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Lutter contre un cancer de l’utérus en pleine pandémie

Photo des deux personnes, dans la cinquantaine, devant un lac.

France Leclerc, 57 ans, en compagnie de François Cinq-Mars

Photo : Courtoisie

Guylaine Bussière

France Leclerc attend impatiemment un appel de l'Hôtel-Dieu de Québec pour recevoir une intervention chirurgicale nécessaire pour lui retirer une tumeur à l'utérus diagnostiquée en pleine pandémie.

La femme de 57 ans de Thetford Mines rend compte des craintes et difficultés vécues par une patiente en raison du délestage en cours dans les hôpitaux du Québec pour traiter les personnes atteintes de la COVID-19.

Elle a appris avant les Fêtes que les douleurs qui l’assaillaient depuis le début de l'été étaient attribuables à un cancer.

D'abord en juin, elle a des douleurs qu'elle attribue à ses intestins et à sa vessie. Son médecin de famille, à qui elle demande des examens plus poussés, lui indique qu'elle n'a pas de saignements donc que des examens ne sont pas nécessaires à ce stade.

En septembre, devant des douleurs persistantes, elle fait appel à son gynécologue à Thetford Mines. Ce dernier, le Dr Gaston Dorval, procède à une biopsie dans la semaine qui suit.

Toutefois les résultats du prélèvement mettent 10 semaines à lui parvenir : Il m' a fait des biopsies le 6 octobre, puis il a eu les résultats le 15 décembre. Ça a été vraiment long, confie-t-elle.

C'est désagréable parce que tout a été concentré sur la COVID. Les laboratoires ont été très occupés de ce côté. C'est long avant d'avoir [...] les rapports, explique Dr Dorval.

Ce délai est jugé trop long par le médecin, qui décide de mettre de la pression pour recevoir les résultats.

Diagnostic à quelques jours de Noël

Le résultat est sans appel, le verdict tombe quelques jours avant Noël : elle a un cancer de l'utérus.

Les examens se précipitent, le Dr Dorval pratique une seconde biopsie et demande une tomodensitométrie en urgence.

Le couple photographié avant la pandémie.

Le couple photographié avant la pandémie

Photo : France Leclerc

Devant les résultats des examens, il lui explique qu'il doit transmettre son dossier à l'Hôtel-Dieu de Québec puisqu'il n'a plus de temps opératoire disponible en raison de la pandémie.

« J'opère ici de longue date, mais je n'avais pas de priorité opératoire dans le prochain mois. On m'a coupé mes deux priorités opératoires à cause de la COVID-19. Ça aurait été plus long opérer ici qu'à l'Hôtel-Dieu »

— Une citation de  Le Dr Gaston Dorval, gynécologue

J'ai déjà opéré trois jours semaine. Là, j'opère maximum une journée, explique le médecin, ajoutant qu'il rattrape toujours les interventions non urgentes prévues pour mars dernier.

Sans date d'opération

France Leclerc a su jeudi dernier que c'est finalement à Québec qu'elle serait traitée, mais n'a toujours pas de date d'opération. J'espère que ça ne traînera pas trop longtemps parce que j'ai du mal. Je suis obligée de travailler, je suis obligée de performer à travers ça.

« Il y a des journées que ça va, il y a des journées que ça ne va pas.  »

— Une citation de  France Leclerc

Malgré tout, son conjoint, François Cinq-Mars, et elle gardent le moral. Il faut dire que la vie avec le cancer est connue du couple. Le mari de France a eu un grave cancer des intestins en 2017.

Il a réussi à s'en sortir parce que son cas a été pris à temps, raconte-t-il.

C'est ce qui inquiète François, les délais de traitement que pourrait subir France en pleine pandémie. Un cancer, s’il n’est pas pris à temps, il continue de se développer. Là, est-ce que ça va continuer à se développer comme le mien aurait pu continuer à se développer s’il n’avait pas été opéré à temps? se demande-t-il.

Prise en charge « rapide »

Du côté du CHU de Québec, où France doit être traitée, on assure que les délais maximums sont de 56 jours pour une opération après la prise en charge en oncologie. Ces délais sont même de 28 jours dans 90 % des cas en raison d'activités de délestage ailleurs.

« Il y a toujours certains délais, mais les délais sont moindres que dans le passé parce que les médecins chirurgiens ont accepté de libérer des priorités opératoires pour les donner aux médecins qui ont besoin d'opérer des cas de chirurgie oncologique. »

— Une citation de  Le Dr Stéphane Bergeron, directeur des services professionnels au CHU de Québec

Au mois de janvier, ces délais sont légèrement prolongés en raison des vacances de certains employés. Quelqu'un qui a eu son diagnostic juste avant les Fêtes, compte tenu de la période des Fêtes, les délais s'allongent quelque peu, indique le Dr Bergeron.

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