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La police pas pressée de faire appliquer l'ordre de rester chez soi en Ontario

Doug Ford a écarté un couvre-feu, mais avait dit que les forces de l'ordre auraient la population à l'oeil.

Un policier portant une veste jaune.

Doug Ford avait promis une surveillance accrue de la police.

Photo : Terry Asma/CBC

Radio-Canada

L'Association des chefs de police de l'Ontario rejette l'idée de contrôles aléatoires ou d'opérations policières pour faire respecter le nouvel ordre de rester à la maison, qui est entré en vigueur jeudi à 0 h 01.

Le premier ministre ontarien, Doug Ford, avait promis une surveillance accrue des policiers et des inspecteurs gouvernementaux, répétant que les Ontariens devaient limiter leurs déplacements à l'essentiel, comme l'épicerie, la pharmacie et les rendez-vous médicaux.

Il avait ajouté que les mauvais citoyens recevraient une amende, s'ils ne respectaient pas l'ordre de rester chez soi.

Statu quo pour la police de Toronto

Toutefois, le Service de police de Toronto a déclaré jeudi en début de soirée que très peu de choses changeront dans leurs opérations, même après l'entrée en vigueur de l'ordonnance provinciale.

Bien que soumis à l'appréciation des agents, les particuliers ne sont pas obligés d'expliquer pourquoi ils sont hors de leur résidence, et il n'y a pas non plus de preuve à première vue d'un non-respect de l'ordonnance de maintien au domicile, a indiqué la police torontoise, dans un communiqué.

Deux policiers à cheval à Toronto.

Le Service de police de Toronto compte procéder à des contrôles d'identité « seulement lorsqu'un agent a des motifs raisonnables et probables de soupçonner que quelqu'un a enfreint la loi ».

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

La police a également déterminé qu'elle n'a pas l'autorité d'effectuer des contrôles routiers ni d'entrer dans les domiciles pour vérifier le bon respect de l'ordonnance. De plus, les travailleurs ne sont pas non plus tenus d'avoir la preuve de leur employeur qu'ils se rendent à leur lieu de travail ou en reviennent.

Cependant, lorsqu'il y a des preuves de non-conformité, les agents émettront des contraventions et délivreront des assignations aux particuliers et aux entreprises, ont précisé les forces de l'ordre.

Comme auparavant, les agents se concentreront sur les restaurants et les entreprises qui ne respectent pas les ordonnances de fermeture ou les limites des clients, et sur les rassemblements à l'extérieur.

Pas beaucoup de différence pour les gens

Le directeur des communications de l'Association des chefs de police de l'Ontario, Joe Couto, indique que les corps policiers attendent toujours plus de précisions de la province. Il admet que l'application du nouvel ordre est un défi pour ses membres, entre autres parce qu'il n'est pas limité à des heures précises comme un couvre-feu.

Il assure néanmoins que les Ontariens n'ont pas à craindre de se faire arrêter au hasard dans la rue ou en voiture par un agent qui leur demanderait où ils vont.

Je ne pense pas que les Ontariens vont voir beaucoup de différence dans [le comportement] de leurs policiers.

Joe Couto, porte-parole de l'Association des chefs de police de l'Ontario
Joe Couto en entrevue.

Les policiers ne vont pas vous arrêter dans la rue pour vous demander où vous allez, assure Joe Couto de l'Association des chefs de police de l'Ontario.

Photo : Radio-Canada

M. Couto ajoute que les policiers ne veulent pas être accusés de pratiquer le fichage et de profilage racial.

Selon lui, les agents vont plutôt se concentrer sur les rassemblements illégaux et être « plus enclins » qu'avant à distribuer des amendes dans de telles situations.

Pas d'amendes en série

Dans la région de Peel, l'une des autres zones qui recensent le plus de cas de COVID-19 en Ontario, la police affirme que chaque situation sera évaluée au cas par cas.

Si on reçoit un appel relativement à l'ordre [de rester chez soi] et/ou à des rassemblements, les sanctions seront une option possible. Toutefois, chaque appel sera traité individuellement.

Sarah Patten, porte-parole de la Police régionale de Peel

De son côté, la Police provinciale de l'Ontario (PPO) dit que la question est encore à l'étude.

Nous sommes en train de finaliser nos communications sur la façon dont ce sera appliqué et l'impact sur le public, précise la porte-parole de la PPO, Carolle Dionne.

Même son de cloche de la part de la police d'Ottawa.

Nous sommes en train de réviser l’annonce de la province. La police d’Ottawa continuera d’appuyer les agents des règlements municipaux d’Ottawa dans l’application de toutes les ordonnances provinciales relatives à la pandémie.

Amy Gagnon, porte-parole, Service de police d'Ottawa

Le gouvernement de Doug Ford n'a publié que mercredi soir les détails de son décret sur l'ordre de rester chez soi, que le premier ministre avait pourtant annoncé mardi en promulguant l'état d'urgence sanitaire.

Un ordre rempli de « contradictions »

La chef de l'opposition officielle, la néo-démocrate Andrea Horwath, affirme que l'ordre du gouvernement Ford est rempli de « contradictions et d'exemptions ».

Rien ne montre que le confinement actuel est différent de celui de la semaine dernière. C'est une demi-mesure. Il revient aux gens de décider d'eux-mêmes ce qui est essentiel, alors que des milliers d'Ontariens tombent malades chaque jour.

Andrea Horwath, chef du NPD

Pour sa part, l'Association canadienne des libertés civiles demande aux policiers de faire preuve de discernement et de ne pas cibler, à coup de contraventions, les sans-abri et les minorités racialisées, notamment.

L'Ontario a recensé 3326 nouveaux cas de coronavirus et 62 décès, jeudi.

Le gouvernement a rappelé au public de rester chez soi par le biais d'un message sur les téléphones cellulaires, jeudi matin, diffusé grâce au système d'alerte provincial.

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