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Vaccin : Québec vise un maximum de 90 jours entre deux doses

Le Comité d’immunisation du Québec ne suit pas la recommandation fédérale d’un délai maximal de six semaines entre les deux doses.

Christian Dubé en conférence de presse.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, croit que Québec aura reçu 250 000 doses de vaccin d'ici la fin du mois.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Les experts mandatés par Québec ne souhaitent pas suivre la recommandation du fédéral et prônent plutôt l'administration de la première dose du vaccin contre la COVID-19 au plus grand nombre de personnes possible.

Le Comité d'immunisation du Québec (CIQ) souhaite sauver le plus de vies possible et la deuxième dose attendra le temps qu'il faudra. À Québec, toutefois, on s'impose plutôt un délai de 90 jours au maximum entre les deux doses.

Cette façon de faire a été confirmée jeudi par Richard Massé, conseiller médical stratégique à la direction générale de la santé publique, Daniel Paré, directeur de la campagne de vaccination au Québec, et le ministre de la Santé, Christian Dubé.

La période de 90 jours correspond au temps nécessaire pour rejoindre les aînés résidents dans les résidences pour personnes âgées (RPA) [leur vaccination débutera le 25 janvier] et les plus de 70 ans, pour un « impact maximal », a expliqué le Dr Massé.

Ça ne veut pas dire qu'on va attendre 90 jours, mais ça veut dire qu'on pourrait attendre 90 jours, en fonction de l'arrivage des vaccins, a-t-il aussi déclaré. À partir d'avril prochain, plus de doses seront reçues, et on pourra réduire l'intervalle.

Cette décision va nous permettre de vacciner près de 500 000 personnes vulnérables. On pense que ça justifie de retarder de quelques semaines le fait d'offrir la deuxième dose.

Dr Richard Massé

Les experts du CIQ aimeraient suivre cette stratégie pour les six premiers groupes prioritaires à vacciner (1,7 million de personnes) et idéalement pour le 7e groupe, les plus de 60 ans.

En se basant sur les connaissances liées aux autres types de vaccins, le CIQ pense que la protection contre la maladie sera longue après la première dose.

De son côté, le ministre Dubé dit conserver son objectif de recevoir 250 000 doses de vaccin d'ici le mois de février. Pour l'instant, 162 000 de ces doses ont été reçues au Québec, a-t-il dit.

La lumière est au bout du tunnel, on fait le plus vite possible pour que vous puissiez retrouver une vie la plus normale possible, a-t-il déclaré, en s'adressant aux aînés.

Les experts comptent évaluer en continu les données concernant les patients vaccinés afin de surveiller s’il y a une baisse de l’efficacité du vaccin. Dans un tel cas, la deuxième dose pourrait être donnée plus vite aux premiers groupes prioritaires.

Les Dr Massé et Paré ont d'ailleurs admis qu'on ignore, pour l'instant, l'efficacité de la première dose des vaccins de Pfizer et de Moderna sur une période de 90 jours.

On sait que la protection [offerte par la première dose du vaccin] est bonne et va se maintenir, a cependant soutenu le Dr Massé.

Officiellement, Pfizer-BioNTech recommande de vacciner les gens avec deux doses données à trois semaines d’intervalle, tandis que Moderna suggère d’espacer les doses de quatre semaines.

Recommandation différente à Ottawa

Québec réévaluait sa position depuis quelques jours, en raison d'un avis différent de la santé publique fédérale.

Selon Ottawa, les deuxièmes doses de vaccin contre la COVID-19 de Pfizer-BioNTech et Moderna devraient préférablement être administrées au maximum six semaines après la première. C'est ce qu'a conclu le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI), présidé par la Dre Caroline Quach.

Il revient à chaque province de déterminer la stratégie vaccinale à adopter, en collaboration avec son propre comité d'immunisation.

Tous les médecins hygiénistes en chef du Canada […] sont d’accord : on fait nos meilleurs efforts pour respecter, pour suivre les recommandations pour l’administration des vaccins. Mais c’est un enjeu parce que la quantité des vaccins est limitée actuellement au Canada. Aussi, dans quelques régions du Canada, incluant le Québec, la pandémie s’est intensifiée. Il y a beaucoup plus de cas, d’hospitalisations et de décès, a déclaré le Dr Howard Njoo, sous-administrateur en chef de l'Agence de la santé publique du Canada, lors d'un point de presse, jeudi.

Avec les données disponibles, on peut recommander que pour l’efficacité, pour l’intervalle [entre les] deux doses, on a assez de données pour dire, oui, c’est efficace si on fait un intervalle jusqu’à 42 jours. Après 42 jours, on ne sait, on n’a pas de données.

Dr Howard Njoo

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande l'administration de la deuxième dose dans les six semaines, alors que le comité du Royaume-Uni recommande un délai de 3 à 12 semaines entre les deux doses.

Santé Canada a déjà mis en doute la stratégie envisagée par le Québec, en laissant entendre qu'elle pourrait compromettre ses efforts visant à obtenir plus de doses de ces vaccins auprès des fabricants.

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