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Alerte COVID : moins de 100 personnes en Atlantique ont inscrit un test positif

L'application ouverte sur un téléphone.

L’application Alerte COVID du gouvernement fédéral est disponible, en français et en anglais, dans neuf provinces et territoires.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Seulement 82 personnes dans les provinces de l’Atlantique et les Territoires du Nord-Ouest ont inscrit un résultat positif à un test de dépistage de la COVID-19 dans l’application mobile du gouvernement fédéral, Alerte COVID.

Environ 1240 personnes dans ces quatre provinces et territoires ont reçu un diagnostic de COVID-19 depuis que l’application a été activée dans ces régions, l’automne dernier.

Les utilisateurs de l’application qui ont reçu un résultat positif au test de dépistage peuvent y inscrire une clé à usage unique fournie par la santé publique. L’application avertit ensuite, de façon anonyme, les personnes qui s'étaient trouvées à proximité afin qu'elles s'isolent et subissent un test de dépistage.

La santé publique du Nouveau-Brunswick ne précise pas combien de codes parmi les 82 en question ont été produits dans la province. Le porte-parole Bruce Macfarlane explique que les données concernant les quatre provinces et ces territoires sont groupées à cause du faible volume de cas signalés et pour des raisons de protection de la vie privée.

Il n’y aucun moyen de déterminer combien de Néo-Brunswickois, par exemple, ont été alertés par l’application parce que cette dernière est conçue pour protéger la vie privée, précise M. Macfarlane.

Le gouvernement fédéral explique sur son site web (Nouvelle fenêtre) que l'application utilise la technologie Bluetooth pour échanger des codes aléatoires avec les téléphones à proximité. L’application vérifie chaque jour une liste de codes aléatoires provenant d'autres utilisateurs ayant signalé un résultat de test positif dans l'application. Tout utilisateur ayant été à proximité d'un autre qui a eu un résultat de test positif au cours des 14 jours précédents reçoit une notification par le biais de ces codes aléatoires.

L'application, assurent les autorités fédérales, n’a aucun moyen de connaître les renseignements personnels des utilisateurs ni leurs déplacements. Elle n’utilise pas la fonction de GPS.

Toute cette protection de la vie privée empêche toutefois de déterminer si l’application est efficace pour ralentir la progression de la COVID-19, estime Ashleigh Tuite, épidémiologiste à l’Université de Toronto. Il est impossible de savoir aussi combien d’utilisateurs s’isolent et/ou se font tester après avoir reçu une notification.

Santé Canada cherche des solutions pour obtenir plus de renseignements sur l'efficacité de l’application sans nuire à la vie privée des utilisateurs, selon le porte-parole André Gagnon.

Jennifer Russell donne une conférence de presse.

La médecin hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, la Dre Jennifer Russell, estime que l'application Alerte COVID est un outil de plus pour lutter contre la pandémie (archives).

Photo : Gouvernement du Nouveau-Brunswick

Quant aux 82 personnes, ce nombre peut sembler faible au premier coup d’œil, mais il est conforme à ce qui est constaté dans l’ensemble du pays, estime Ashleigh Tuite. Seulement 2 % des Canadiens qui ont reçu un diagnostic de COVID-19 ont activé l’application, selon les données de Santé Canada.

L'application a connu des problèmes techniques sur certains téléphones en novembre et en décembre qui ont empêché un nombre indéterminé d’utilisateurs de recevoir une notification.

Mais la médecin hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, Jennifer Russell, recommande vivement au public d’utiliser Alerte COVID. Elle a dit croire, la semaine dernière, que l’application fonctionne bien. Selon elle, l’utilisation à grande échelle de l’application par le public permettrait de réduire les éclosions de COVID-19.

Seulement 9 % des Néo-Brunswickois l’ont téléchargée

Aucun des cas dont l’origine faisait l’objet d’une enquête de la santé publique la semaine dernière ne comprenait des utilisateurs de l’application, a indiqué la Dre Russell.

Environ 9 % des résidents de la province ont téléchargé l’application, a-t-elle précisé. Cela équivaut à environ 70 200 personnes, selon Statistique Canada.

La Dre Russell n’a pas précisé d’où provient la donnée de 9 % et Bruce Macfarlane n’a pas répondu à une demande d'informations supplémentaires.

Des experts ont estimé qu’un taux de 50 % à 80 % est nécessaire pour que l’application soit efficace.

Plus de 6 millions de personnes dans neuf provinces et territoires avaient téléchargé Alerte COVID en date de mercredi, selon le site web du gouvernement fédéral, mais cela ne signifie pas nécessairement que toutes ces personnes s’en servent. Au total, plus de 15 000 utilisateurs au Canada y ont inscrit une clé à usage unique.

Les avantages de l’application

L’épidémiologiste Ashleigh Tuite, qui utilise Alerte COVID sur son propre téléphone, juge que l'application peut être particulièrement utile durant des éclosions.

Plutôt que d’attendre que la santé publique interroge les personnes atteintes pour dresser la liste de leurs contacts rapprochés, souligne-t-elle, l’application peut le faire aussitôt que l'utilisateur inscrit sa clé à usage unique.

Plus les gens sont informés rapidement, plus tôt ils peuvent s’isoler et se faire tester et ainsi potentiellement réduire la contagion.

L’application peut aussi informer des utilisateurs croisés par hasard et que l’on n’arrive pas à identifier lors de la recherche de contacts, explique la professeure Tuite.

Ashleigh Tuite.

L'application Alerte COVID peut être améliorée, mais elle n'est pas encore utilisée dans toute la mesure possible, explique l'épidémiologiste Ashleigh Tuite.

Photo : Université de Toronto / Nick Iwanyshyn

L’application peut être encore plus utile dans le contexte des nouveaux variants du coronavirus, ajoute Mme Tuite.

La plupart des contaminations jusqu’à présent se sont produites lorsque des gens ont eu des contacts rapprochés pendant un temps relativement long, mais l’application est conçue pour envoyer une notification aux utilisateurs qui se trouvaient à moins de 2 mètres pendant 15 minutes, souligne Ashleigh Tuite.

Les courtes interactions de ce genre peuvent devenir plus importantes s’il est question d’un variant du coronavirus plus contagieux, explique-t-elle.

Alerte COVID ne peut toutefois remplacer la recherche traditionnelle de contacts, ajoute Ashleigh Tuite. C’est un moyen de plus pour le public de faire de son mieux pour lutter contre la pandémie et tous les efforts en ce sens sont utiles, selon elle.

Avec les renseignements de Bobbi-Jean MacKinnon, de CBC

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