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Des Québécois et des Ontariens bravent le confinement pour aller skier à Whistler

Un skieur devant des pancartes indiquant que le port du masque et la distance sociale sont obligatoires.

Le masque et la distance sociale sont obligatoires à Whistler-Blackcomb.

Photo : Radio-Canada / Félix Levert

La présence de touristes québécois et ontariens inquiète à Whistler. Pour éviter une éclosion, une urgentologue de la municipalité demande à la Colombie-Britannique de restreindre les voyages interprovinciaux non essentiels.

Un Québécois de Victoriaville a fait 54 heures de voiture, à la fin du mois de décembre, pour aller skier à Whistler avec trois de ses amis.

Arrivé à destination, il a découvert que les restrictions en place faisaient en sorte qu’il devait réserver ses billets s’il voulait avoir accès au plus important centre de ski d’Amérique du Nord.

Après avoir affiché son désarroi sur un site de réseautage francophone, il pouvait crier victoire : il avait réussi à obtenir ses billets pour aller dévaler les pentes.

Un Québécois dont le nom a été effacé envoie des messages sur un groupe Facebook.

Un Québécois de passage cherche à rencontrer des résidents de Whistler le 31 décembre.

Photo : Radio-Canada

La même journée, ce visiteur cherchait à fêter le passage à la nouvelle année, alors que la province avait décrété ce soir-là une interdiction de vente d’alcool à partir de 20 h.

S’il s’agit d’un cas extrême, il est loin d’être isolé.

Maude Cyr, qui habite la région depuis 15 ans, a été surprise de rencontrer deux familles québécoises sur les pistes, malgré les recommandations en vigueur. Ils en vacances pour une dizaine de jours.

Elle leur a demandé ce qui les avait motivés à braver les recommandations malgré la pandémie.

Et ils m'ont répondu : "On est au Canada", raconte-t-elle. Il y a eu une pause et ils m'ont dit : "Vous savez, au Québec, il y a plus de cas qu'en Colombie-Britannique. Donc, on est bien mieux ici.”

Philippe D’Anjou, un Québécois qui vit et travaille à Whistler depuis deux ans, a aussi remarqué la présence de ces visiteurs du Québec.

J’ai été vraiment surpris pendant les Fêtes, on a eu de la clientèle du Québec dans les remontées. Il n’y a rien qui empêche les Québécois de venir skier à Whistler.

Selon Tourisme Whistler, près de 90 % des visiteurs cette saison viennent de Colombie-Britannique. Les voyageurs de l’extérieur de la province ne représentent que 10 % des touristes.

Même si leur proportion est faible, leur présence crée de l’anxiété chez les travailleurs de l’industrie touristique, note Maude Cyr, qui a fait part de ses inquiétudes sur les réseaux sociaux.

J'ai beaucoup d'amis qui travaillent comme moniteurs de ski, dans les hôtels. Pour eux, c’est devenu un stress d’aller au travail. Mais, en même temps, il faut qu'ils gardent le sourire.

Une citation de :Maude Cyr, résidente de Pemberton

Un groupe de Québécois est arrivé la semaine dernière [à mon hôtel], note un travailleur hôtelier, qui a requis l’anonymat. Ils ont pris un vol de Québec à Toronto, puis jusqu’à Vancouver avant de louer une voiture. Ils occupent au moins trois chambres.

Dimanche, ses collègues et lui ont aussi eu à s’occuper d’un touriste ontarien qui avait trop bu et menaçait d’appeler la police. Il avait, semble-t-il, donné un faux nom et de fausses coordonnées pour éviter de se conformer aux règles locales.

Cette attitude inquiète la Dre Annie Gareau. Les gens de l'Ontario viennent ici alors que leur province est en confinement, explique-t-elle. Cette attitude, ça leur donne l’impression qu’ils sont aussi en vacances de COVID. Il y a moins de distanciation, on se rejoint au bar pour l’après-ski, on boit de l’alcool et on oublie les règles.

Pendant les Fêtes, l’urgentologue estime que la majorité de ses patients venaient de l’extérieur. La plupart étaient évidemment de Vancouver, mais il y avait quand même un nombre inquiétant de personnes qui venaient de l'Ontario, du Québec et de l'Alberta.

Un danger pour l'économie de la région

Si la région a été relativement épargnée jusqu’ici, l’urgentologue estime que les visiteurs de l’Ontario, du Québec et de l’Alberta, les trois provinces les plus touchées par la COVID-19 au pays, constituent un risque important.

Non seulement Whistler n'a pas les infrastructures pour recevoir un afflux important de patients, mais les conditions routières rendent parfois difficile leur transfert dans d'autres hôpitaux de la région.

C’est un virus qui se propage par le déplacement. Alors j’ai l’impression qu’il faudrait être plus strict et dire aux gens de rester dans leur province pendant quelques mois, suggère la Dre Gareau.

L’argument est non seulement d'ordre sanitaire, mais aussi d'ordre économique.

Si la population de Whistler commence à devenir infectée par le virus, l’économie de la municipalité est à risque, car il n’y aura pas assez d’employés pour faire fonctionner le système.

Une citation de :Annie Gareau, urgentologue, Whistler

Philippe D’Anjou croit toutefois que les récentes restrictions mises en place au Québec vont retarder les ardeurs de certains.

Présentement, les gens qui me contactent le font pour annuler leur voyage, dit-il. Avec les nouvelles mesures au Québec, je pense que c’est plus mal vu présentement de voyager que ce l’était pendant le temps des Fêtes.

En Colombie-Britannique, la médecin hygiéniste en chef, Bonnie Henry, décourage les rassemblements et les événements et demande à la population d'éviter les voyages non essentiels. Il s'agit cependant de recommandations et rien n'empêche les déplacements interprovinciaux.

Mais les nouvelles restrictions au Québec pourraient aussi avoir l’effet contraire. Le visiteur venu faire la fête à Whistler le 31 décembre a récemment fait part de son intention de revenir à Whistler pour quelques jours afin d’échapper au confinement dans sa province.

Un Québécois dont le nom a été effacé diffuse un message dans un groupe Facebook.

Un Québécois de passage à Whistler pour les Fêtes annonce qu'il veut y retourner pour échapper au confinement dans sa province.

Photo : Radio-Canada

Contacté sur Facebook, le voyageur a décliné une demande d'entrevue, mais affirme avoir l’intention de se faire tester avant son arrivée à Whistler afin de partir l’esprit tranquille.

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