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Écarts de prix de l’essence en Matanie : les élus veulent en comprendre les raisons

Silhouette d'une pompe à essence devant un poste d'essence couvert de verglas.

Les élus de la Matanie s'interrogent sur les raisons qui expliquent les écarts entre les prix à la pompe des différents détaillants de la MRC (archives).

Photo : Reuters / Michaela Rehle

Radio-Canada

Les élus de la Matanie veulent savoir ce qui explique les écarts entre le prix de l’essence à Matane et celui de l’ouest de la MRC.

Ils ont d'ailleurs adressé une requête, cet automne, au Bureau de la concurrence du Canada pour aller plus en profondeur dans ce dossier.

Le préfet de la Matanie, Andrew Turcotte, observe, comme d’autres maires du territoire, que les prix dans la MRC sont généralement plus élevés que ceux de la MRC de Rimouski-Neigette. Juste se rendre à la limite [ouest] de notre territoire, qui est Baie-des-Sables, déjà on voit des différences , relève le préfet.

Mardi, les prix à la pompe ont grimpé soudainement au Bas-Saint-Laurent, passant de 1,08 $  à  1,17 $ dans la région de Rimouski et ont même atteint 1,19 $ à Matane et à Sainte-Anne-des-Monts.

M. Turcotte souligne que les entreprises et la population ne comprennent pas ces écarts en à peine une trentaine de kilomètres de distance. Certaines entreprises comme Taxi Matane ou les camionneurs de la région sont pénalisés par ces différences entre les prix à la pompe.

De l'aide pour le transport

Les détaillants de Matanie, comme ceux des MRC de la Mitis et de la Matapédia, ont pourtant droit, comme en Gaspésie, à une diminution des coûts de transport en raison de leur éloignement.

Les prix à la pompe devraient donc être moindres.

Des voitures circulent sur une route partiellement enneigée de Matane, le 23 novembre 2020.

Station d'essence à l'entrée ouest de la Ville de Matane (archives).

Photo : Radio-Canada / Catherine Poisson

La Régie de l’énergie estime d’ailleurs le prix minimum dans la MRC de la Matanie à 0,02 $ de moins que le prix moyen de l’ensemble du Bas-Saint-Laurent. Ce prix n'inclut pas la marge des détaillants, mais inclut toutes les autres charges y compris le prix payé au chargement à Montréal.

Au Québec, le prix de l’essence à la pompe est établi par les détaillants sur le prix qu’ils paient pour leur approvisionnement à Montréal, auquel s’ajoute le coût du transport de la rampe de chargement aux commerces, les taxes fédérales et provinciales, ainsi qu’une marge brute de détail incluant ce qu’il en coûte pour faire le commerce de l’essence : loyer, salaires et avantages sociaux, permis, etc.

Source : Régie de l’énergie du Québec.

Le préfet note d'ailleurs que les prix de la Matanie sont souvent similaires à ceux de la Haute-Gaspésie.

En 2019, les élus gaspésiens avaient demandé à la Régie de l’énergie d’exercer une surveillance accrue des prix à la pompe en Gaspésie. La Régie concluait, au début de 2020, que les Gaspésiens payaient leur essence plus cher qu’ailleurs en raison de marges prélevées par les détaillants qui sont plus importantes que dans l’ensemble du Québec.

Ces écarts n’ont pas diminué avec la pandémie de COVID-19.

L'effet de la pandémie

Si, on exclut le Nord-du-Québec, où les prix sont toujours plus élevés, et que l’on compare les baisses de prix en avril 2020 dans les différentes régions du Québec, c’est en Gaspésie que l’essence coûtait le plus cher en avril dans la province avec un prix moyen de 89,5 ¢ à la pompe.

À titre comparatif, c’était 79,8 ¢ sur la Côte-Nord et 85,8 ¢ au Bas-Saint-Laurent au même moment.

La Régie de l’énergie note que la marge brute de détail par rapport au prix à la pompe pour l’ensemble du Québec est passée de 5,0 % en janvier 2020 à 10,2 % en moyenne pour avril 2020.

Ce niveau n’avait jamais été atteint depuis la compilation des données en 1997.

C'est affiché 89.9 cents.

Prix de l'essence en mars 2020.

Photo : Radio-Canada

La Gaspésie était l'une des régions où la marge retenue par les détaillants était au printemps parmi les plus importantes, soit 12,4 %. C’était 10,5 % au Bas-Saint-Laurent.

Ces hausses s’expliquent, notamment, par la situation difficile vécue par les détaillants au printemps qui ont dû composer avec une baisse importante du volume des ventes avec le confinement et les restrictions de voyage.

Comme la pandémie n’est pas terminée, le préfet de la Matanie s’interroge sur les hausses du prix de l’essence comme celle survenue en début de semaine. Les élus et la population commencent à se demander pourquoi on paie l’essence aussi cher alors qu’on est en télétravail et qu’il y a beaucoup moins de déplacements, commente Andrew Turcotte.

Les prix étaient effectivement plus bas au printemps. D’après la Régie de l’énergie, en moyenne, le prix à la pompe a diminué de 20 % entre janvier et mai 2020.

Mais ce temps est déjà révolu.

Des fluctuations locales

Professeur agrégé au département d'économie de l'Université Laval, Patrick Gonzàles explique que la pandémie n’influe plus sur le prix actuel à la pompe. Le secteur pétrolier s’est ajusté à la faiblesse de la demande, dit-il.

L’abondance de ressources sur le marché au printemps a entraîné les chutes de prix du printemps. Toutefois, la production a baissé, depuis, d’environ 20 %. Les choses se sont normalisées, indique M. Gonzàles. Les prix se sont replacés et se sont mis à remonter de manière régulière. Le prix du pétrole n’est pas anormalement bas actuellement. Il avoisine environ les 50 $ US le baril, ce qui est un prix normal.

Les hausses récentes au Bas-Saint-Laurent sont, selon le professeur, un mouvement plutôt local.

Il rappelle que la région compte plusieurs distributeurs. Plus les consommateurs sont à l'affût des aubaines, plus cela encourage ces distributeurs à réagir promptement et à offrir le meilleur prix possible.

Un automobiliste fait le plein d'essence dans sa voiture

Un automobiliste fait le plein d'essence dans sa voiture

Photo : Radio-Canada / Denis Dossman

Le préfet de la Matanie espère, quant à lui, recevoir sous peu une réponse du Bureau de la concurrence du Canada.

La réponse devrait, dit-il, être déposée à la prochaine rencontre du conseil des maires.

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