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La pandémie révèle le manque d'espaces de loisirs extérieurs à Winnipeg

Une femme portant un masque patine sur une rivière gelée, avec les bâtiments de la Fourche en arrière-plan.

Le sentier d'hiver de La Fourche, à Winnipeg, a officiellement ouvert mardi matin, permettant aux Manitobains de pratiquer des activités extérieures tout en respectant les mesures sanitaires en vigueur.

Photo : Radio-Canada / Gilbert Rowan

Le sentier hivernal de La Fourche a officiellement ouvert mardi matin, mais les Winnipégois n’ont pas attendu cette ouverture pour profiter des joies de l’hiver. De nombreuses infrastructures d’initiative privée ont vu le jour dans la ville afin de compenser le manque d’espaces publics de loisirs.

La pandémie a montré au grand jour le manque d’installations publiques facilement accessibles en tout temps dans la capitale manitobaine. La plupart des infrastructures municipales sont fermées en raison des ordres sanitaires, ce qui a poussé de nombreuses personnes à prendre les choses en main et à construire leurs propres installations.

Je pense que, cette année, on a vu beaucoup, beaucoup plus de gens créer des patinoires, constate le conseiller municipal de Saint-Boniface, Mathieu Allard.

Une personne patine sur une rivière. La photo ne montre que ses patins sur la rivière, de dos.

Patiner sur les plans d'eau gelés, voilà une des joies de l'hiver chères aux Manitobains.

Photo : Radio-Canada / Ron Boileau

Du fait que la Ville est incapable de fournir les installations habituelles à cause des règles sanitaires, beaucoup de gens ont pris l’initiative de construire les leurs et on en voit beaucoup sur les étangs de rétention, ajoute le conseiller de Saint-Norbert-Rivière-Seine, Markus Chambers.

Pistes de patinage, terrains de hockey, de curling ou encore labyrinthes de neige, les habitants de la capitale manitobaine ont fait parler leur ingéniosité dans la construction de nouvelles infrastructures.

Le manque d’espaces sociaux révélé par la pandémie

Cette réaction des habitants, Marc Vachon, professeur associé à l’Université de Winnipeg spécialisé en urbanisme, l’explique par le fait qu'ils ont essayé de changer et transformer leur environnement urbain [pour répondre à leurs besoins].

La pandémie fait réaliser aux gens qu’une ville, ce n’est pas pour les automobiles, mais pour la communauté et que notre ville est faite pour pour les voitures et pas pour les piétons, ajoute-t-il.

Le manque d’espaces publics où les gens peuvent se rencontrer est typique des villes de l’Ouest canadien, selon le professeur associé, et résulte en bonne partie du fait qu’elles ont souffert d’étalement urbain.

Ça crée un manque de densité et c’est alors très difficile d'aménager des espaces publics communautaires tels que des places ou d’autres lieux de rassemblements.

L’étalement urbain, ça ne crée pas des parcs et des espaces sociaux. On en a quelques-uns, mais ce n’est pas assez.

Marc Vachon, professeur associé à l’Université de Winnipeg spécialisé en urbanisme

Révolution urbaine à venir?

La tendance actuelle pourrait cependant être plus profonde, et Markus Chambers espère qu’elle continuera après la pandémie.

Winnipeg a ouvert des rues aux cyclistes et aux piétons l’an dernier. Cela a été un énorme succès et j’espère qu’on va continuer cette année, affirme le conseiller de Saint-Norbert-Rivière-Seine.

J’espère que les rues ouvertes aux vélos pourront devenir des installations permanentes, ajoute, pour sa part, Mathieu Allard. Un rapport de l’administration municipale sur ce sujet est d’ailleurs attendu en février.

Ces petites réflexions semblent indiquer qu’une nouvelle manière de penser la planification d’une ville comme Winnipeg est en train d’émerger du côté des élus. À Winnipeg, il y a un changement de mentalités dans la planification, constate Marc Vachon.

Par exemple, on a eu des consultations pour les logements intercalaires, ces maisons qui peuvent remplir les terrains vides entre deux bâtiments et accroître la densité, note-t-il.

Deux affiches indiquent qu'il s'agit d'un sentier pour le patinage, et qu'il faut respecter la distanciation physique.

En pleine pandémie, les Manitobains qui font des activités extérieures sont appelés à respecter la distanciation physique.

Photo : Radio-Canada / Gilbert Rowan

Toutefois, Winnipeg va devoir composer avec son étalement urbain, qui complique beaucoup de choses dans le développement d’une ville du 21e siècle. Le transport en commun, par exemple, est plus difficile à organiser dans une ville qui s’étend sur des kilomètres.

Un des défis de Winnipeg sera l’étalement ou la construction d’espaces sociaux qui vont être flexibles, inclus dans des édifices, des quartiers…, dit le professeur associé en urbanisme.

Certains élus, pour leur part, se disent prêts à travailler sur des améliorations notoires pour répondre aux tendances révélées par la situation actuelle.

La pandémie nous a clairement montré qu’il y a un besoin pour les gens d’être dehors, dans des espaces publics, et cela va nous forcer à voir comment on s’adapte à cette tendance à l’avenir, affirme Markus Chambers.

On pourrait commencer par examiner nos terres libres existantes pour voir comment nous pouvons créer plus d’infrastructures pour les gens dans leur quartier, et reconnaître le besoin de plus d'espaces communautaires à mesure que nous progressons, mentionne-t-il à titre d'exemple.

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