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L’isolement dans les foyers de soins augmente l’anxiété des gens atteints d'Alzheimer

Les mains d'un homme âgé.

Janvier est le mois de la sensibilisation à la maladie d’Alzheimer.

Photo : iStock

Radio-Canada

Les éclosions récentes de COVID-19 dans certains foyers de soins du Nouveau-Brunswick ajoutent aux difficultés des gens atteints de la maladie d’Alzheimer. Ces patients ont moins accès à leurs proches, ce qui augmente de quelques crans leur niveau d’anxiété.

Le gérontologue Valois Robichaud, qui se penche depuis plusieurs années sur les questions du vieillissement, affirme que la présence physique de gens proches et la bienveillance d’autrui sont les seuls recours pour diminuer l’anxiété et l’angoisse des personnes atteintes de cette maladie.

Les restrictions sanitaires de la phase orange dans la province représentent des barrières supplémentaires entre les patients atteints d’Alzheimer et leurs proches.

Pouvez vous vous imaginez un instant ce que ça pu causer comme, je dirais, comme facteurs d’augmentation? demande Valois Robichaud.

On est impuissants devant l’impact que la pandémie a pu avoir. Je crois qu’on a oublié également qu’il y a une souffrance chez les soignants également.

Valois Robichaud, gérontologue

L’isolement est d’autant plus dommageable, selon lui, dans le contexte où la personne atteinte a besoin du regard de quelqu’un qu’elle connaît depuis à peu près toujours pour se sécuriser, et ce, peu importe le stade, de sa maladie.

L’isolement relationnel conduit à l’anxiété, à l’angoisse et conduit vraiment à une peur parfois démesurée, explique Valois Robichaud. Qu’on ne me dise pas que la personne atteinte d'Alzheimer ne ressent rien. C’est faux.

Difficile aussi pour les familles

Si les patients qui souffrent de démence sont particulièrement affectés par la pandémie, leurs proches ressentent aussi une certaine forme de frustration.

C’est le cas d’Agathe Tremblay, dont le mari est atteint de la maladie d’Alzheimer depuis six ans.

Une dame avec un masque sanitaire est dehors en hiver.

Le mari d'Agathe Tremblay est atteint de la maladie d'Alzheimer depuis six ans.

Photo : Radio-Canada / Francois Vigneault

Il a presque perdu totalement ses sens de la vue et de l’ouïe et il ne parle plus. Elle trouve difficile de ne plus pouvoir être à ses côtés, en raison des restrictions sanitaires.

C’était mon homme pour trente-deux ans, on était vingt-quatre heures sur vingt-quatre ensemble puis je me suis retrouvée toute seule, témoigne-t-elle.

Un mois de sensibilisation

Janvier est le mois de la sensibilisation à la maladie d’Alzheimer.

Bien qu’il n’y ait pas eu une énorme campagne canadienne cette année, la coordonnatrice de la Société Alzheimer du Nouveau-Brunswick, pour la région Chaleur et la Péninsule acadienne, Huguette Duguay, estime que ce mois demeure extrêmement important.

Les familles ont beaucoup de difficulté [en ce temps-ci de l’année] à avoir accès aux médecins, dit-elle. On a plus d’appels, les gens sont plus concernés.

La fermeture des frontières interprovinciales a aussi empêché certaines familles de se rendre au chevet d’un proche souffrant d’Alzheimer.

Ils ne peuvent pas passer la frontière comme on le faisait avant, donc on a beaucoup d’appels de ce côté-là. Ils veulent être rassurés, expose Huguette Duguay.

Huguette Duguay.

Huguette Duguay, coordonnatrice de la Société Alzheimer du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / François Vigneault

Son organisme fait des suivis avec les familles qui comptent un membre atteint par la maladie. Notre but, c’est d’accompagner la famille ou la personne qui a eu un diagnostic, explique-t-elle.

Plusieurs séries éducatives et programmes de l’organisme sont toutefois mis sur la touche en raison de la phase orange.

Huguette Duguay espère que la vaccination des aînés se fera sous peu, pour que ces personnes atteintes d’Alzheimer puissent revenir à une routine normale.

D’après le reportage de François Vigneault

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