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Les Ontariens ont maintenant l'ordre de rester à la maison

Une fille sous un pont prend en photo le graffiti.

Un nouveau décret qui demande aux Ontariens de ne sortir que pour des motifs essentiels, le moins souvent possible, est maintenant en vigueur.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

L’Ontario est retombé cette semaine en état d’urgence sanitaire et les citoyens ont maintenant l'obligation de rester chez eux le plus possible, avec certaines exceptions.  

Les Ontariens étaient déjà encouragés à rester à la maison, mais cette recommandation prend maintenant la forme d’un décret, entré en vigueur jeudi à 0 h 01. Le gouvernement donne aussi plus de pouvoirs aux forces de l’ordre pour l’appliquer.

La province a établi les principaux motifs (Nouvelle fenêtre) qui justifient une sortie :

  • Aller à l'épicerie ou à la pharmacie – cela inclut la possibilité de récupérer une commande à emporter dans un restaurant, ou un article livré sur le trottoir
  • Obtenir des services de soins de santé – par exemple, un rendez-vous chez le médecin
  • Faire de l'exercice – ça peut être une marche dans le quartier, promener son chien, ou aller jouer sur un terrain de basketball avec les membres de son ménage
  • Aller à l'école (si elles sont ouvertes)
  • Porter assistance à autrui
  • Aller travailler, quand ce n’est pas possible de le faire à distance, ou se rendre à l'école, dans les régions où elles sont ouvertes

La province ne fournit pas ici de liste de travailleurs essentiels autorisés à quitter leur domicile, mais demande plutôt à toute personne qui peut travailler de la maison de le faire. Elle ne définit pas non plus quelles catégories de travailleurs doivent être en télétravail, mais se fie au bon sens des employeurs.

Il n’y a pas de limite de temps pour les sorties essentielles à l’extérieur de chez soi, d’horaire spécifique pour sortir (comme un couvre-feu), ni de limite sur le nombre de sorties par jour. Toutefois, la province demande aux Ontariens de faire preuve de jugement.

Une personne manipule la souris de son ordinateur.

Les entreprises doivent permettre à tous les employés qui le peuvent de travailler de la maison.

Photo : iStock

Répondant à une certaine confusion par rapport à ce qui est vraiment essentiel ou pas, le gouvernement a reconnu mercredi que les circonstances peuvent varier d’une personne à l’autre, ou selon les régions.

Mais le premier ministre Doug Ford insiste : Restez à la maison! Si vous commencez à vous demander si vous devriez sortir, vous avez déjà votre réponse. C’est très simple. Je ne sais pas comment je peux le décrire autrement.

Par ailleurs, la province décourage les voyages intraprovinciaux, ce qui signifie qu’une visite au chalet est contre-indiquée. Les travaux d’entretien d’urgence dans une résidence secondaire sont toutefois considérés comme un motif de déplacement essentiel.

Application de la loi

Les Ontariens qui ne respectent pas l’ordre de rester à la maison ou toute autre mesure sanitaire sont passibles d’amendes. La province a donné le pouvoir de faire respecter ces consignes et de délivrer des contraventions à tous les agents des infractions provinciales, soit :

  • la Police provinciale de l'Ontario;
  • les services de police locaux ;
  • les agents chargés de l'application des règlements;
  • les inspecteurs provinciaux du travail.

Ces agents peuvent aussi disperser les foules, et fermer temporairement un lieu si nécessaire.

Le montant des contraventions pour les personnes qui ne se conforment pas aux règlements se chiffre à 750 $, et jusqu'à 10 000 $ pour les organisateurs de rassemblements illégaux.

Ahmed Nasir, un Ontarien rencontré au centre-ville de Toronto, est d'accord avec toutes ces nouvelles mesures, mais espère que les policiers feront preuve de discernement. En tant que membre d’une communauté racialisée, oui ça m’inquiète, confie-t-il. Je n’ai jamais eu d’ennuis avec la justice et j’aimerais que ça n’arrive pas.

Un homme portant une tuque à l'extérieur, au centre-ville de Toronto.

Ahmed Nasir pense qu'il fallait renforcer les mesures sanitaires, mais s'inquiète de voir comment les policiers appliqueront l'ordre de rester à la maison.

Photo : Radio-Canada

J’espère qu’ils vont faire preuve de bon sens en reconnaissant que les gens doivent parfois sortir, surtout quand vous vivez dans de petits appartements. Qu’ils ne commenceront pas à donner des contraventions pour un rien.

Une citation de :Ahmed Nasir, résident de Toronto

Psychologiquement, ce décret fait une différence, ajoute Tara Bijan, elle aussi Torontoise.

Je suis angoissée de ne pas pouvoir sortir. Ou du moins, je peux sortir, mais avec le risque que quelqu’un m’arrête et me questionne. J’ai peur d’avoir une amende et que ça ait un impact sur mon avenir.

2 jeunes filles à l'extérieur.

Ellen Yegolayev et Tara Bijan, deux Ontariennes rencontrées au centre-ville de Toronto.

Photo : Radio-Canada

Son amie Ellen Yegolayev prend, elle, les choses avec philosophie. C’est le nouveau normal, mais si les gens suivent les règles ça sera fini plus tôt. Moi j’ai un chien donc je suis contente parce que je pourrai sortir et faire de l’exercice.

Mais elle craint que certains continuent d’ignorer les règles, malgré la menace de contraventions. J’ai l’impression que dans tous les cas il y aura des gens qui ne vont pas écouter et se rassembler. On agit un peu trop tard.

Rassemblements

La limite pour les rassemblements à l’extérieur est d’ailleurs passée de 10 à 5 personnes maximum.

Une femme avec un masque passe à distance d'un banc public où est assise une autre femme qui regarde la ville de Toronto.

Les Ontariens pourront continuer de sortir prendre l'air et promener leur chien.

Photo : Radio-Canada / Evan Tsuyoshi Mitsui

Les rassemblements à l'intérieur restent interdits, sauf entre les membres d’un même ménage. Les personnes qui vivent seules peuvent se joindre, exclusivement, à un autre ménage.

Pourquoi n'a-t-on pas totalement interdit les rassemblements extérieurs, alors qu’il y a un ordre de rester à la maison?

Le gouvernement Ford dit qu’il reconnaît que certaines personnes vivant seules pourraient avoir besoin de compagnie ou du soutien d’autres personnes. La nouvelle limite pour les rassemblements laisse donc la porte ouverte à ce type de rencontres, tant que la distanciation physique est respectée.

Magasinage

Enfin, les commerces non essentiels, y compris les quincailleries, détaillants d’alcool, et commerces qui proposent le ramassage ou la livraison en bordure du trottoir, doivent dorénavant ouvrir au plus tôt à 7 h et fermer au plus tard à 20 h.

Ces heures d’ouverture restreintes ne s’appliquent pas aux :

  • magasins qui vendent principalement de la nourriture,
  • pharmacies,
  • stations-service,
  • dépanneurs,
  • restaurants qui offrent des commandes à emporter ou à livrer.

Le masque demeure obligatoire pour rentrer dans les commerces et endroits publics intérieurs, et la province encourage maintenant fortement le port du masque à l’extérieur lorsque la distanciation physique n’est pas possible.

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