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Conflit de pêche : le chef de Sipekne’katik juge les accusations insuffisantes

Mike Sack sur un quai.

Mike Sack, chef de la communauté micmaque de Sipekne'katik, juge que les accusations portées contre 23 personnes pour vandalisme et méfait sont insuffisantes (archives).

Photo : CBC / Jeorge Sadi

Radio-Canada

Le chef de la communauté micmaque de Sipekne’katik qualifie de « simple tape sur les doigts » les accusations portées contre 23 personnes pour des gestes de vandalisme commis dans un entrepôt de homards en octobre dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse.

En plein conflit entre des pêcheurs autochtones et non autochtones l'automne dernier, une centaine de personnes se sont rassemblées devant un vivier à homards de Pubnico-Ouest-le-Centre.

Ce vivier entreposait des homards que des pêcheurs autochtones avaient capturés durant leur pêche de subsistance hors de la saison réglementée par le gouvernement fédéral. Une grande quantité de homards morts a été éparpillée devant l’entrepôt et des affrontements ont éclaté.

Cette semaine, 23 personnes ont été accusées d’introduction par effraction ou de méfait. C’est un nombre insuffisant d’accusations, avance le chef de Sipekne’katik, Michael Sack.

Je suis heureux de voir qu’il y a des accusations qui ont été portées. Mais c’est un nombre faible d’accusations, estime M. Sack.

Des débris calcinés sur le sol.

Un incendie a complètement détruit un entrepôt à homards à Pubnico-Ouest-le-Centre, en Nouvelle-Écosse. Ci-dessus, les décombres le 17 octobre 2020 .

Photo : Radio-Canada / Héloïse Rodriguez-Qizilbash

De plus, le chef estime qu’il y a eu d'autres gestes criminels que des introductions par effractions et des méfaits.

Ils auraient pu ajouter des accusations de séquestration, car les personnes présentes ont pris le bâtiment d’assaut. L’angle racial aurait pu être abordé. C’est beaucoup plus que de simples entrées par effraction, affirme Michael Sack.

Mais l’enquête a été ardue, explique le sergent Andrew Joyce, de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Il y avait certainement des défis dans cette enquête. C’était difficile d'identifier les personnes impliquées. On a toujours voulu identifier plus de 23 personnes, mais malheureusement, on ne peut que présenter devant la justice l’information qu’on a, souligne Andrew Joyce.

Des manifestants marchent le long d'une rue.

Des pêcheurs ont manifesté plusieurs fois l'automne dernier contre la pêche de subsistance de la communauté de Sipekne'katik, qu'ils jugent illégale.

Photo : Radio-Canada / CBC/Paul Withers

D'autres accusations pourraient être portées à l'avenir si les enquêteurs obtiennent plus de renseignements, ajoute la GRC.

Quant à l'enquête sur l'incendie qui a ravagé l'entrepôt trois jours après la manifestation, elle se poursuit.

Un droit de pêche reconnu, mais contesté

Le conflit entre les pêcheurs autochtones et non autochtones a pris naissance à la mi-septembre, lorsque la communauté de Sipekne’katik a lancé sa propre pêche au homard autogérée hors des saisons réglementées par Ottawa. D’autres communautés autochtones lui ont ensuite emboîté le pas.

Les Micmacs pratiquent une pêche de subsistance convenable, un droit reconnu par la Cour suprême du Canada dans la décision Marshall en 1999.

Des pêcheurs non autochtones jugent cependant que cette pêche hors-saison est illégale. Ils craignent que cette activité nuise au stock de homard, une ressource qui constitue leur gagne-pain et qui est au cœur de l’économie de la baie Sainte-Marie.

Avec des renseignements de Paul Légère

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