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La suspension de vols d’Air Canada en Atlantique, un nouveau coup dur

L’aéroport de Fredericton sera prêt lorsque les gens voyageront après la pandémie, selon la direction.

Un avion de la compagnie Air Canada en vol.

Tous les vols d'Air Canada à Fredericton seront suspendus à compter du 23 janvier (archives).

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

La direction des aéroports des provinces de l’Atlantique touchées par une nouvelle ronde de réduction des services d’Air Canada encaissent chacune à leur manière ce nouveau revers.

En début de semaine, Air Canada annonçait la suspension, à compter du 23 janvier, de tous ses vols à destination et en provenance de Fredericton, au Nouveau-Brunswick.

Air Canada suspend également trois liaisons avec Terre-Neuve-et-Labrador. Le transporteur met fin jusqu'à nouvel ordre aux itinéraires entre Saint-Jean et Toronto, entre Gander et Halifax, et entre Happy Valley-Goose Bay et Halifax.

Dans la capitale du Nouveau-Brunswick, c'est un nouveau coup dur pour l'aéroport international de Fredericton, qui connaissait déjà une forte baisse de son achalandage. La directrice générale, Johanne Gallant, espère un retour à la normale lorsque la pandémie reculera.

Maintenant, notre regard est sur [la reprise] des affaires. On espère que la vaccination va aider à peut-être diminuer les restrictions au niveau des voyages au printemps. Donc, on a vraiment notre regard sur le futur. En ce moment, on gère bien nos coûts et on sera là quand les gens seront prêts à voyager, affirme Johanne Gallant durant une entrevue accordée à l’émission La matinale, d’ICI Acadie.

Johanne Gallant en entrevue dans une salle d'embarquement

L'aéroport de Fredericton puise dans ses réserves financières en espérant une aide d'Ottawa, explique la directrice générale de l'autorité aéroportuaire, Johanne Gallant (archives).

Photo : CBC/Shane Fowler

Entre-temps, l’aéroport puise dans ses réserves financières et espère une aide du gouvernement fédéral.

L’aéroport de Fredericton était très bien géré. On avait des réserves. Donc, en ce moment, on utilise ces réserves de fonds. On attend aussi. Il y avait des annonces avant les Fêtes au niveau fédéral qu’il y aurait des programmes pour nous aider. On attend des nouvelles à ce niveau-là, souligne Johanne Gallant.

Le départ d’Air Canada signifie la fin des vols commerciaux à l’aéroport de Fredericton jusqu’à nouvel ordre. À compter du 23 janvier, à moins d’un changement d’ici là, seuls les avions de l’école de pilotage Moncton Flight College, de la société Forest Protection Limited et des appareils privés utiliseront encore les installations, précise Mme Gallant.

C’est sûr que la capitale a besoin de vols. C’est très important pour le futur. On continue vraiment de travailler avec Air Canada pour redévelopper ces vols.

Johanne Gallant, directrice générale, aéroport international de Fredericton
Jacques Fournier en entrevue par webcam.

Jacques Fournier, directeur, développement des affaires à l'aéroport de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, en entrevue le 13 janvier 2021.

Photo : Radio-Canada

Jacques Fournier, le directeur du développement commercial à l'aéroport de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, s’accroche à l’espoir qu’Air Canada reprenne certains vols en avril, mais reconnaît que beaucoup de variables sont inconnues. Ça va tout dépendre de comment la population va réagir, a-t-il observé mercredi lors d’une entrevue au Téléjournal Acadie. Si la vaccination contre la COVID-19 risque de changer la donne, il n’est pas garanti que le loisir du voyage reprenne la place qu’il avait, estime M. Fournier.

D'après moi, ça va être un bon 3 à 4 ans avant qu'on revoie des volumes proches de ceux qu'on avait en 2019.

Jacques Fournier, directeur, développement des affaires, aéroport de Saint-Jean

On était quand même bien du côté financier avant que la pandémie arrive, relate Jacques Fournier. On a quand même des fonds à la banque pour tenir un bout.

