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Comment le Canada compte-t-il les morts de la COVID-19?

Un infirmier au chevet d'un patient.

Les hôpitaux étaient les mieux préparés pour compter les morts de la COVID-19, selon un épidémiologiste.

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Les provinces du Canada suivent les lignes directrices de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour compter les morts de la COVID-19. Les marges d'interprétation sont minces, mais elles persistent.

Quand une personne meurt, un médecin ou un coroner remplit un certificat de décès. Il doit indiquer toutes les causes de la mort, de la plus immédiate à la plus circonstancielle.

Dans le cas où la COVID-19 est considérée comme une cause probable, l'OMS invite les médecins à l'inscrire dans la case appropriée. Si la présence du coronavirus n'a pas été confirmée par un test, les médecins doivent inscrire la mention présomption de COVID-19.

Au début de la pandémie, certaines autorités de santé n'ont pas pris en compte les décès où le rôle du nouveau coronavirus était seulement présumé. On ne connaissait pas non plus l'éventail des symptômes de la COVID-19.

Dans un centre de soins de longue durée, par exemple, un aîné peut avoir de la fièvre, on soupçonne qu'il a la COVID-19 et il meurt, mais à côté de lui, quelqu'un meurt soudainement et, alors que c'est peut-être dû à la COVID-19, ça passe inaperçu parce qu'on n'a pas cherché à savoir, explique Prabhat Jha, professeur de santé mondiale à l'Université de Toronto.

Dans un encadré intitulé Volet médical, la présomption de la COVID-19 est inscrite dans la liste des causes de la mort.

Exemple de certificat de décès où la COVID-19 est considérée comme une cause probable de la mort, même si la maladie n'est pas confirmée.

Photo : Organisation mondiale de la santé

Les hôpitaux, en revanche, ont fait un meilleur recensement des morts liées à la COVID-19, selon le Dr Jha. Des agents hospitaliers parcourent les dossiers médicaux, ils repèrent les cas où un diagnostic de COVID-19 a été manqué et ils l'ajoutent au dossier. Ils ne changent pas le diagnostic, mais ils indiquent si la COVID-19 était présente.

On ne veut laisser passer aucune mort liée à la COVID-19, même si on court le risque d'en compter quelques-unes de trop.

Prabhat Jha, professeur de santé mondiale, Université de Toronto

Les données collectées par le personnel de santé sont ensuite ajoutées au Fichier canadien des causes multiples de décès afin d'être prises en compte dans les statistiques.

Malgré tout, Prabhat Jha pense que le nombre de morts de la COVID-19 est sous-estimé. On ne pourra vraiment le savoir qu'à l'avenir, quand on fera le travail de détective nécessaire, dit-il.

Et en Colombie-Britannique?

Martin Lavoie, adjoint à la médecin hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique, explique ce qu'il faut pour qu'une mort soit considérée comme due à la COVID-19. Il faut que l'infection soit présente. Ce n'est pas une question de quantité, mais une question de détection. Donc, on a confirmé que la personne était atteinte du coronavirus et on a confirmé que cette personne-là, à cause du coronavirus, est décédée.

Quoi qu'il en soit, la pandémie a mis en lumière la lenteur du système de santé canadien à compter les morts, selon le professeur. Après l'épidémie de SRAS-1, il a été recommandé que les problèmes importants de santé publique soient coordonnés à l'échelle fédérale en urgence, mais on constate que les provinces et le gouvernement fédéral n'y sont pas parvenus et on en paie le prix aujourd'hui, déplore le Dr Jha.

Regardez ce que le Portugal et la Nouvelle-Zélande font : on peut consulter leur site Internet pour savoir combien de morts sont survenues la veille. Au Canada, on ne le fait pas et c'est une faille dans notre système de santé, conclut-il.

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