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Deux infirmières ontariennes étaient à Washington le jour de la prise d'assaut du Capitole

Huit personnes, côte à côte, sans masque, prennent la pose pour la caméra.

Les infirmières canadiennes Kristen Nagle et Sarah Choujounian, première et deuxième à gauche, avec d'autres membres de Global Frontline Nurses sur une photo de janvier 2021 publiée sur le compte Instagram de Mme Choujounian.

Photo : Instagram/@lightingupdarkcorners

CBC News

Deux infirmières ontariennes se sont rendues à Washington le jour de la prise d’assaut du Capitole américain, le 6 janvier, pour y rejoindre un groupe qui promeut des théories conspirationnistes, suggère que « la COVID est une fraude » et affirme que les hôpitaux participent à la désinformation face à la pandémie de coronavirus.

L'Ordre des infirmières et infirmiers de l’Ontario (OIIO) affirme avoir ouvert une enquête sur le sujet.

Kristen Nagle, infirmière en soins intensifs néonatals de London et Sarah Choujounian, infirmière auxiliaire autorisée de Toronto, se sont rendues aux États-Unis la semaine dernière malgré les directives de santé publique. Selon celles-ci, les Canadiens doivent éviter tout voyage non essentiel afin de contribuer à atténuer la propagation du nouveau coronavirus.

Trois femmes prennent un égoportrait.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Mme Nagle, à gauche, et Mme Choujounian, à droite, avec un autre membre de Global Frontline Nurses en janvier 2021.

Photo : Instagram/@lightingupdarkcorners

L'OIIO confirme que les deux infirmières faisaient déjà l’objet d’une enquête avant les plus récents développements. Elles ont participé à des manifestations contre les mesures sanitaires au Canada par le passé. L’OIIO affirme aussi enquêter sur leur plus récent voyage, durant lequel elles ont participé à un événement organisé par Global Frontline Nurses (GFN).

Les membres de ce groupe affirment que les hôpitaux du monde entier faussent intentionnellement les données liées à la COVID-19 en mettant inutilement des patients sous respirateur et en donnant des diagnostics positifs de COVID-19 à des gens qui n’ont pas la maladie afin de faire de l’argent grâce à la crise. 

L’OIIO enquête sur ces membres et nous sommes au courant des informations indiquées, a déclaré la porte-parole Angela Smith en réponse aux questions de CBC News.

Mme Smith a ajouté qu’elle ne peut fournir plus de détails sur l’enquête en cours en raison des règles internes de l’Ordre.

C'est choquant

Doris Grinspun, PDG de l'Association des infirmières et infirmiers autorisés de l'Ontario (AIIAO), qualifie les points de vue défendus par Global Frontline Nurses de pure théorie de la conspiration

C'est dommageable, parce que ce dont les gens ont besoin, ce sont des informations factuelles, a déclaré Mme Grinspun en entrevue à CBC News. Elle a ajouté qu’elle a déposé une plainte contre Mme Nagle auprès de l'Ordre pour ses activités passées.

Entendre ça de la bouche d’une collègue [...] c'est choquant.

Doris Grinspun, PDG de l'AIIAO

Les membres du GFN se sont rassemblés sur les marches du Capitole à Washington D.C., le 6 janvier dernier, quelques minutes avant que des milliers de partisans du président américain Donald Trump ne prennent d’assaut le Capitole pour tenter d'empêcher la certification des résultats de l'élection présidentielle.

Selon un communiqué de presse publié avant le rassemblement, GFN avait l’intention de partager des informations sur la fraude qu’est la COVID-19 et la corruption dans les hôpitaux.

Elles ont participé à d’autres événements

Les deux infirmières ne sont pas étrangères à la controverse publique. Elles ont toutes deux participé à des rassemblements contre le port du masque et les mesures de confinement imposées par le gouvernement pendant la pandémie COVID-19.

Mme Nagle, qui travaille comme infirmière au London Health Sciences Centre (LHSC), a été l'une des organisatrices d'un rassemblement contre le port du masque dans le parc Victoria de London en novembre. Celui-ci a donné lieu à un certain nombre d'accusations en lien avec les règles sanitaires en vigueur.

