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L'Île-du-Prince-Édouard manque d'agents correctionnels

Un agent des services correctionnels surveille une section à sécurité minimale dans un pénitencier de Laval.

Un agent des services correctionnels surveille une section à sécurité minimale dans un pénitencier de Laval.

Photo : Radio-Canada / Benoit Roussel

Julien Lecacheur

L'Île-du-Prince-Édouard, la province où siège l'Académie de police de l'Atlantique, lance un programme pour former des agents correctionnels.

Le directeur de l'Académie de police de l'Atlantique dresse un bilan lucide du nombre de nouvelles recrues.

Il y a moins de personnes qui aiment commencer leurs vies en tant que shérifs, agents correctionnels ou encore policier, explique Forrest Spencer, dans son bureau, à Summerside.

Une baisse d'intérêt pour ces professions qui s'explique, selon lui, en grande partie par un problème générationnel, ainsi que par l'image véhiculée dans les médias.

Ce désintérêt pose aujourd'hui de sérieux problèmes à l'Île-du-Prince-Édouard. Le ministre de la Justice, Bloyce Thompson, ne s'en cache pas.

Nous allons avoir un manque d'agents dans nos centres correctionnels.

Bloyce Thompson, ministre de la Justice de l'Î.-P.-É.
Forrest Spence est assis à son bureau. Il lit un document.

Forrest Spencer, le directeur de l'Académie de police de l'Atlantique, explique que le nombre d'étudiants est en baisse.

Photo : Julien Lecacheur

Pour Forrest Spencer, ce manque s'explique aussi par la provenance des étudiants.

L'Académie accueille chaque année des personnes de tout le Canada, mais principalement des provinces de l'Atlantique, à commencer par le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse.

Ces agents, une fois diplômés, ne restent pas sur l'île et préfèrent retourner dans leur province d'origine.

Dans les deux ou trois dernières classes, nous n'avons pas eu beaucoup de candidats originaires de l'Île-du-Prince-Édouard.

Forrest Spencer, directeur de l'Académie de police de l'Atlantique
Intérieur d'une salle d'entraînement de l'Académie de police de l'Atlantique. Vue plongeante sur de fausses cellules.

Les étudiants de l'Académie de police de l'Atlantique s'entraînent à la gestion des détenus.

Photo : Julien Lecacheur

Une formation subventionnée par la province

Pour tenter de remédier à ce problème, le gouvernement insulaire s'associe avec l'Académie de police de l'Atlantique pour former 12 agents correctionnels.

Les futures recrues suivront 15 semaines de formation, puis 7 semaines de stage dans l'une des deux prisons de l'île. Ces cours seront financés à plus de 85 % par la province, pour un total de 100 000 $. Cette somme est initialement versée par le gouvernement fédéral par l'entremise du programme du Fonds pour l’emploi Canada-Î.-P.-É..

Ce programme est une bonne solution pour répondre aux défis immédiats.

Forrest Spencer, directeur de l'Académie de police de l'Atlantique
Vue depuis le couloir d'une salle de classe de l'Académie de police de l'Atlantique.

L'Académie de police de l'Atlantique a dû s'adapter face à la COVID-19. Le nombre d'étudiants par salle de classe est par exemple limité.

Photo : Julien Lecacheur

Des cours placés sous le signe de la COVID-19

L'Académie de police, comme bien d'autres institutions, a dû s'adapter aux restrictions liées à la pandémie.

Au sein de l'établissement, le respect des distances est de mise, le nombre d'étudiants dans chaque salle est limité et le port du masque est obligatoire.

De plus, les étudiants doivent s'auto-isoler dans la résidence de l'Académie pendant 14 jours avant de commencer leur formation. Forrest Spencer explique que ces nouveautés ne sont pas toujours faciles pour les futures recrues.

Malgré tout, ces contraintes ne découragent pas les étudiants. Au contraire, selon le gouvernement, plus d'une dizaine de dossiers de candidatures pour la formation d'agents correctionnels ont déjà été déposés en l'espace d'une semaine. Un engouement qui pousse le ministre de la Justice à envisager la reconduite de ce programme dans le futur.

À gauche, le ministre de la Justice, Bloyce Thompson. À droite, le directeur de l'Académie de police de l'Atlantique, Forrest Spencer.

Le ministre de la Justice de l'Î.-P.-É. et le directeur de l'Académie de Police de l'Atlantique, Forrest Spencer, se félicitent de ce nouveau partenariat.

Photo : Julien Lecacheur

C'est juste le début. On va regarder comment cela va se passer et si on peut continuer à le faire, alors on le fera.

Bloyce Thompson, ministre de la Justice de l'Î.-P.-É.

Les personnes qui souhaitent soumettre leur candidature ont jusqu'au 29 janvier. Elles peuvent aussi trouver de plus amples informations sur le site web du Collège Holland (Nouvelle fenêtre).

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