À l’échelle nationale, Air Canada réduit de 25 % ses services, ce qui entraîne la perte d’au moins 1700 emplois. Dans dix jours, le transporteur ne desservira qu’un seul aéroport par province atlantique : Halifax (Nouvelle-Écosse), Moncton (Nouveau-Brunswick), Saint-Jean (Terre-Neuve-et-Labrador) et Charlottetown (Île-du-Prince-Édouard).

Bernard LeBlanc, président-directeur général de l'Aéroport international Roméo-LeBlanc du Grand Moncton

Bernard LeBlanc, président-directeur général de l'Aéroport international Roméo-LeBlanc du Grand Moncton (archives).

Photo : Radio-Canada

Le président-directeur général de l’aéroport international Roméo-LeBlanc du Grand Moncton, Bernard LeBlanc, souligne que l’achalandage a dramatiquement diminué cet hiver. Une importante partie du trafic aérien à cette période de l’année vient des voyageurs qui s’en vont dans le Sud.

Il y aurait normalement 12 à 15 par semaine vers les destinations soleil, dit-il. Cette année, on a zéro.

M. LeBlanc rappelle les compressions et les mises à pied de la dernière année. On n'anticipe pas faire plus de coupures en 2021, mais garder en ligne avec les démarches faites en 2020, dit-il. Mais des plans ont changé considérablement.

Cette année, on était censés faire plus de 15 millions d'investissements dans l'infrastructure. Aujourd'hui, ce qu'on va faire, c'est moins de 300 000 $.

Bernard LeBlanc, pdg de l'aéroport international Roméo-LeBlanc du Grand Moncton

À l'aéroport Roméo-LeBlanc de Moncton, Air Canada maintient deux départs par jour vers Montréal et un vers Toronto. Il y a aussi cinq vols par semaine de PAL Airlines vers Deer Lake, Saint-Jean et Wabush, trois destinations de Terre-Neuve-et-Labrador.

Le pdg ne se risque pas à prédire quand on verra un retour à la situation qui prévalait avant la pandémie. La normale pourrait être vraiment différente. Il y a des gros risques qu'on ne voie pas toutes les lignes aériennes qu'on voyait dans le passé.

Nouvel appel à l’aide des aéroports

L’Association des aéroports du Canada atlantique revient à la charge pour réclamer une aide financière du gouvernement fédéral à la suite de la décision d’Air Canada de suspendre ses vols à Fredericton, Gander et Happy Valley-Goose Bay.

La directrice générale de l’Association, Monette Pasher, qui est citée dans un communiqué, dit que le gouvernement fédéral ne peut imposer sans cesse de nouvelles restrictions à l’industrie sans lui offrir de l’aide.

Le secteur aérien, indique Mme Pasher, a été mentionné lors d’une mise à jour économique du fédéral à la fin de novembre. L’Association en est reconnaissante et travaille avec Ottawa pour déterminer l’appui qui sera offert aux aéroports de la région, dit-elle, en ajoutant du même souffle que cette aide ne suffit pas et qu’il n’y a toujours aucune nouvelle d’une aide pour les compagnies aériennes à l’exception des subventions salariales.

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L'aéroport international Roméo-LeBlanc du Grand Moncton sera le dernier au Nouveau-Brunswick qui accueillera des vols commerciaux d'Air Canada après le 23 janvier (archives).

Photo : Radio-Canada / Guy R. Leblanc

Quant aux gouvernements provinciaux, l’Association les presse à nouveau d’instaurer des programmes de tests de dépistage systématique de la COVID-19 dans les aéroports. Selon elle, cela contribuerait à rétablir la confiance des voyageurs.

Monette Pasher ajoute que l'industrie ne reviendra pas à la normale du jour au lendemain après la pandémie, qu'il faudra du temps pour rétablir les services de transport aérien. Elle estime que les communautés en Atlantique vont ressentir les répercussions des difficultés de l’industrie pendant des années.

Avec des renseignements de Margaud Castadère et de l'émission La matinale

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