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COVID-19 : la situation se dégrade à Sarnia et Windsor-Essex

Une infirmière portant masque et visière prend les signes vitaux d'un patient dans un lit d'hôpital.

Windsor-Essex est en tête des infections dans le Sud-Ouest de l'Ontario, suivie de Sarnia.

Photo : CBC/Evan Mitsui

Depuis plusieurs semaines déjà, les chiffres de la COVID-19 dans le Sud-Ouest de la province sont en évolution. Windsor-Essex est toujours la région la plus touchée, mais la situation à Sarnia est de plus en plus préoccupante.

À Sarnia, les résidences pour aînés sont parmi les lieux qui inquiètent le plus Julia Oosterman, responsable des communications à l'hôpital Bluewater Health de Sarnia. La situation à Sarnia devient de plus en plus difficile. On commence ici [à l'hôpital] à avoir des gens qui viennent des foyers de soins de longue durée, explique-t-elle.

Nous avons ouvert notre unité de COVID ça fait trois jours et déjà il y a 13 personnes dedans. Et j’imagine qu'à la fin de la semaine on aura plus de 20 personnes.

Julia Oosterman

Il y a quelques jours à peine, l'hôpital Bluewater Health de Sarnia recevait des transferts de patients de Windsor dont les hôpitaux étaient débordés.

Désormais, il fonctionne au maximum de ses capacités et quelquefois même au-delà, selon Julia Oosterman. Notre unité de soins intensifs est pleine. Elle est à 100 %, la semaine dernière c’était 114 %, précise-t-elle.

Julia Oosterman lors d'une entrevue en vidéoconférence.

Julia Oosterman déclare que de plus en plus de résidents des foyers de soins de longue durée de Sarnia arrivent à l'hôpital Bluewater Health.

Photo : Radio-Canada

Pour Mme Oosterman, la situation à Sarnia n’est certes pas aussi critique qu’à Windsor, mais elle se dégrade progressivement, et cela en raison, notamment, de la démographie de la population locale.

Ici à Sarnia nous avons une population très âgée. C’est un problème [la COVID] dans les foyers de soins de longue durée. Quand la COVID arrive dans ces endroits-là, c’est vraiment une crise, ajoute-t-elle.

De la solidarité en attendant les vaccins.

La situation pourrait d’autant plus empirer à Sarnia que les vaccins n’y ont pas encore été administrés, selon Mme Oosterman.

Nous savons que nous serons probablement servis par le prochain vol qui arrivera avec des vaccins. Mais nous n’avons pas de date précise. [...] C’est bien évident que la chose la plus importante pour nous c’est d’avoir les vaccins, surtout pour les gens dans les foyers de soins de longue durée. Nous avons une crise dans cette population présentement, explique-t-elle.

Pour nous le problème c’est que le vaccin n’est pas ici maintenant. À Windsor, ça existe.

Julia Oosterman.

Dans la région de Windsor-Essex, les résidents de tous les centres de soins de longue durée ont déjà reçu une première dose de vaccin, selon le bureau de santé publique local.

Pour Mme Oosterman, les hôpitaux doivent se soutenir mutuellement en attendant l’arrivée des premières fioles.

Nous sommes vraiment dans un système provincial. Ça veut dire que nous ne sommes pas tout seuls. Quand Windsor a eu besoin de quelqu’un, nous étions là. C’est pareil avec Chatham-Kent ou London. On est toujours disponible pour les autres s’ils ont besoin de nous, ajoute-t-elle.

Pas d’éclaircies en vue dans Windsor-Essex

La situation dans Windsor-Essex ne s’améliore toujours pas. En plus des transferts de patients qui ont été effectués, la morgue de l'Hôpital régional de Windsor a recours à une morgue d’appoint parce qu’elle ne dispose plus de places. En plus de cela, plusieurs infections ont été détectées chez les ambulanciers de la région.

Mercredi, le bureau de santé local a annoncé 288 nouvelles infections, ce qui porte le total des cas à 10 278. Un nombre important de contaminations qui se traduit par des décès, puisque 237 personnes ont déjà perdu la vie en raison de la pandémie dans Windsor-Essex.

Isabelle Hinch répond aux questions.

Isabelle Hinch pense que c'est l'ignorance qui conduit certaines personnes à ne pas respecter les recommandations de la santé publique.

Photo : Elvis Nouemsi Njiké

Il y a de la frustration, parce qu’il y a tellement de gens qui ont sacrifié tellement de choses pendant cette pandémie et des gens qui ont perdu leurs proches.

Isabelle Hinch.

Cette situation est dramatique selon Isabelle Hinch, étudiante de maîtrise en études biomédicales à l’Université de Windsor. Tout cela est surtout dû à de l’ignorance des personnes qui s'obstinent à désobéir aux recommandations de la santé publique, pense-t-elle.

La seule façon de régler ce problème c’est l’éducation et la communication scientifique. Essayer d’ouvrir un dialogue avec ces gens et leur faire comprendre, explique-t-elle.

La situation n’est pas vraiment bonne en ce moment. Il nous faut tous en faire plus.

Munir Rahim

Munir Rahim, professeur adjoint au département de sciences biomédicales de l’Université de Windsor, estime aussi que c’est le non-respect des règles édictées par les autorités de la santé qui est à l’origine de la situation critique dans laquelle se trouve Windsor-Essex.

Munir Rahim répond aux questions

M. Rahim estime nécessaire l'État d'urgence mis en place en Ontario.

Photo : Elvis Nouemsi Njiké

Il trouve nécessaire l’État d’urgence déclaré par le gouvernement de l'Ontario. Quand on observe les récentes augmentations de cas en Ontario et la pression que cela met sur le système de santé, je pense que ces mesures sont nécessaires. Elles sont mises en place pour éviter l'asphyxie de notre système de santé, précise-t-il.

La situation dans Windsor-Essex est d'autant plus préoccupante, selon M. Rahim, qu’un rapport publié mardi  (Nouvelle fenêtre)par la table de consultation scientifique sur la COVID-19 de l'Ontario, un collectif d’experts étudiant les évolutions de la COVID-19 dans la province, indique que Windsor-Essex est en ce moment la région la plus touchée de l’Ontario par 100 000 habitants.

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