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Meng Wanzhou, citant la COVID-19, demande moins de restrictions à sa liberté

La Couronne s'y oppose, jugeant peu crédibles les craintes avancées par la femme d'affaires.

Meng Wanzhou sort d'une voiture devant la palais de justice.

Meng Wanzhou doit toujours être accompagnée d'agents de sécurité lorsqu'elle se déplace hors de sa résidence de Vancouver.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms/CBC

Les avocats de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, ont demandé à la Cour suprême de la Colombie-Britannique que leur cliente soit autorisée à quitter sa maison où elle vit en liberté surveillée sans la présence constante d’agents de sécurité.

Ils souhaitent qu’elle puisse le faire pendant la journée, citant sa crainte de contracter la COVID-19, mais la Couronne s’y oppose.

Chaque fois que Meng Wanzhou se déplace hors de chez elle, elle doit être accompagnée par des employés de la firme Lions Gate Risk Management qui est responsable de s’assurer que la femme d’affaires ne s’échappe pas.

Selon le mari de Meng Wanzhou, Liu Xiazong, qui a témoigné devant le tribunal lundi, sa femme, une survivante du cancer, craint que le roulement de personnel ne finisse par l'exposer à la COVID-19.

Lorsqu’elle se déplace en voiture, il y a généralement trois gardes de sécurité avec elle, incluant le chauffeur.

Mais la Couronne juge cet argument peu crédible.

En répondant au contre-interrogatoire du procureur John Gibb-Carsley, M. Liu a admis que les deux enfants de Meng Wanzhou, qui sont actuellement en visite à Vancouver, ne se sont pas soumis à une quarantaine stricte à leur arrivée de Hong Kong en octobre dernier et se sont mêlés au couple.

Il a aussi admis que Mme Meng a participé à plus d’une reprise à des événements auxquels ont participé des personnes ne faisant pas partie de sa bulle familiale, potentiellement en violation des ordonnances de la santé publique provinciale.

Meng Wanzhou, entourée de proches, fait le signe de la victoire devant le bâtiment de la Cour suprême de la Colombie-Britannique, samedi le 23 mai.

Selon la Couronne, Meng Wanzhou ne semble pas s'être toujours montrée préoccupée des risques de transmission de la COVID-19, comme ici, le 23 mai.

Photo : Ben Nelms/CBC

Liu Xiazong a notamment indiqué que la famille a pris part, le jour de Noël, à un souper dans un restaurant privé de Richmond, en banlieue de Vancouver, en compagnie de 10 autres convives, tous employés de Huawei.

C’est principalement qu’ils voulaient avoir des discussions avec Sabrina à propos de son travail, de l’affaire judiciaire, donc elle a pris ce temps pour leur parler, a expliqué M. Liu au tribunal.

Sabrina est l’un des prénoms utilisés en anglais par Meng Wanzhou.

Liu Xiazong affirme aussi que la présence constante des gardes lorsqu’ils sortent faire des activités les empêchent de profiter d’une vie de famille normale.

Couvre-feu et bracelet électronique

Après avoir payé une caution de 10 millions de dollars en décembre 2018, la haute dirigeante de Huawei, accusée par la justice américaine de fraude et de complot dans le but de contourner les sanctions appliquées par les États-Unis contre l’Iran, a été libérée sous réserve de respecter plusieurs conditions.

De 23 h à 6 h, un couvre-feu l’oblige à rester dans sa résidence de Shaughnessy, un quartier huppé de Vancouver, dont la valeur est estimée à plus de 13 millions de dollars.

Les pieds de Meng Wanzhou chaussée de talons aiguille avec le bracelet électronique à la cheville.

Meng Wanzhou doit constamment porter un bracelet électronique équipé d'un GPS.

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Le jour, elle ne peut s'aventurer hors de la région du Grand Vancouver ni s'approcher de l'aéroport international, où elle a été arrêtée par autorités canadiennes le 1er décembre 2018 à la demande des États-Unis, qui demandent son extradition.

Elle doit aussi constamment porter à sa cheville un bracelet électronique contenant un GPS, pour ne pas risquer que les policiers ne perdent pas sa trace.

Surveiller et protéger

Le PDG de Lions Gate Risk Management, Douglas Maynard, qui a lui aussi témoigné au tribunal, lundi, explique que les gardes du corps servent non seulement à surveiller Mme Meng, mais aussi à la protéger.

Sa famille n’est pas à l’abri d’actes d’extorsion, voire d’enlèvement par des groupes criminels, a-t-il avancé.

Meng Wanzhou sort de chez elle en marchant.

La directrice financière de Huawei habite dans une résidence d'une valeur de plus de 13 millions de dollars, située dans un quartier huppé de Vancouver.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms/CBC

Par ailleurs, la Couronne a révélé, lors du contre-interrogatoire du mari de Meng Wanzhou, qu’un Boeing 777 affrété spécialement pour la femme d’affaires l’attendait à l’aéroport de Vancouver, au mois de mai dernier, au cas où la décision de la juge Heather Holmes portant sur le principe de double incrimination lui aurait été favorable.

Ce jugement a plutôt donné raison au procureur général du Canada.

Des arguments peu crédibles?

L’avocat Richard Kurland, qui suit les procédures d’extradition de Mme Meng depuis le début, est d’avis que la cour a probablement été peu impressionnée par les arguments qu’a fait valoir la défense.

Nous avons des règles sur la COVID, et elles doivent être respectées, dit-il. Juste parce que vous êtes un milliardaire, ne vous donne pas le droit de vous comporter en milliardaire.

Si les relations publiques comptent pour quelque chose - et ça ne compte pas en cour - la Couronne a marqué une victoire aujourd’hui, ajoute l’avocat.

Il croit que les demandes faites aujourd’hui par Meng Wanzhou seront sans doute analysées par le public canadien, à tort ou à raison, en comparaison avec le sort des deux Canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor, emprisonnés depuis plus de deux ans en Chine dans des conditions bien pires.

Les audiences sur un possible assouplissement des restrictions à la liberté de Mme Meng doivent se poursuivre mardi. Ensuite, sa prochaine apparition en cour doit avoir lieu en mars.

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