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COVID-19 : les demandes d’aide en santé mentale ont bondi en Outaouais

Une adolescente dans un escalier.

La demande pour les services en santé mentale est à la hausse en Outaouais depuis le début de la pandémie.

Photo : Getty Images / AngiePhotos

La pandémie de COVID-19 est à l’origine d’une augmentation de 40 % des demandes d’aide en santé mentale dans la région.

En septembre dernier, 450 résidents de l’Outaouais âgés de 18 ans et plus étaient en attente d'un premier service en santé mentale. Trois mois plus tard, le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Outaouais ajoutait une cinquantaine de noms à sa liste.

Les cas urgents de détresse psychologique sont traités dans un délai moyen de 3 à 7 jours, afin d’éviter le recours à l’hospitalisation. Ces demandes prioritaires ne figurent pas sur la liste d'attente.

Pour les cas non urgents comme l'anxiété ou les troubles dépressifs en lien avec la COVID-19, le CISSS de l'Outaouais tente d’offrir un service dans un délai de 30 jours. Selon les plus récentes données disponibles, ce délai était plutôt situé entre 46 et 91 jours.

La représentante nationale de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) de l’Outaouais, Christine Prégent, estime que les quelque 500 personnes en attente et les délais importants avant d’obtenir de l’aide sont révélateurs des besoins criants de la population.

Mme Prégent est interviewée dans un bureau de l'organisme.

Christine Prégent, représentante nationale à l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) en Outaouais

Photo : Radio-Canada

Christine Prégent souhaite que les autorités de santé trouvent des solutions pour réduire les délais, puisqu’elle se préoccupe de la situation pour la population ainsi que pour les intervenants sociaux qu’elle représente.

Un citoyen qui reçoit de l’aide 30,60,90 jours plus tard, ça amène des fluctuations des besoins autant à la hausse qu'à la baisse, ça peut s’aggraver avec les délais d’attente.

Christine Prégent, représentante nationale APTS Outaouais

    Des fonds supplémentaires pour accroître l’offre de services

    Le contexte de pandémie a forcé le gouvernement du Québec à rehausser son budget alloué aux services d’aide en santé mentale en Outaouais.

    Ce financement supplémentaire a permis au CISSS de l’Outaouais d’embaucher une quinzaine de travailleurs sociaux, d’agents de relations humaines, de psychoéducateurs et de psychologues afin de pallier à la demande croissante.

    L’enveloppe a été reconduite jusqu’en février 2022. Six autres employés pourront être embauchés sous peu également selon Pauline Mineault, la directrice par intérim du programme de santé mentale adulte au CISSS de l’Outaouais.

    Une femme accorde une entrevue via visioconférence.

    Pauline Mineault est directrice par intérim du programme de santé mentale adulte au CISSS de l'Outaouais.

    Photo : Radio-Canada

    C'est sûr que le contexte vient amplifier des symptômes qui étaient déjà présents, croit-elle. 

    L’offre de service a dû être adaptée en raison des mesures sanitaires et du contexte particulier de la pandémie. Certains groupes de soutien sont notamment offerts en plus petits groupes ou de façon virtuelle.

    Un portrait de la situation des listes d'attente est acheminé au ministère de la Santé du Québec de façon hebdomadaire pour effectuer les ajustements nécessaires au besoin.

    Des psychologues tirent la sonnette d’alarme

    L’Ordre des psychologues du Québec a mené un sondage auprès de ses membres en octobre 2020, qui révèle que la pandémie affecte la santé mentale de nombreux québécois.

    Près de 70 % des répondants ont reçu des appels d’anciens clients/patients dont l’état s’est fragilisé depuis le début de la pandémie.

    Pourcentage des psychologues du Québec qui constatent une hausse de la détresse chez leurs patients.

    • hausse de la détresse psychologique et de l’anxiété (86 %)
    • hausse des symptômes dépressifs (70 %)
    • hausse des demandes urgentes (67 %)
    • hausse de la consommation d’alcool et de drogues (46 %)
    • hausse des problèmes de concentration, de mémoire et d’attention (56 %)

    Sources : Ordre des psychologues du Québec

    Devant ce constat, les membres de l’Ordre des psychologues du Québec, tant du secteur privé que public, ont proposé leur aide au gouvernement du Québec afin d’augmenter l’offre de service en santé mentale. Le Québec compte près de neuf mille psychologues.

    Christine Grou, présidente de l'Ordre des psychologues du Québec.

    Christine Grou, présidente de l'Ordre des psychologues du Québec.

    Photo : Radio-Canada

    Selon la présidente Christine Grou, il s’agit d’une offre d’un potentiel d’environ 7000 heures supplémentaires d’accès à des services, car une proportion importante des psychologues sondés se disent prêts à augmenter leurs heures de pratique afin de venir en aide à la population dans le contexte de pandémie.

    On ne peut pas vacciner les gens pour les prémunir des séquelles que leur santé mentale aura subies.

    Christine Grou, présidente de l’Ordre des psychologues du Québec

    Christine Grou estime que la santé mentale de plusieurs Québécois va demeurer fragile, même après la fin de la vaccination contre la COVID-19 et le retour à un semblant de vie normale.

    C'est un petit peu comme si psychiquement, on courait un marathon depuis dix mois, mais on ne sait pas c'est quand le fil d'arrivée, puis finalement le marathon a été plus difficile et plus long qu'on pensait , image la présidente.

    Toute personne résidant de l’Outaouais en situation de détresse ou ayant besoin de services d’aide en santé mentale, doit composer le 811 option 2.

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