organisme le 14 octobre. Elle espérait ainsi que ce dernier entame un processus de résolution des tensions.

Dans cette plainte, Corinne Dourlent dénonce le harcèlement qui aurait été exercé dans le cadre d’un échange de courriels. Cette plainte vise la membre du C. A.  auteure de la lettre du 17 août qui remettait en question le professionnalisme de la directrice. Dans sa plainte, Corinne Dourlent s’appuie sur les Statuts et règlements de l’ACFMJ, qui définissent le harcèlement comme l’utilisation de langage blessant ou inapproprié ou tout comportement déplacé, intimidant ou humiliant et qui est une entrave au maintien d’un milieu de travail accueillant et productif .

Au lendemain de la première rencontre du nouveau C. A., soit le 15 octobre, Jennifer Pippus quittait ses fonctions de première conseillère. Dans sa lettre de démission, elle dit se sentir déçue, désespérée et attristée des circonstances dans lesquelles le conseil se trouve.

J’en ai eu assez. Avec les attaques, j’ai ressenti que c'était rendu toxique. [L’ACFMJ n’est] plus un environnement positif. C’est rendu un environnement ambigu, négatif.

Jennifer Pippus

Le 21 octobre, Corinne Dourlent déposait une deuxième plainte pour harcèlement, cette fois-ci auprès du Conseil des écoles fransaskoises. Cette plainte pour harcèlement vise de nouveau l’auteure de la lettre, mais aussi un autre membre du C. A. de l’ACFMJ, tous deux étant employés du CEF.

Dans cette deuxième plainte, Corinne Dourlent fait appel à la Procédure de gestion en cas de harcèlement du CEF.

Selon cette procédure, le CEFs’engage à prendre les moyens pour sensibiliser l’ensemble de son personnel à l’obligation de respect envers toute personne faisant partie du CEF de même qu’envers toute personne ayant un lien avec le CEF. Corinne Dourlent considère que son poste de directrice de l’ACFMJ la qualifie comme personne ayant un lien avec leCEF.

Le 12 novembre, Corinne Dourlent déposait une troisième plainte, de nouveau à l’ACFMJ. Cette plainte pour harcèlement visait le deuxième membre du C. A. déjà mis en cause dans la plainte déposée auprès du CEF.

Le même jour, une firme d'avocat embauchée par l’ACFMJ rédigeait une lettre pour licencier Corinne Dourlent de son poste de directrice. Le document mentionne un licenciement pour cause justifiée. Il stipule que les plaintes déposées par cette dernière ne sont pas fondées. La firme estime qu’elles constituent une insubordination et un harcèlement de la part de Corinne Dourlent envers son ancien employeur.

Corinne Dourlent a fait appel aux services d'une avocate pour dénoncer les raisons de ce licenciement, qu'elle qualifie d'abusif.

Réponse de l’ACFMJ

Questionnés au sujet des allégations portées contre eux, les deux membres du C. A. de l’ACFMJ ont préféré s'en remettre à l'avocat de l'organisme. Dans la réponse écrite qu’il a fait parvenir à Radio-Canada, ce dernier précise que l’ACFMJprend très au sérieux les allégations et plaintes déposées contre le conseil d’administration et ses membres. L’avocat maintient aussi qu'elles ne sont pas fondées.

Il précise également que Corinne Dourlent a été congédiée en consultation avec le conseiller juridique de l’ACFMJ, par décision du conseil.

Radio-Canada a également contacté le CEF pour savoir comment il réagit à la plainte qu’il a reçue de la part de Corinne Dourlent. Celui-ci n’a pas donné suite à notre demande.

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