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COVID-19 : deux à trois ans avant un retour à la normale pour CBC/Radio-Canada

La tour de la Maison de Radio-Canada à Montréal.

La PDG de CBC/Radio-Canada affirme que le diffuseur public gère présentement de trimestre en trimestre.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Il faudra deux à trois ans pour que les revenus publicitaires reviennent à leur niveau d'avant la pandémie, a affirmé la PDG de CBC/Radio-Canada, Catherine Tait, lors de la troisième journée d'audience sur le renouvellement des licences du diffuseur public, devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).

On ne sait pas combien de temps ça va durer et quelles seront les conséquences économiques et celles sur les producteurs, a-t-elle indiqué. Nous avons un rôle très important dans la reprise.

Elle a aussi expliqué qu'en ce moment, la direction gère de trimestre en trimestre, parce qu'il est très difficile de faire des projections économiques à moyen et long terme.

Mme Tait a rappelé que la COVID avait eu un effet très important sur les finances du diffuseur en raison des pertes de revenus publicitaires encourues.

Pourquoi fixer des seuils inférieurs à la production actuelle?

À de nombreuses reprises, lors de cette troisième journée d'audience, le CRTC a interrogé la direction du diffuseur public sur ses obligations de production et de programmation.

Le CRTC veut savoir pourquoi CBC/Radio-Canada demande de lui fixer des obligations qui sont en deçà de ce qui est actuellement produit.

Par exemple, le diffuseur s'engage à ce que 80 % de tout le contenu audiovisuel canadien, autre que les émissions de nouvelles, de sports et d’actualité, [doive] être produit par des sociétés de production indépendantes canadiennes.

Mais, historiquement, vous dépassez les 90 %, donc pourquoi 80 % est le bon seuil, a demandé Monique Lafontaine, conseillère pour l'Ontario au CRTC.

Le vice-président principal des services français de Radio-Canada Michel Bissonnette a répondu que ce qui est proposé, c'est d'amener le plafond comme étant le plancher, mais si vous faites ça, on n'a aucune marge de manœuvre.

On souhaite conserver une flexibilité, a-t-il ajouté. Il y a beaucoup de documentaires qu'on produit à l'interne, avec nos ressources dans les salles d'information [...], il y a aussi des productions jeunesse ou des émissions culturelles [qu'on peut faire à l'interne].

CBC/Radio-Canada veut plus de flexibilité sur les chaînes spécialisées

La direction de CBC Radio-Canada a aussi demandé à avoir plus de flexibilité pour la programmation des chaînes spécialisées, comme ICI ARTV, ICI Explora ou The Documentary Channel.

Le diffuseur public demande au CRTC de maintenir les obligations actuelles de contenu canadien, mais d'éliminer celles qui s'appliquent le soir afin d'améliorer sa compétitivité.

Une demande qui préoccupe le CRTC.

J'ai du mal à voir pourquoi c'est approprié, a indiqué Monique Lafontaine, conseillère pour l'Ontario au CRTC.

La Directrice générale de la télévision de Radio-Canada Dany Meloul a assuré qu'avant tout, ce qu'on veut faire, c'est du contenu canadien. Mais elle a expliqué qu'une chaîne comme ICI ARTV évolue dans un marché très compétitif et qu'elle doit tenter de convaincre les Canadiens de s'y abonner.

Il faut amener des abonnés vers les contenus canadiens, a-t-elle dit. Par exemple, sur ARTV, quelqu'un peut s'abonner parce qu'il aime C'est juste de la télé [...], mais il se peut aussi que cette personne soit attirée par une série comme Downton Abbey et c'est l'ensemble de tout ça qui fait que nous pouvons avoir des abonnés, [ce qui] nous permet d'avoir une offre robuste et diversifiée.

Cette proposition du diffuseur public ne plaît toutefois pas aux associations d'artistes et d'artisans de la télévision.

Dans leur mémoire, l'Alliance québécoise des techniciens et techniciennes de l'image et du son (AQTIS), l'Association des Réalisateurs et Réalisatrices du Québec (ARRQ), la Société des auteurs de radio, télévision et cinéma (SARTEC) et l'Union des Artistes (UDA) ont indiqué qu'ils refusaient d'entériner une telle proposition.

La PDG de CBC/Radio-Canada Catherine Tait s'est défendue en rappelant qu'aucun Canadien n'a l'obligation de s'abonner à ces chaînes spécialisées.

On est tous sur le même terrain en ce qui a trait à ces chaînes, a-t-elle expliqué, assurant qu'il y aurait du contenu canadien sur ces chaînes aux heures de grande écoute.

Quoi diffuser?

Le CRTC a aussi soulevé les préoccupations de Québecor sur les choix de programmation de Radio-Canada. Selon l'entreprise québécoise, le diffuseur public devrait privilégier les nouvelles, documentaires, éducation, culture, relève, jeunesse, affaires publiques et science et le CRTC devrait mieux baliser [...] les contenus étrangers acquis par le diffuseur public.

Mme Tait a répondu qu'en limitant les choix de programmation du diffuseur public cela restreindrait de facto la liberté des producteurs canadiens et réduirait leurs opportunités.

Le vice-président principal de Radio-Canada Michel Bissonnette a aussi rappelé que le mandat de la Société Radio-Canada est de renseigner, d'éclairer et de divertir.

Nous offrons des heures de dramatique qui rejoignent un public qui est différent de ce que les diffuseurs privés peuvent rejoindre, a-t-il indiqué.

Pendant plusieurs années, la barrière linguistique a protégé le marché francophone, a ajouté M. Bissonnette. La nouvelle génération est de plus en plus bilingue – 80 % des 18-34 ans sont abonnés à Netflix. Notre défi comme diffuseurs francophones, incluant les diffuseurs privés, c'est de bonifier le plus possible notre offre en qualité et en quantité de contenu francophone pour assurer une alternative au géant américain.

Le témoignage de Québecor devant le CRTC est prévu le 19 janvier prochain.

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