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Les intervenants des centres d’urgence sherbrookois demandent le vaccin

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Des lits au refuge du Partage St-François, à Sherbrooke.

Les intervenants dans les centres d'urgence souhaitent être vaccinés en priorité pour éviter la fermeture des ressources de dernier recours en cas d'éclosion.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Alors que la vaccination avance chez les travailleurs de la santé et les aînés estriens, les employés des centres d’urgence, considérés au même titre que les autres travailleurs communautaires, attendent leur dose avec impatience. Ils craignent un bris de services aux personnes vulnérables si une éclosion devait les obliger à fermer.

Si demain matin j’ai une éclosion à l’intérieur du refuge, c’est 60 personnes en situation de crise qui vont se retrouver dans la rue [...]. Si on ferme demain matin, plus personne ne peut le donner, ce service-là, s’inquiète Sébastien Laberge, directeur général du Partage Saint-François.

Parmi les services offerts par l’organisme, l’Accueil Poirier permet aux personnes qui dormiraient à l’extérieur d’avoir accès, pendant la nuit, à des services de base tels des douches et des lits.

On veut s’assurer de maintenir ce service-là pour toute la durée de l’hiver. Une des façons de le faire serait de vacciner les employés du Partage Saint-François, note M. Laberge.

Steve Séguin, intervenant pour l'organisme, est du même avis. Il souligne que l’Accueil Poirier est le seul service du genre à Sherbrooke.

C’est la seule place où il y a des lits disponibles le soir pour dormir. Si tu ne dors pas au Partage Saint-François, c’est soit que tu dors en cellule au poste de police, soit tu dors en dessous du pont, soit tu dors dans l’accueil de l’urgence.

Steve Séguin, intervenant pour le Partage Saint-François

Il ajoute que son équipe offre des masques à tous les usagers et met l’accent sur le lavage de mains, mais que les mesures sanitaires peuvent parfois être difficiles à faire respecter. On a des gens qui ont des problèmes de santé mentale. Donc d’arriver et d’imposer des choses à ces gens-là, et de leur dire "il y a des règlements stricts stricts stricts", ça pourrait déjà créer des crises.

Il dit cependant comprendre que les employés du système de santé aient la priorité dans l’ordre de vaccination.

Personnellement, je comprends que c’est limité [...]. Mais j’aimerais ça aussi qu’on soit les prochains sur la liste.

On est vraiment à risque, conclut-il.

Roger, un homme sans-abri qui passe ses nuits à l’Accueil Poirier, souhaite aussi que les intervenants soient vaccinés.

Sinon, j’aurais plus mon lit [...]. Là on est chanceux, on a des temps doux, mais s’il faisait comme dans le bon vieux temps, -20, -40, pas sûr. Je ne me verrais pas coucher en dessous du pont, remarque-t-il.

Les maisons d’accueil pour femmes également à risque

À l’Escale de l’Estrie, la seule maison d’urgence ouverte 24 h sur 24 et 7 jours sur 7 pour les femmes victimes de violence conjugale à Sherbrooke, c’est le même son de cloche.

En général, on a déjà des listes d’attente pour des femmes qui attendent de l’hébergement. Si on ferme, c’est clair qu’il y a un lot de personnes qui sont en danger, explique sa directrice Céline Daunais-Kenyon.

C’est sûr qu’un milieu comme le nôtre, où on vit en communauté, à proximité... On aura beau prendre toutes les précautions qui s’imposent, c’est clair qu’on n’est pas équipés comme le système de santé pour être capables d’y pallier, ajoute-t-elle.

On est des ressources d’urgence, au même titre, je dirais, que les hôpitaux. On n’offre pas les mêmes services, assurément, mais en même temps les gens qui viennent nous retrouver sont des gens en danger.

Céline Daunais-Kenyon, directrice de l'Escale de l'Estrie

Elle souhaite lancer un message à la santé publique

Ne pas nous oublier, et ne pas attendre qu’il y ait éclosion pour penser à faire vacciner les personnes qui sont en maison d’hébergement. Évidemment, les femmes et les enfants, mais aussi les travailleuses qui sont essentielles.

D’après les informations d’Alexis Tremblay

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