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Nœud coulant à Grande Prairie : le Dr Wessels a enfreint le code de déontologie

Le Collège pourrait forcer le médecin à suivre des formations ou à payer une amende, ou encore lui retirer son permis de pratiquer.

Un noeud coulant accroché sur une porte.

Le Dr Wynand Wessels a collé un noeud coulant sur la porte du bloc opératoire où travaillait un de ses collègues noirs.

Photo : Photo envoyée par la Dre Carrie Kollias

Le Collège des médecins et chirurgiens de l’Alberta (CPSA) juge que le Dr Wynand Wessels a enfreint le code de déontologie et nui à l’intégrité de sa profession en attachant un nœud coulant à la porte d’un bloc opératoire de l’Hôpital de Grande Prairie, en 2016. L’organisation estime toutefois que les preuves sont insuffisantes pour qualifier ce geste de raciste.

Le tribunal d’audience a conclu que le Dr Wessels était motivé par la discorde à l’Hôpital et qu’il a accroché la corde à la porte avec l’intention d’envoyer un message à un ou à plusieurs individus, écrit le CPSA.

Un tel message peut raisonnablement être interprété comme intimidant et menaçant, poursuit-il.

Le Collège rejette l’idée que le Dr Wessels ait voulu faire une simple plaisanterie, ou encourager le travail d’équipe, ce qu’il avait avancé lors de son audience.

Le Dr Wessels, un chirurgien orthopédique blanc de Grande Prairie, avait reconnu avoir accroché un nœud coulant sur la porte d’une salle d’opération de l’Hôpital Queen Elizabeth II en 2016.

Certains collègues l’accusaient d’avoir visé un aide--chirurgien noir, le Dr Oduche Onwuanyi, avec qui il avait déjà eu des démêlés par le passé.

Ce dernier a dit avoir interprété ce geste comme une menace, une insulte raciale, une insulte envers les personnes noires en particulier , qui avait pour but de l'intimider.

Le Dr Wessels, originaire d’Afrique du Sud, affirmait plutôt qu’il avait voulu évoquer un lasso, utilisé dans un jeu qui consiste à attacher les enfants qui se chicanent ensemble pour les forcer à se réconcilier. Il avait décrit son geste comme une plaisanterie de mauvais goût, qu’il a regretté ensuite, mais qui ne visait personne en particulier.

Le Collège croit qu'il n'y a pas assez de preuves pour déterminer si le geste se voulait raciste.

Il conclut néanmoins que le Dr Wessels a enfreint le paragraphe 52 du code de déontologie de la profession, qui exige que les membres « traitent leurs collègues avec dignité et comme des personnes qui méritent le respect », et qu'il a « nui à l'intégrité de sa profession par sa conduite ».

Le CPSA doit se rencontrer de nouveau à une date encore inconnue pour déterminer comment sanctionner le Dr Wessels. Parmi les sanctions envisagées figurent des restrictions sur sa pratique, des pénalités financières, des formations obligatoires, ou encore le retrait ou la suspension de son permis de pratiquer.

Une décision qui s’est fait attendre

L’incident de 2016 a été signalé à l’administration de l’hôpital, à Services de santé Alberta et au CPSA par plus d’une personne.

L’affaire et son manque apparent de répercussions n’ont cependant commencé à attirer l’attention du public qu’en 2020, après un article de CBC.

Peu après, le ministère de la Santé a ordonné une enquête indépendante sur la gestion de cet incident par l’agence de santé publique.

Un rapport devait être remis au ministère avant le 1er janvier, mais a été repoussé jusqu’à la fin février.

L’enquête se déroule comme prévu, mais prend un peu plus de temps que nous le pensions, en partie en raison de la difficulté d’organiser des entrevues pendant la pandémie, explique l’attaché de presse du ministère de la Santé, Steve Buick.

Mercredi, le ministre de la Justice, Kaycee Madu, a dit sur Twitter que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) enquêtait également sur l’incident et qu’il attendait ses conclusions avec impatience.

Lorian Hardcastle, professeure en droit de la santé à l’Université de Calgary, estime qu’il y avait « assez de preuves pour que le Collège puisse conclure qu’il y a eu du racisme ».

Elle s’explique mal pourquoi les explications du Dr Wessels sur la signification de son geste ont eu plus de poids que l’interprétation faite par le Dr Onwuanyi.

Je pense que ça envoie le message que des gestes racistes ne seront peut-être pas vus ainsi à moins que ce soit clair comme du cristal [...] et je crains que ça décourage les gens de se plaindre de gestes racistes à l’avenir , dit-elle.

Elle croit que le CPSA optera pour une sanction plus légère, comme une amende ou une formation obligatoire, que s’il avait reconnu le geste du Dr Wessels comme raciste.

Lorian Hardcastle souligne aussi qu’il aura fallu plus de quatre ans pour que le Collège convoque finalement le Dr Wessels en audience disciplinaire. Selon elle, l’institution aurait dû démontrer qu’elle prenait la chose au sérieux en la traitant dans des délais plus raisonnables.

« Je crois que l’action dissuasive [du CPSA] a échoué à certains égards parce que la sanction arrive aussi longtemps après l’incident », dit-elle.

Ni le Dr Wessels ni le Dr Onwuanyi n’ont souhaité commenter le jugement.

Avec des informations de Jennie Russell et Charles Rusnell

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