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Grève des chauffeurs d’autobus en mai 2019 : Winnipeg coupable de pratique déloyale

Un autobus de la Ville sur lequel on peut lire les mots : Take a free ride, ou obtenez un passage gratuit.

Lors du conflit, les chauffeurs d'autobus n'ont pas exigé que les usagers paient leur billet de transport.

Photo : Radio-Canada / Gary Solilak

Radio-Canada

La Ville de Winnipeg a commis une pratique déloyale lorsqu’elle a menacé des chauffeurs d’autobus en grève « d’action disciplinaire » il y a deux ans, a tranché la Commission du travail du Manitoba.

En mai 2019, le syndicat des employés de la Transit de Winnipeg, la section locale 1505 de l'Amalgamated Transit Union (ATU), qui représente environ 1400 travailleurs, a demandé aux chauffeurs de ne pas réclamer les tickets et les paiements des passagers.

La Ville a réagi en affirmant que les chauffeurs pourraient se voir sanctionner s’ils suivaient la directive de leur syndicat.

Le syndicat et ses membres étaient en grève légale à ce moment-là.

La Commission du travail du Manitoba a annoncé son verdict sur l’incident cette semaine. Elle affirme que les actions du syndicat faisaient partie de leurs activités de grève et que la Ville n’avait pas le droit de menacer les chauffeurs.

Menacer des employés qui participent à une activité de grève légale est une pratique déloyale grave, qui frappe le cœur de cette mesure législative, indique la décision.

Si la Ville n’est pas d’accord avec cette décision, l’affaire pourrait être envoyée devant un arbitre.

Le président du syndicat, Romeo Ignacio, souhaite que la Ville reconnaisse ses erreurs et qu’elle s’engage à rebâtir une relation avec le syndicat et ses membres.

La Ville examine la décision et ne fait pas de commentaires pour le moment, dit un porte-parole municipal.

« Une victoire pour les travailleurs »

Le 14 mai 2019, la Ville de Winnipeg a publié l'avertissement suivant : Toute défaillance à suivre les responsabilités de votre rôle tel qu’il est décrit dans le Manuel des chauffeurs d’autobus, d’autres documents, ou fourni verbalement, par des superviseurs, pourrait avoir pour résultat des actions disciplinaires.

À ce moment-là, le chef des Services généraux de Winnipeg, Michael Jack, a dit aux médias qu’il y aurait des conséquences d’emploi possibles pour tout employé de la Ville qui ne faisait pas correctement son travail.

La décision de la Commission du travail note que le manuel des chauffeurs d’autobus décrit le devoir du chauffeur comme étant d’informer les passagers du prix d’un ticket, mais pas d'appliquer la collecte des tickets ou des paiements.

L’ancien employé du syndicat qui a écrit la note recommandant aux chauffeurs de ne pas tenir compte des paiements et des tickets des passagers, Zach Fleisher, qualifie cette décision de victoire pour les travailleurs.

Il croit que la Ville a adopté une position politique sans obtenir ou sans suivre des conseils juridiques. La question pour la Ville, avec cette décision, c’est : qu’avez-vous appris?, ajoute-t-il.

La Commission du travail note qu’elle aurait pu imposer à la Ville une amende de 2000 $ par chauffeur d’autobus. Cependant, le syndicat réclame seulement de la Ville qu'elle reconnaisse ses torts, et non de l’argent.

Nous comprenons les défis que la Ville doit relever à cause de la pandémie, et réclamer une compensation monétaire va seulement aggraver la capacité de la Ville à améliorer les transports publics pour les Winnipégois, déclare Romeo Ignacio.

La Ville et le syndicat ont conclu une entente au sujet d'un nouveau contrat en 2019.

Avec les informations de Sean Kavanagh

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