•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Humaniser la mort, une urne écologique à la fois

Deux urnes en bois. Sur l'une, il y a encore de l'écorce.

Des urnes naturelles et biodégradables fabriquées par Josée Bourgoin.

Photo : Radio-Canada / Jennifer Boudreau

Radio-Canada

Josée Bourgoin fabrique des urnes écologiques en bois dans son atelier situé à Saint-André-de-Kamouraska. C'est en surmontant un deuil que l'artisane a eu l'idée de fabriquer des urnes uniques afin de permettre aux gens de rendre hommage aux êtres chers qu'ils ont perdus.

Humaniser la mort, c'est la mission de Josée Bourgoin à travers son entreprise Vitalis.

Ses urnes sont faites à partir de troncs d'arbres tournés et sculptés à la main.

La technique, c'est vraiment d'aller creuser le tronc d'arbre. Je travaille le bois vert, des arbres qui sont fraîchement coupés, que je vais évider avec des techniques artisanales. [...] Donc ça fait un rendu très organique, explique Mme Bourgoin.

Les cendres peuvent être déposées au cœur de l'arbre, avant de les enfouir. Une sorte de retour à la terre porteur de sens, selon elle, le tout dans un matériau biodégradable.

Josée Bourgoin transforme les arbres déjà coupés pour leur donner une deuxième vie. Elle s’efforce aussi dans son travail de produire le moins de déchets possible.

Dans un atelier une petite œuvre avec un oiseau qui s'envole d'un arbre. En arrière une personne en vêtement de travail et masque de protection tourne un morceau de bois.

Josée Bourgoin auprès de son tour à bois.

Photo : Radio-Canada / Jennifer Boudreau

Je vais choisir des arbres qui sont déjà coupés [par exemple] pour le bois de chauffage. Il y a des gens, quand ils ont de beaux morceaux, ils connaissent ce que j'aime et ils vont me les mettre de côté. Donc des vendeurs de bois de chauffage ou des émondeurs, des gens qui coupent des arbres sur leur terrain, raconte l’artiste.

J'ai des particuliers aussi qui me disent, je viens de couper mon pommier, mais ça me fait de la peine, le veux-tu? Donc je récupère comme ça de belles pièces, poursuit-elle.

Josée Bourgoin souriante donne une entrevue dans un atelier de travail du bois.

Josée Bourgoin dans son atelier.

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Se relever d’un deuil

C'est en surmontant un deuil difficile que Josée Bourgoin a eu l'idée d'exercer ce métier.

Moi et mon conjoint, on a perdu un premier bébé. Donc ça a été une première épreuve. Moi et mon père, on a fait la première petite urne ensemble. Et là, j'ai eu le déclic que le travail du bois pouvait aussi porter des émotions.

Josée Bourgoin, artisane

Ça m'a tellement fait du bien. J'ai vraiment à ce moment-là ressenti quelque chose que je n'avais jamais ressenti avant. Comme pour transcender l'épreuve, ou essayer de donner du sens à tout ça. Après, j'ai fait le projet de plan d'affaires, poursuit-elle.

De nombreuses urnes de bois empilées.

Les urnes de Vitalis sont fabriquées avec du bois vert local.

Photo : Radio-Canada / Jennifer Boudreau

Josée Bourgoin croit que de parler davantage de la mort pourrait enrichir notre société.

On est une société qui ne parle pas beaucoup de la mort. Il y a tout un tabou incroyable. Je pense qu'il y a quelque chose de malsain dans ça. Je pense que comme humain, si on veut choisir de la façon dont on vit, si on veut vraiment faire des choix de façon libre et consciente et bien il faut être réaliste qu'on n'est pas éternel. Que le vivant, c'est précieux, résume l’artiste du Kamouraska.

D’après le reportage de Jennifer Boudreau

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !