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Un aîné laissé souillé dans son lit après l’arrêt des visites de ses préposés aux soins

Cristina David s'occupe de son mari, Simon, allongé sur un lit médical et portant un masque d'assistance respiratoire.

Cristina David dit avoir été laissée seule pendant des jours pour s'occuper de son mari, Simon, qui est alité, après avoir été testée positive à la COVID-19. Elle dit que les agences qui fournissent le soutien ont cessé d'envoyer des travailleurs après qu'elle les eut alertés de son diagnostic.

Photo : CBC/Ivan Arsovski

CBC News

Un homme de 74 ans de Mississauga, en Ontario, qui dépend de soins à domicile financés par la province a été laissé souillé dans son lit pendant plusieurs jours : ses préposés aux soins ont cessé de se présenter après que sa femme et lui sont tombés malades de la COVID-19.

Simon David, un ingénieur en mécanique à la retraite, souffre de démence à un stade avancé et des effets d'un accident vasculaire cérébral qui l'a laissé alité et incapable de se nourrir.

Pendant six jours, à compter du 31 décembre, ses deux travailleurs de soins personnels financés par la province ne lui ont pas rendu visite après que sa femme, Cristina David, eut été déclarée positive à la COVID-19.

Alors, celle-ci a dû essayer de prendre soin elle-même de son mari.

En temps normal, les deux préposés au soutien personnel arrivaient au domicile du couple deux fois par jour. En plus de sécuriser Simon David dans l'ascenseur pour qu'il puisse aller aux toilettes et être nettoyé, ils l'aidaient également à le nourrir et à lui donner ses médicaments.

Cristina a déclaré que lorsque les employés ont cessé de se présenter, elle était trop faible pour prendre soin de son mari.

Simon David a été laissé au lit, souillé, pendant trois jours, selon sa femme.

C'est inhumain, cela ne devrait pas arriver. C'était notre besoin le plus important, a-t-elle fait remarquer.

Cristina David porte un masque.

Cristina David a déposé une plainte auprès de son réseau local d'intégration des services de santé.

Photo : CBC/Ivan Arsovski

Le soir du réveillon du Nouvel An, le jour où Cristina a été déclarée positive à la COVID-19, son mari a également commencé à présenter des symptômes. Les autorités sanitaires lui ont dit que Simon était dorénavant présumé infecté.

Cristina a affirmé qu'elle avait immédiatement alerté les deux organismes qui fournissent des soins à son mari, le Réseau local d'intégration des services de santé de Mississauga Halton (RLISS) et l'Ordre des infirmières de Victoria (OIV).

À l’issue d’une conférence téléphonique avec ceux-ci, ils m'ont immédiatement dit qu'ils annuleraient les services lorsque j'ai révélé que j'étais infectée, a-t-elle déclaré à CBC.

Cristina a affirmé avoir déposé une plainte officielle auprès du RLISS et de son représentant à Queen's Park au sujet de la gestion de la situation par les agences.

Les agences font face à des défis pour fournir des soins pendant une pandémie

Les deux agences ont déclaré à CBC News qu'elles ne pouvaient pas commenter directement la situation du couple en raison des réglementations sur la protection de la vie privée.

Le RLISS de Mississauga Halton est un organisme financé par des fonds publics qui confie à l’OIV des services de soins infirmiers et de soutien personnel.

Dans une déclaration envoyée par courriel à CBC, la porte-parole de l’Ordre, Rosie Michel, a déclaré que le personnel était bien formé à l'utilisation de l'équipement de protection individuelle, mais que parfois des problèmes de dotation en personnel surviennent.

Il y a parfois des circonstances dans lesquelles les clients et leurs proches aidants, ou l’OIV, ou les deux, concluent que les soins ne peuvent pas continuer à être fournis par l'équipe de soins de l’OIV, a déclaré Rosie Michel.

De manière générale, si un membre de l'équipe de soins principale d'un client n'est pas disponible pour quelque raison que ce soit, l’OIV travaille avec les clients et les proches-aidants pour s'assurer qu'un plan d'urgence est en place et que les soins peuvent continuer à être fournis.

Après trois jours sans personnel soignant, Cristina a appelé sa belle-fille, Donnie David, pour qu'elle l'aide à soulever, nettoyer et nourrir Simon.

Tout ce que j'avais, c'était des gants et un masque. Le nourrir et le changer, c'est beaucoup de contacts étroits.

Donnie David

Quelques jours plus tard, la femme de 26 ans a commencé à se sentir mal.

Vendredi, les responsables de la santé de Peel lui ont dit qu'elle avait été testée positive à la COVID-19.

Ils ont simplement supposé que, comme il s'agissait d'une maison avec une épidémie, c'est de là que je l'ai eue, a déclaré Donnie.

Le 5 janvier, un travailleur de soins s'est présenté et n'a pas pu soulever Simon du lit, a déclaré Cristina. Depuis lors, les soins ont été sporadiques, selon elle, souvent avec un seul travailleur visitant le domicile.

Elle a dit qu'on lui avait dit que les soins complets pour son mari reprendraient le 14 janvier, deux semaines après le diagnostic de la COVID-19.

Pas la responsabilité du patient de s'assurer que les soins sont fournis

Alison Thompson, professeure agrégée à l'Université de Toronto spécialisée dans les questions d'éthique dans les soins de santé, a déclaré que le RLISS de Mississauga Halton et l’OIV, financés par la province, semblent avoir laissé tomber une famille en crise.

Le fournisseur de soins à domicile a l'obligation de s'assurer que les patients sont soignés, a-t-elle souligné.

Ce n'est pas la responsabilité des personnes qui sont très, très malades à ce moment-là de combler les trous dans leurs soins. C'est trop demander, et c'est vraiment un échec de la part du prestataire de répondre aux besoins, et [ils] sont contractuellement tenus de le faire.

La porte-parole du RLISS de Mississauga Halton, Laura Zilke, a déclaré que l'agence avait contacté d'autres fournisseurs de soins de santé pour aider à répondre aux besoins des clients pendant la pandémie.

Les prestataires de soins continuent de fournir des soins infirmiers, des thérapies et des services de soutien personnel essentiels aux personnes qui ont besoin de ces services de soins à domicile pour rester à domicile, que le client soit positif ou négatif [à la COVID-19], a-t-elle déclaré dans un communiqué envoyé par courrier électronique.

Donnie David a témoigné le déchirement causé par le fait de voir sa belle-mère lutter pour fournir des soins.

J'ai honnêtement l'impression qu'ils ont abandonné [mes parents].

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