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La ministre de la Santé non responsable de la santé reproductive, une politique dénoncée

La ministre Heather Stefanson est assise devant deux drapeaux du Manitoba et est vêtue de noir.

Heather Stefanson est devenue la nouvelle ministre de la Santé du Manitoba après un remaniement ministériel le 5 janvier 2021. Elle n’est pas responsable des questions relatives à la santé reproductive.

Photo : Radio-Canada

Zoé Le Gallic-Massie

La nouvelle ministre de la Santé du Manitoba, Heather Stefanson, ne répond pas aux questions relatives à la santé reproductive, selon le gouvernement. Le Centre de santé des femmes de Winnipeg estime que la politique est sexiste.

L'organisme est subventionné par le gouvernement du Manitoba pour offrir des services comme des pilules contraceptives à bas coûts, des tests pour des infections transmises sexuellement et des avortements. Ce dernier trouve la situation compliquée, car le secteur de la santé reproductive est divisé en deux au sein du gouvernement manitobain.

D'un côté, le ministère de la Santé se charge des subventions liées à la santé reproductive. De l'autre côté, le ministère de la Condition féminine est chargé de répondre aux questions relatives à ce secteur.

Le Centre de santé des femmes de Winnipeg espère que la nouvelle ministre de la Santé reprendra le dossier de la santé reproductive en entier. Le même ministère pourrait donc répondre à la fois aux questions et aux demandes de subventions concernant ce secteur.

[En ce moment] nous parlons au ministère de la Condition féminine, mais il ne s'occupe pas de nous subventionner, déplore la directrice générale par intérim du Centre de santé des femmes de Winnipeg, Kemlin Nembhard. Ou alors, nous parlons au ministre de la Santé, mais il est complètement déconnecté [des services que nous offrons].

CBC a envoyé plusieurs demandes pour parler du dossier de la santé reproductive à la ministre de la Santé, Heather Stefanson, mais son bureau a affirmé qu’elle n’était pas disponible.

Kemlin Nembhard, une femme noire avec des tresses, est assise à un bureau et sourit.

Kemlin Nembhard affirme qu’il est compliqué de parler de la santé reproductive au gouvernement, car ce secteur est divisé en deux ministères.

Photo : CBC / Gary Solilak

Trois femmes responsables de la santé

Le gouvernement prend la santé reproductive au sérieux, c’est pourquoi nous avons trois femmes responsables des différentes facettes entourant la santé des femmes. Cela inclut la santé reproductive au Manitoba, écrit la porte-parole de la ministre de la Santé, Brant Batters, dans un courriel envoyé à CBC.

Celle-ci mentionne le rôle de la nouvelle ministre de la Santé mentale et de la lutte contre les dépendances, Audrey Gordon, qui travaille de pair avec la ministre Heather Stefanson. La porte-parole souligne aussi le rôle de la ministre responsable de la Condition féminine, Cathy Cox.

Ces femmes sont expérimentées et apportent des connaissances variées dans leur rôle respectif. Elles travaillent en équipe quand il est question de la santé des femmes, note Brant Batters.

Une situation ministérielle « innaceptable »

La directrice des programmes cliniques et communautaires au Centre de santé des femmes de Winnipeg, Blandine Tona, se dit choquée par la situation actuelle.

Ce ministère est en train de dire : "On va s’occuper de la santé, mais lorsqu'il s'agit de la santé d’une partie de votre corps, de vos organes reproductifs, allez voir les femmes. Vous imaginez ce que ça signifie, explique Blandine Tona en entrevue à l'émission Le 6 à 9.

Blandine Tona est assise dans un bureau.

« J’aimerais juste dire à toutes les femmes qu’on est en train de leur dire qu'une partie de leur corps n’est pas considérée comme une partie de la santé », dit Blandine Tona.

Photo : Blandine Tona

Sa collègue, Kemlin Nembhard, qualifie la politique actuelle de « sexiste ».

Dans certains cas, il faut des chirurgies. Une intervention médicale est un secteur qui relève de la santé, note Mme Tona. La ministre de la Santé devrait donc pouvoir répondre aux questions sur la santé reproductive, selon elle.

Pourquoi la santé des femmes fait-elle partie d’un ministère particulier?

Blandine Tona, directrice des programmes cliniques et communautaires au Centre de santé des femmes de Winnipeg

Les ministères de la Santé au Manitoba

Les ministères de la Santé du Parti progressiste-conservateur (PC) du Manitoba ont l’habitude de rester à l’écart des discussions sur la santé reproductive.

L’ancien ministre de la Santé, Cameron Friesen, a refusé à plusieurs reprises de répondre aux questions des journalistes concernant le dossier de la santé reproductive. Il a affirmé, au mois de mars 2019 : Je vous assure que j’en ai déjà beaucoup à faire.

Son prédécesseur au ministère de la Santé, Kelvin Goertzen, a été critiqué en 2018 pour avoir pris part à un rassemblement anti-avortement à Steinbach.

Le Manitoba était critiqué en 2017 pour être l’une des dernières provinces à refuser de payer la pilule abortive.

Avec les informations de Marina von Stackelberg et Patricia Bitu Tshikudi

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