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Archives

Denise Filiatrault : la passion de la comédie

Visage souriant de Denise Filiatrault.

Denise Filiatrault à l'émission Les 2D, le 7 janvier 1970.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Denise Filiatrault cumule plus de 70 ans de carrière artistique. À travers nos archives, découvrez le parcours de cette touche-à-tout devenue, chanteuse, comédienne, réalisatrice, scénariste et directrice de théâtre. Une artiste vaillante, aussi talentueuse que passionnée.

Celle qui voulait tout faire

Née le 16 mai 1931 dans le quartier du Plateau Mont-Royal à Montréal, Denise Filiatrault a toujours su ce qu’elle voulait devenir. Enfant elle chante, danse la claquette et monte des pièces de théâtre pour les parents et amis.

Elle participe à des concours amateurs. Son amour du théâtre est grand, mais ses parents n’entendent pas lui faire suivre des cours d’art dramatique. Ils préfèrent la voir un exercer le métier de sténodactylo à l’Impôt sur le revenu. Un emploi qu’elle occupera durant trois ans avant de commencer à travailler dans les cabarets à l’âge de 17 ans.

Il n’y avait pas d’autres endroits que le cabaret pour montrer ses talents. Il y avait le théâtre bien sûr, mais je n’avais pas fait d’études théâtrales. (…) Je voulais être danseuse, je voulais jouer la comédie, je voulais chanter… Je voulais tout faire.

Une citation de :Denise Filiatrault

Son père policier, ancien patrouilleur dans le Red Light montréalais, n’aime pas la savoir dans les cabarets. Mais la jeune femme a la tête dure et ne souhaite que monter sur une scène. Devant tant de détermination et de sérieux, Armand Filiatrault ne peut qu’accepter le choix de carrière de sa fille.

Une pionnière du petit écran

L’artiste se produira entre autres au populaire Faisan doré et sera de la troupe Le Beu qui rit avec son mari, Jacques Lorain. La troupe, aussi composée de Paul Berval, Dominique Michel, Denis Drouin et Roger Joubert, remporte beaucoup de succès et est souvent invitée à l’émission Music Hall. Denise Filiatrault devient une habituée du plateau de cette grande émission de variétés.

Music-hall, 12 mars 1961

On peut la voir dans cet extrait du 12 mars 1961. Elle y chante Je suis la femme, entourée de danseurs qui s’exécutent sur une chorégraphie de Michel Conte.

De 1957 à 1966, elle tient le rôle de Délima Poudrier dit la Grand Jaune, dans le populaire téléroman Les belles histoires des Pays d’en haut.

C’est à partir de 1966 qu’elle commence à jouer son rôle de Denise Létourneau dans la comédie de situation, Moi et l’autre. Le duo de colocataires qu’elle formera avec Dominique Michel (Dominique André) fera rire le Québec en entier de 1966 à 1971.

Moi et l’autre, 21 mars 1967

À l’époque, Moi et l’autre brisait quelques tabous. On y suivait les péripéties de deux femmes libres et célibataires. Cet extrait diffusé le 21 mars 1967 montre bien la dynamique entre les deux amies. Denise initie l’action et tente de convaincre Dominique d’embarquer dans son plan pour séduire un nouveau résident de l’immeuble.

Dans cette entrevue présentée à l’émission Les 2D le 7 janvier 1970, la comédienne donne quelques conseils de métier à des étudiants du Conservatoire du Music-Hall de Jacqueline Vézina, une école artistique privée.

C’est avec le regard pétillant et le sourire dans la voix qu’elle parle de la persévérance dont elle a dû faire preuve pour percer dans le monde du spectacle.

Les 2D, 7 janvier 1970

Au cabaret, on apprenait d’une façon très très dure. Il fallait vouloir. On passait des auditions, on était refusé, on y retournait une fois, deux fois... On n’avait pas de cœur, parce qu’on voulait vraiment. Si je suis là aujourd’hui, c’est à force de les avoir embêtés. (rires)

Une citation de :Denise Filiatrault

Au cours des années 1970 et 1980, Denise Filiatrault sera de la distribution de films notoires dont La mort d’un bûcheron (1973) et Les Plouffe (1981) de Gilles Carle où elle tient le rôle de Cécile Plouffe.

L'importance de l’œuvre de Michel Tremblay

Fin août 1968, la pièce Les Belles-sœurs est présentée pour la première fois au Théâtre du Rideau vert. Denise Filiatrault y interprète Rose Ouimet, un rôle qui sera déterminant pour sa carrière.

Superstar, 27 septembre 1981

Le 27 septembre 1981, à l’époque où elle scénarise et joue dans Chez Denise, une série humoristique en ondes de 1979 à 1982, l’animateur Jacques Boulanger la reçoit à son émission Superstar.

L’auteur Michel Tremblay est également présent sur le plateau. C’est une actrice qui joue avec les autres, qui a une générosité sur scène et qui n’est pas toute seule dira Tremblay de sa grande amie.

L’auteur écrira d’autres rôles pour Denise Filiatrault. Le public la verra dans Demain matin Montréal m’attend et Il était une fois dans l’Est. Il lui fera également une place dans son adaptation de Lysistrata.

En avril 1969 est présentée à la télévision la pièce de Michel Tremblay Trois petits tours. Denise Filiatrault, qui tient le rôle de Carlotta, donne la réplique à Jacques Godin. Un extrait est diffusé à l’émission Le Théâtre à la télévision le 11 septembre 1977.

Le théâtre à la télévision, 11 septembre 1977

Si Denise Filiatrault a brillamment interprété les rôles de Michel Tremblay, elle a aussi su rendre hommage à son œuvre par la mise en scène de pièces de théâtre : Les Belles-sœurs (1994), Demain matin Montréal m’attend (1995 et 1999) et par la réalisation de films : C’t’à ton tour Laura Cadieux (1998) et Laura Cadieux… la suite… (1999).

Une nature pour mettre en scène et diriger

Le 17 mai 2016 au Téléjournal, la journaliste Louise Rousseau s’entretient avec Denise Filiatrault qui vient tout juste de célébrer ses 85 ans.

Téléjournal, 17 mai 2016

La grande dame du show-business explique qu’elle préfère désormais diriger et mettre en scène que jouer.

Celle qui est devenue directrice du Théâtre du Rideau vert à 73 ans, après y avoir mis en scène de nombreuses pièces, explique que c'est la passion qui l'a menée partout.

En comédie, le sens du rythme, du « punch » est important. Les spectateurs ne doivent jamais s’ennuyer. Captiver et amuser le public, c’est ce qu’elle s’est toujours efforcée de faire tant devant que derrière le rideau et la caméra.

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