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Les eaux usées de Rimouski bientôt testées pour la COVID-19

Une main ferme le couvercle d'une toilette publique.

La COVID-19 peut être détectée dans l'urine et les selles d'une personne infectée, même si elle est asymptomatique (archives).

Photo : iStock

Les eaux usées de Rimouski seront bientôt testées pour y trouver des traces de la COVID-19. Le projet mené par une équipe de l'Université Laval et de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR) pourrait également s'étendre à d'autres municipalités du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie.

L'idée peut sembler farfelue, mais elle a déjà fait ses preuves à l'étranger, notamment en Arizona. Au Canada, plusieurs villes, dont Ottawa, l'ont déjà adoptée.

C'est grâce au professeur en génie civil à l’UQAR Marc-Denis Rioux si le projet prend maintenant forme à Rimouski.

De mémoire, c'est un article de Radio-Canada qui parlait des travaux de Peter Vanrolleghem, de l'Université Laval, et ça a attiré mon attention, explique M. Rioux en entrevue à l'émission Bon pied, bonne heure.

Je me suis dit que ce serait intéressant de ramener ça à Rimouski et en région, donc j'ai pris une chance, je lui ai écrit. On s'est mis à travailler ensemble et aujourd'hui on est rendus à déployer ce projet-là dans la région, ajoute-t-il.

Détecter le virus dès qu'il apparaît

Notre méthode permet de le détecter dès qu'on est infecté, même si on est asymptomatique, souligne M. Rioux.

Lorsqu'on est infecté par le virus, on va l'excréter via notre urine et nos selles. Et si on va au niveau de la station de traitement, on va chercher l'ensemble des citoyens connectés au réseau de collecte des eaux usées, précise le professeur.

L'avantage de cette méthode-là, c'est qu'elle permet de détecter le virus deux à cinq jours avant la détection classique, par un test qu'on fait lorsqu'on est symptomatique et qu'on suspecte quelque chose.

Marc-Denis Rioux, ingénieur et professeur en génie civil à l’UQAR

C'est un seuil de détection très précis, si on parle d'une dizaine de personnes infectées dans une population de 100 000 personnes, on va les détecter, ajoute M. Rioux.

Il précise que le coût par échantillon est peu élevé, permettant de tester de grandes populations à la fois.

On essaie de regrouper les municipalités entre elles, pour maximiser le nombre de citoyens par test, et si on ne détecte rien, on sait qu'il n'y a pas de cas dans ce groupe-là. Par contre, si on détecte un signal, on va exploser le groupe pour déterminer duquel provient l'infection, explique le professeur.

Cette technique n'offre pas toutes les réponses, nuance-t-il. Elle permet d'obtenir une vision globale de l'épidémie dans la population, et non pas une analyse fine.

Ça ne nous dit pas qui est porteur ni combien de personnes sont porteuses. Ça nous donne des tendances, est-ce que la tendance est à la hausse ou à la baisse, précise M. Rioux.

Il est également possible de tester les eaux provenant d'un seul bâtiment, comme une école ou un CHSLD.

Après l'entente avec la Ville de Rimouski, l'équipe cherche maintenant à étendre le projet dans d'autres municipalités du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie.

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