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Bilinguisme dans la fonction publique : Higgs doit faire ses devoirs, dit l’opposition

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs

Photo : Radio-Canada

Pascal Raiche-Nogue

La majorité des postes pourvus dans la fonction publique du Nouveau-Brunswick l’an dernier exigeaient seulement la maîtrise de l’anglais. L’opposition à Fredericton voit dans ces données la preuve que Blaine Higgs comprend mal le bilinguisme officiel.

Au cours des derniers mois, le premier ministre a dit à plus d’une reprise qu’il se soucie du sort des unilingues anglophones.

Selon lui, le niveau de bilinguisme requis à l’embauche dans la fonction publique pousse certains d’entre eux à s’expatrier pour se trouver un emploi. Il n’a pas fermé la porte à revoir les exigences linguistiques à la baisse.

La moitié des postes aux unilingues anglophones

Des données obtenues par Radio-Canada Acadie démontrent pourtant que les unilingues anglophones ont pu se qualifier pour plus de la moitié des quelque 2000 postes affichés l’année dernière au sein de l’appareil gouvernemental provincial.

Du 1er avril 2019 au 31 mars 2020, 51 % des offres exigeaient seulement la maîtrise de l’anglais. La maîtrise des deux langues officielles était exigée dans 44 % des cas. Les unilingues francophones ont pu soumettre leur candidature dans 3 % des cas. Les autres postes (2 %) exigeaient la connaissance de l’une ou l’autre des langues officielles.

De la « propagande », selon l'opposition

Le porte-parole de l’opposition officielle pour les dossiers liés aux langues officielles, Benoît Bourque, affirme en entrevue qu’il n’est pas du tout surpris par ces données.

Le reportage d’hier confirme ce que nous savions : la majorité des postes offerts au sein de la fonction publique néo-brunswickoise sont unilingues anglophones. La rhétorique du premier ministre de dire que les gens quittent la province parce que ce sont seulement des postes bilingues ou que c’est majoritairement bilingue, c’est complètement faux.

Il qualifie les propos de Blaine Higgs sur les exigences à l’embauche et sur leurs conséquences sur la population unilingue anglophone de propagande.

Un homme assis, avec un bureau en arrière-plan

Le porte-parole de l’opposition officielle pour les dossiers liés aux langues officielles, le député libéral Benoît Bourque

Photo : Radio-Canada

De dire qu’il faut revoir à la baisse les exigences linguistiques, ça ne se tient pas, il y a une place pour les anglophones et les francophones [dans la fonction publique].

Benoît Bourque dit qu’il ignore pourquoi Blaine Higgs tient à se pencher sur les exigences linguistiques.

C’est soit du mépris ou de l’ignorance. Je dirais même potentiellement que c’est une combinaison des deux. À la fin de tout ça, ça démontre clairement selon moi, que ce dossier n’est pas une priorité pour ce premier ministre.

Une tactique pour diviser la population?

Le chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick, David Coon, n’est pas non plus étonné par ces statistiques. En entrevue, il dit craindre que le premier ministre tente de diviser la population.

Malheureusement, j’ai peur que le premier ministre joue des politiques de division et d’isolation. Ce n’est pas acceptable. Surtout maintenant, alors que le premier ministre doit lancer la révision de la Loi sur les langues officielles.

Lorsqu’on lui demande ce que Blaine Higgs aurait à gagner en divisant les anglophones et les francophones, David Coon dit ne pas en être certain.

Peut-être qu’il pense à ses électeurs dans le sud de la province. Peut-être qu’il ne comprend juste pas la réalité du Nouveau-Brunswick, la réalité des deux communautés de langue officielle.

David Coon répond aux questions du journaliste.

Le chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick, David Coon

Photo : Radio-Canada / Mikael Mayer

Radio-Canada Acadie a demandé une entrevue avec le ministre Daniel Allain ou un autre porte-parole francophone du gouvernement de Blaine Higgs, mardi avant-midi, sans succès.

Au lieu d’un entretien, le gouvernement nous a fait parvenir une déclaration écrite de la directrice des communications du ministère des Finances, Jennifer Vienneau.

Elle affirme que Fredericton est déterminé à renforcer le bilinguisme dans la province et que la prochaine révision de la Loi sur les langues officielles sera une excellente occasion de le faire.

Jennifer Vienneau ajoute que le gouvernement du Nouveau-Brunswick est très conscient des avantages du bilinguisme officiel et qu’il prend très au sérieux sa responsabilité légale d’assurer les services dans les deux langues officielles aux gens du Nouveau-Brunswick.

La révision de la Loi sur les langues officielles — qui n’a toujours pas été lancée — doit être terminée avant la fin de 2021. La dernière révision, en 2012, avait duré deux ans.

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