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Le quart des infections par la COVID-19 ont eu lieu au travail l'automne dernier

Pendant que le Manitoba se confinait et que la COVID-19 se répandait, le Manitoba a tenté de remonter jusqu'à l'origine des contaminations communautaires.

L'échantillon de sang contenu dans une éprouvette est marqué « positif ».

En tout, 16 000 personnes ont été infectées par la COVID-19 en 6 semaines, du 1er novembre au 15 décembre, au Manitoba.

Photo : Reuters / Dado Ruvic

Radio-Canada

Le quart des contaminations communautaires de COVID-19 au Manitoba ont eu lieu dans les entreprises l’automne dernier, selon des données de la province obtenues en vertu d'une demande d’accès à l’information de la part de CBC/Radio-Canada.

Le Manitoba a vu des centaines de cas liés à des compagnies et à des magasins après avoir exigé la fermeture de plusieurs entreprises et interdit les rassemblements privés.

Selon les données de la province, 16 000 personnes ont été infectées en six semaines, entre le 1er novembre et le 15 décembre. Parmi ces cas, 3764 étaient considérés comme des transmissions communautaires.

Les enquêteurs n’ont pu retrouver l’origine de l’infection dans 1465 de ces cas, mais les infections survenues au travail arrivent en deuxième position des transmissions communautaires.

Par la suite, le commerce de détail était à l'origine du plus grand nombre de cas de COVID-19, avec 423. Les éclosions dans les établissements de soins de santé représentaient pour leur part 380 infections.

De plus, les données montrent que 216 cas ont été liés à des transmissions dans des établissements scolaires et des garderies. La province indique que, dans certains cas, la contamination peut venir de plusieurs sources.

Pas surprenant

Le virologue à l’Université du Manitoba Jason Kindrachuk n’est pas surpris de la propagation de la COVID-19 dans les entreprises et les commerces de détail parce que ces lieux figurent parmi les rares endroits restés ouverts pendant le confinement.

Un scientifique dans son laboratoire.

Jason Kindrachuk a étudié la pandémie de 1918-1920 et fait actuellement des recherches sur la COVID-19.

Photo :  CBC / Jaison Empson

Il pense, par contre, que cela peut être le signe que les gens faisaient moins attention à la COVID-19 au travail.

Il y a toujours la question de bien-être sur les lieux de travail, déclare Jason Kindrachuk. Les gens n’adhèrent peut-être pas scrupuleusement aux mesures de contrôle des infections parce qu'ils ont accumulé une aisance, une conviction inconsciente qu'ils vont bien parce que les autres autour d'eux vont bien et que ce sont des gens en qui ils ont confiance et qu'ils connaissent.

La province recommandait pourtant le télétravail et demandait aux employeurs de faire des aménagements pour que cela soit possible, mais rien n’obligeait les entreprises à faire travailler les employés à distance.

Pendant cette période de six semaines, des centaines de nouveaux cas quotidiens ont été signalés, et le nombre des décès a atteint des niveaux inégalés. Les 439 morts survenues pendant cette période ont fait grimper à 508 le nombre de morts attribuables à la COVID-19 jusque-là au Manitoba.

L'épidémiologiste sociale de Toronto Farah Mawani affirme que d'autres facteurs pourraient entrer en jeu pour expliquer le nombre élevé de cas liés au travail constatés pendant cette période.

Des gens portant des masques, derrière des paniers d'épicerie vides, font la file à l'extérieur d'un commerce. Au premier plan, une femme vue de dos à la sortie du commerce pousse un panier rempli.

Des clients font la queue à l'extérieur d'un magasin Costco de Winnipeg, le 16 novembre 2020. Les grands magasins pouvaient alors rester ouverts, mais ne devaient vendre que des biens jugés essentiels par la province.

Photo : Radio-Canada / Tyson Koschik

Si les gens sont dans des emplois précaires, ils ne sont pas en mesure de dénoncer le manque de sécurité au travail. Ils n’ont pas le pouvoir de choisir de rester à la maison s’ils sont malades ou si un membre de leur famille est malade, dit-elle.

Les magasins sont sûrs, estime le Conseil canadien du commerce de détail

De son côté, le Conseil canadien du commerce de détail estime qu’il y a de multiples raisons pour expliquer la transmission de la COVID-19 dans les commerces, dont le fait que novembre et décembre sont habituellement les mois les plus achalandés de l’année et que les gens n’avaient pas beaucoup d’autres endroits où aller.

Toutefois, le directeur des Prairies pour les relations gouvernementales du Conseil canadien du commerce de détail, John Graham, note qu'il est important d'examiner le nombre d'infections liées aux détaillants dans le contexte du nombre total de cas pour la province,entre le 1er novembre et le 15 décembre.

Or, les données indiquent que les magasins de détail étaient liés à un peu moins de 3 % du nombre total des cas de COVID-19.

Franchement, les magasins de détail et la plupart des entreprises créent un environnement sûr, dit John Graham.

Nous pensons que les magasins de détail sont bien placés pour continuer à créer un environnement sûr pour leurs employés et pour leurs clients et nous serions déçus de pas voir les commerces de détaillants ouvrir bientôt, ajoute-t-il.

Pour le moment, les restrictions en vigueur au Manitoba ont été prolongées jusqu’au 22 janvier.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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