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Un soldat armé devant le Capitole.

Près de 20 000 soldats vont patrouiller à Washington du 16 au 21 janvier, du jamais vu dans l'histoire des États-Unis.

Photo : Reuters / Brandon Bell

Jamais dans l’histoire américaine autant de militaires n’ont été déployés dans la capitale. Jusqu’à 20 000 soldats vont patrouiller, dès samedi, dans cette ville qui a pourtant l’habitude des assermentations, mais jamais dans un tel contexte de violence latente.

Couchés à même le sol du Congrès afin de prendre du repos avant d’éventuelles attaques contre le sacro-saint édifice gouvernemental, ces soldats de la Garde nationale offrent une image assez dramatique de Washington. Une image qui en dit long sur l’état de siège qui paralyse la ville.

Des soldats en habit de camouflage sont couchés sur un plancher.

Des soldats de la Garde nationale américaine prennent du repos à même le sol du Capitole qu'ils sont chargés de protéger, le 13 janvier 2021.

Photo : Reuters / Joshua Roberts

Installés au moins jusqu'au 21 janvier, soit le lendemain de l’assermentation du démocrate Joe Biden, ces gardes – flanqués de milliers de policiers – sont devenus un outil de prévention contre tout groupe qui serait tenté de défier les autorités.

Depuis que des détecteurs de métaux ont été installés au Capitole et que des kilomètres de clôtures balafrent la ville, les citoyens de la région ne reconnaissent plus leur capitale.

Dans les capitales des 50 États, on se prépare aussi au pire.

Du Wisconsin au Mississippi, en passant par le Minnesota, les mesures de sécurité ont pris des proportions sans précédent. Une situation hors du commun alors que les cérémonies d'investitures n'ont traditionnellement pas d'impact sur la sécurité des capitales à travers le pays.

Se préparer, mais contre qui?

Plus d'une semaine après l'assaut du Capitole, qui a fait cinq morts, dont un policier, les arrestations se multiplient un peu partout aux États-Unis. Il demeure cependant difficile pour les autorités de cerner le niveau d’organisation de ces individus et groupes, comme les Proud Boys ou les Boogaloo Bois, qui ont participé aux violences.

Des partisans de Donald Trump à l'assaut du Capitole.

Des partisans de Donald Trump avaient amené une échelle afin de s'infiltrer au Capitole, le 6 janvier dernier.

Photo : Reuters / SHANNON STAPLETON

Selon Alex Friedfeld, chercheur au Centre sur l'extrémisme de la Ligue antidiffamation, les groupes sont très nombreux et leurs idéologies sont différentes. Et depuis la purge des comptes d’extrême droite et de complotistes sur les réseaux sociaux, la surveillance de ces groupes est devenue plus compliquée.

Il est possible qu’ils soient en train de planifier des actions en utilisant des applications cryptées difficiles à intercepter, comme Telegram, un outil de prédilection pour les groupes terroristes internationaux.

Alex Friedfeld, chercheur au Centre sur l'extrémisme de la Ligue antidiffamation

Le chercheur estime qu’il ne faut pas négliger la sécurité autour des capitoles dans les 50 États américains. S’ils sont moins prestigieux et ont moins d’importance sur le plan politique national, dit-il, planifier des actes terroristes dans ces endroits demande moins de logistique pour mobiliser des foules.

Une semaine où tout peut arriver

Parmi ceux qui traquent ces groupes extrémistes sur Internet, certains estiment que les agences gouvernementales font ce qu’elles peuvent pour éviter de tragiques événements comme ceux du 6 janvier.

Surveiller ou infiltrer ces groupes violents n’est pas impossible, mais cela devient plus compliqué quand vient le temps de prévenir les événements : petits groupes, loups solitaires radicalisés ou groupuscules paramilitaires bien organisés peuvent facilement passer inaperçus.

Le travail des enquêteurs ne permet pas toujours d’arrêter des actes en préparation, estime Abraham Cooper, doyen adjoint au Centre Simon Wiesenthal qui surveille les actes antisémites, mais qui depuis bien longtemps a élargi son mandat, notamment sur le web. Où s’arrête la liberté de parole et où commence la conspiration pour commettre un crime? demande-t-il.

Lorsque ces groupes ont défilé dans les rues, explique M. Cooper, ils l'ont fait pour manifester contre le Congrès. Or certains d'entre eux étaient bien organisés et avaient une idée précise en prenant d'assaut le Capitole : tenter de capturer Mike Pence et punir ceux qu’ils considéraient comme traîtres à leur cause, celle de maintenir Donald Trump en place à tout prix.

Le président Donald Trump devant des drapeaux américains.

Le président Donald Trump, à Washington, le 6 janvier 2021, tout juste avant de livrer son discours à ses partisans qui ont ensuite marché vers le Capitole.

Photo : Getty Images / Tasos Katopodis

Abraham Cooper dit ne pas trop savoir à quoi s’attendre d’ici l’assermentation du 46e président des États-Unis.

Mais les autorités n'ont plus le luxe de laisser passer quoi que ce soit. Le monde entier a les yeux rivés sur la capitale et, surtout, sur la santé de la démocratie américaine.

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