Depuis ce rassemblement, Mme Nagle fait l'objet d'une enquête menée par l’OIIO ainsi que par son employeur. Une porte-parole du LHSC a déclaré qu'elle restera en congé sans solde en attendant les résultats de l'enquête.

Erinor Jacob-Levine a déclaré à CBC News dans un courriel que le LHSC est au courant du voyage de Mme Nagle au sud de la frontière. 

Nous voulons assurer à notre communauté que nous prenons cette situation et ses nouveaux développements très au sérieux, a déclaré Mme Jacob-Levine.

Bien que nous ne soyons pas en mesure d'aborder les détails d'une enquête interne pour des raisons de confidentialité, la protection de la santé de nos patients et de leurs familles, du personnel et des médecins est de la plus haute importance et reste notre priorité absolue.

Renvoyée d'une maison de retraite

Mme Choujounian travaille actuellement pour S.R.T. MedStaff, selon l'OIIO. L'entreprise se décrit comme un fournisseur de premier plan de services de soins infirmiers et de soutien personnel à plus de 30 hôpitaux de la région du Grand Toronto.

Carolyn Acton, vice-présidente des services aux patients et des opérations de S.R.T. MedStaff, a déclaré dans un courriel que la société ne pouvait pas discuter des voyages de Mme Choujounian pour des raisons de confidentialité.

Cependant, elle a indiqué que des politiques sont en place pour empêcher le personnel qui a voyagé à l'extérieur du pays d'entrer en contact avec les patients.

Actuellement, tout membre du personnel qui a voyagé à l'extérieur du Canada est tenu de s'isoler pendant 14 jours et de contacter la santé publique, a écrit Mme Acton. À la fin de la période d'isolement de 14 jours, nous procédons à un nouveau contrôle du personnel et exigeons également qu'il obtienne une autorisation de la santé publique avant d'être réintégré dans son travail.

Une vidéo YouTube montre Mme Choujounian dire à une foule lors d'un rassemblement anticonfinement à Toronto en novembre qu'elle a été licenciée de son travail à la Norfinch Care Community, une maison de retraite du quartier North York de Toronto, pour avoir dit la vérité et partagé son opinion sur la pandémie en ligne.

Sienna Senior Living, la société propriétaire de Norfinch Care Community, a confirmé lundi à CBC News que Mme Choujounian n'est plus une employée de la maison de retraite, mais n'a pas voulu donner plus de détails, invoquant des raisons de confidentialité.

Menaces de mort et de harcèlement, selon GFN

Jeff Louderback, un porte-parole de GFN, a confirmé que les deux infirmières canadiennes ont assisté à l'événement du 6 janvier, mais a déclaré, par message texte à CBC News, que Mmes Nagle et Choujounian n'étaient pas disponibles pour des entrevues, car elles ont fait l'objet de menaces de mort et de harcèlement.

CBC News a tenté de contacter Mme Choujounian sur les médias sociaux et n'a reçu aucune réponse.

Des tentatives ont également été faites pour contacter Mme Nagle - ainsi que son frère - par le biais de ses comptes sur les médias sociaux. Aucune réponse n’a été fournie.

Les infirmières ont documenté leur voyage et l'événement du GFN sur les médias sociaux.

Elles ont été vues avec d'autres membres du GFN dans une vidéo publiée sur le compte Instagram de Mme Nagle la semaine dernière. La vidéo a été rendue privée à la suite des reportages des médias sur le voyage, mais a été vue par CBC News alors qu'elle était encore publique.

Dans la vidéo, Mmes Nagle et Choujounian figurent avec au moins cinq autres personnes à l'intérieur de ce qui semble être une chambre d'hôtel. Aucune des personnes sur la vidéo ne porte de masque.

Elles racontent avoir assisté à un rassemblement pro-Trump qui s'est tenu mercredi dernier près de la Maison-Blanche, quelques heures avant l’assaut du Capitole.

Je reçois sans cesse des messages me demandant si nous allons bien. Nous sommes tous en sécurité, dit Mme Nagle dans la vidéo avant de passer son téléphone à Mme Choujounian, qui parle de porter un drapeau pro-Trump de peur d'être prise pour une supportrice d’antifa parce qu'elle est toute vêtue de noir.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

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