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La MRC de Sept-Rivières se repositionne sur le télétravail de ses employés

Les bureaux de la MRC de Sept-Rivières, à Sept-Îles. Il y a plusieurs voitures dans le stationnement.

Plusieurs véhicules étaient stationnés près des bureaux de la MRC de Sept-Rivières, à Sept-Îles, mardi matin.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Les employés de la MRC de Sept-Rivières ont été renvoyés à la maison mardi après-midi, avec salaire, le temps de réévaluer leurs conditions de travail. L'employeur a pris cette décision quelques heures après que Radio-Canada eut fait des demandes d'entrevue concernant le télétravail et les conditions qui s'y rattachent.

Dans une communication envoyée aux employés, le 7 janvier, la MRC leur demandait de se présenter aux bureaux de la MRC pour travailler et précisait que le télétravail est possible, seulement pour les employés qui veulent réduire leur charge de travail pour des raisons familiales.

Ainsi, mardi matin, la majorité des employés de la MRC, qui offre des services pour les citoyens des villes de Sept-Îles et de Port-Cartier, étaient présents au bureau situé sur le boulevard Laure, à Sept-Îles.

Dans ce même document, la MRC expliquait avoir pris la décision de garder ses employés au bureau, malgré les exigences du gouvernement québécois visant à lutter contre la COVID-19, pour éviter des mises à pied.

Lors de son point de presse du 6 janvier 2021, le premier ministre François Legault affirmait que le télétravail était obligatoire. Plus de détails sont donnés sur le site du gouvernement :

Jusqu’au 7 février inclusivement, le télétravail est obligatoire pour tous les employées et employés. Les seules personnes qui devraient se retrouver dans le milieu de travail sont celles qui doivent réaliser des activités jugées prioritaires par les ministères et organismes publics et qui ne peuvent se faire en télétravail, peut-on lire sur le site web du gouvernement.

Le porte-parole de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST), Nicolas Bégin, précise que tout ce qui peut être fait en télétravail doit l’être. C’est aussi simple que ça. Par exemple, toutes les tâches administratives, comme la comptabilité, peuvent être faites en télétravail. Évidemment, si on parle d’un mécanicien, ce n’est pas possible. Quand ce n’est pas possible, on doit s’en tenir au strict minimum.

Un appel de Radio-Canada

Interrogé sur sa politique de télétravail, mardi avant-midi, le directeur général de la MRC de Sept-Rivières, Alain Lapierre, refusait de nous accorder une entrevue en soutenant qu’il ne voulait pas discuter sur la place publique.

Il a tout de même affirmé que la présence de ses employés au bureau est essentielle, notamment en raison des outils utilisés, des services informatiques disponibles et pour continuer d'assurer des services aux citoyens. Il a précisé que de strictes mesures sanitaires étaient en place pour assurer la santé et la sécurité de ses employés en contexte de pandémie. Les bureaux sont fermés au public et les employés travaillent dans des bureaux séparés, entre autres.

Le directeur général de la MRC de Sept-Rivières, Alain Lapierre.

Le directeur général de la MRC de Sept-Rivières, Alain Lapierre (archives)

Photo : Radio-Canada

Lors de cet entretien, Alain Lapierre soutenait également que la situation est semblable dans d'autres MRC de la Côte-Nord. Après vérification et à titre de comparaison, 80 % des employés de la MRC de Manicouagan sont en télétravail. À la MRC de Minganie, tous les employés sont en télétravail.

Remise en question

Puis, quelques heures après avoir été contacté par Radio-Canada, mardi, la MRC rencontrait les employés pour les envoyer à la maison, avec salaire.

À la suite des appels de Radio-Canada, le préfet de la MRC, Alain Thibault, a dit s’être rendu compte qu'il y avait des inquiétudes et des interrogations de la part d’employés concernant le travail en présentiel, malgré les directives du gouvernement. C’est la raison pour laquelle la MRC a décidé de changer son fusil d’épaule, poursuit le préfet. Le préfet s'est dit d’ailleurs déçu d’avoir pris connaissance des questionnements de ses employés par un média.

Selon Alain Thibault, les employés resteront à la maison jeudi, et jusqu’à ce qu’une entente soit conclue de façon individuelle entre eux et l’employeur.

C’est à eux de contacter le directeur général et de lui dire ce qu’ils veulent exactement. Ça va aller selon leurs demandes et la manière qu’on peut les accommoder, a indiqué M. Thibault.

Le maire de Port-Cartier, Alain Thibault.

Le maire de Port-Cartier et préfet de la MRC de Sept-Rivières, Alain Thibault (archives)

Photo : Radio-Canada

Au cas par cas, selon le ministre

En entrevue à l’émission Bonjour la Côte, le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale du Québec, Jean Boulet, a expliqué que, comme les employés de la MRC de Sept-Rivières ne sont pas syndiqués, les discussions à propos du télétravail doivent se faire au cas par cas.

Les conditions de travail peuvent varier d’un individu à l’autre, donc c’est difficile d’avoir une politique unilatérale qui est générale et applicable à tout le monde sans tenir compte des réalités de travail de chacun, chacune, a-t-il indiqué.

Le ministre Boulet debout, près d'un drapeau du Québec.

Le ministre québécois du Travail, Jean Boulet (archives)

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Il mentionne toutefois que les conditions de travail ne peuvent pas être modifiées unilatéralement par l’employeur.

Concernant le matériel nécessaire au travail à la maison, le ministre ne veut pas obliger les employeurs à équiper complètement les employés.

Ce que je recommande parfois dans des cas un petit peu gris, c’est d’y aller avec une formule hybride. Demander à la personne d’être présente au bureau deux jours par semaine et lui permettre de faire du télétravail [le reste du temps], propose-t-il, si certaines tâches ne peuvent être effectuées du domicile.

Diminution de salaire pour les télétravailleurs

En avril, lors de la première vague de COVID-19, les élus de la MRC ont adopté une directive temporaire de mesures en cas d’épidémie selon laquelle les employés en télétravail ne recevraient que 75 % de leur salaire, soit l’équivalent de 25,5 heures par semaine. La démarche s'inscrivait dans la volonté de la MRC de conserver l’ensemble des emplois. Le préfet assure que les employés avaient été mis au courant de cette mesure.

Cette même politique s’applique toujours, donc les employés qui devront faire du télétravail recevront un salaire moins important.

Le 25 %, ils peuvent le compenser avec des heures sur leur banque de vacances ou leur banque de congés de maladie, explique le préfet. À ce moment-là, ils ne subissent pas de perte de salaire. Cette politique-là, quand elle a été présentée, elle a été acceptée par tout le monde.

De son côté, la CNESST affirme qu’il s’agit d’une pratique qui correspond aux normes du travail, tant qu’elle est effectuée dans la transparence, au même titre qu’une réduction des heures de travail ou une modification d’une description de tâches, forcée par le contexte pandémique.

Les employés de la MRC de Sept-Rivières ne sont pas syndiqués.

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