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Montréal ajoute des lits dans les hôpitaux pour les patients de la COVID-19

Un patient est transporté sur une civière vers une ambulance par deux ambulanciers.

La situation dans les hôpitaux est « extrêmement préoccupante » depuis le retour du temps des Fêtes, a indiqué la santé publique de Montréal.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Montréal est une fois de plus l'épicentre de l'épidémie de COVID-19 au Québec. Face à l'augmentation constante de personnes infectées et hospitalisées, la santé publique de Montréal se prépare à augmenter le nombre de lits dans les hôpitaux. L'ajout de personnel soignant est toutefois absent de l'équation.

Depuis la mi-décembre, le nombre d'éclosions ne cesse d'augmenter dans la métropole, a indiqué mercredi la directrice de santé publique de Montréal, Mylène Drouin, qui évoque des niveaux records par rapport à la première vague.

La hausse s'est fait ressentir dans les hôpitaux, où le nombre de patients, notamment en soins intensifs, a lui aussi augmenté, surtout depuis le retour du temps des Fêtes.

Sur les 1000 lits disponibles pour des patients atteints de la COVID-19, 744 sont présentement occupés dans les hôpitaux de Montréal. La santé publique dénombre 311 éclosions actives, dont 137 dans le milieu de la santé, ce qui préoccupe particulièrement la Dre Drouin.

Alors que les urgences des hôpitaux connaissent des débordements – la majorité des établissements sont passés au niveau rouge –, des établissements ont dû augmenter leur capacité de lits en soins intensifs.

Ce sont 43 places qui ont ainsi été ajoutées à l'Hôpital général juif, au CHUM, au CUSM et dans le CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal, qui comprend notamment l'Hôpital Jean-Talon, l'Hôpital Fleury et l'Hôpital du Sacré-Cœur-de-Montréal.

La santé publique a aussi annoncé l'ajout de 310 autres lits d'hospitalisations, au cas où le nombre de patients venait à augmenter. Ces places doivent être réparties entre l'Hôtel-Dieu de Montréal et les CIUSSS du Centre-Ouest, de l'Ouest et du Nord-de-l'Île-de-Montréal.

C'est en train de se faire, si jamais on arrivait à un débordement, a indiqué la PDG du CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal, Sonia Bélanger, aux côtés de la Dre Drouin.

Mais encore faut-il que des employés du réseau de la santé puissent être disponibles pour assurer cette offre de services supplémentaire, a rappelé à juste titre Mme Bélanger.

C'est certain qu'il manque d'infirmières. [...] Si on arrive à ouvrir ces places-là, on va avoir besoin de renforts.

Sonia Bélanger, PDG du CIUSSS du Centre-de-l'Île-de-Montréal

Nous ne sommes pas encore à cette étape-là, a-t-elle ajouté, précisant qu'elle avait tout de même informé le ministère de la Santé de la nécessité de grossir les rangs du personnel soignant.

La santé publique de Montréal précise que la situation plus complexe est celle de la disponibilité des infirmières. Des formations sont en cours pour permettre le transfert aux soins intensifs d'infirmières oeuvrant dans d'autres unités de soins. Le délestage de nos activités en CLSC, en GMF et ailleurs en première ligne nous permettra également d'aller recruter des infirmières pour les rediriger en soins intensifs, explique le conseiller aux relations médias du CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal, Eric Forest.

Pour l'heure, 1000 employés du réseau de la santé sont absents à Montréal, soit parce qu'ils ont contracté la COVID-19 ou bien parce qu'ils attendent le résultat d'un test de dépistage.

48 000 personnes en attente d'une chirurgie

La concentration des ressources afin d'endiguer la propagation du virus a mené à une intensification du délestage dans les hôpitaux du Québec. À Montréal seulement, 48 000 personnes sont en attente d'une chirurgie. Notons que les blocs opératoires demeurent ouverts pour les chirurgies plus urgentes.

Tous les résidents des CHSLD vaccinés d'ici la semaine prochaine

Au dire de Mme Bélanger, la campagne de vaccination va bon train, tant et si bien que tous les résidents et employés des CHSLD de Montréal devraient être vaccinés d'ici la semaine prochaine.

Une bonne nouvelle, étant donné que la situation dans ces foyers pour aînés s'est détériorée pendant les Fêtes. Selon la santé publique, près d'une centaine d'éclosions sont survenues en CHSLD, en résidences pour aînés (RPA) et en ressources intermédiaires.

Sur les 43 000 doses de vaccin reçues par la santé publique de Montréal, 29 493 ont été administrées. De ce nombre, quelque 8000 résidents en CHSLD et 12 000 travailleurs de la santé ont été vaccinés.

Il n'y a pas de doses qui restent dans le frigo jusqu’à présent et les équipes sont prêtes à vacciner davantage de gens, a fait savoir de son côté la Dre Drouin.

Mercredi, la vaccination du personnel soignant a débuté dans les établissements du CHUM et du CUSM. Plus la campagne de vaccination dans les CHSLD se terminera rapidement, plus tôt pourront être vaccinés les membres des autres groupes jugés prioritaires, a rappelé la santé publique.

Bien sûr, on aimerait avoir beaucoup plus de vaccins, mais ce qu’on a, on le traite bien.

Sonia Bélanger, PDG du CIUSSS du Centre-de-l'Île-de-Montréal

D'ici la fin de la semaine, la santé publique prévoit d'ailleurs commencer à vacciner un groupe très restreintde personnes en situation d'itinérance, parmi lesquelles 114 cas de COVID-19 ont été identifiés.

Appel au dépistage

La Dre Mylène Drouin a particulièrement insisté sur le dépistage, qui est moins populaire auprès des Montréalais depuis le temps des Fêtes.

Ceux qui ont des symptômes doivent impérativement aller se faire tester, a-t-elle martelé. Il n’y a pas d’autre virus [que celui de la COVID-19] qui circule actuellement dans la communauté.

Si vous avez des symptômes, vous devez aller vous faire dépister rapidement. Ce n’est pas le temps d’aller travailler, ce n’est pas le temps d’aller à l’école, ce n’est pas le temps d’aller faire l’épicerie.

Dre Mylène Drouin, directrice de santé publique de Montréal

Les enquêtes menées par la santé publique ont démontré que les personnes avaient tendance à aller tout de même au boulot, malgré l'apparition de petits symptômes, comme la toux ou une légère fièvre, a-t-elle poursuivi.

Chez ceux présentant des symptômes, le taux de positivité est estimé à 1 personne sur 4. Un taux qui monte à 1 personne sur 2 dans les quartiers les plus chauds, comme le sont Parc-Extension, Saint-Léonard, Saint-Michel, Saint-Laurent et Cartierville.

Les contacts entre personnes d'un même domicile ainsi que ceux avec des membres d'une famille ou des amis demeurent la principale source de contamination, a précisé la Dre Drouin.

Montréal a franchi au cours des dernières 24 heures la barre des 4000 décès depuis le début de la pandémie. Le bilan présenté mercredi faisait état de 727 nouveaux cas dans la métropole.

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