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Vague de racisme contre une Première Nation victime d'une éclosion de COVID-19

Des personnes se promènent dans le centre-ville de Duncan.

La municipalité de Duncan est le théâtre de comportements racistes, selon sa mairesse.

Photo : CHEK News / Skye Ryan

Onze élus et dirigeants de l'île de Vancouver ont dénoncé dans une lettre, lundi, le racisme dont sont victimes les membres de la Première Nation Cowichan, car 70 personnes y ont contracté le virus qui cause la COVID-19.

Dans la lettre publiée dans la presse locale et sur les réseaux sociaux, le groupe de dirigeants de Cowichan se dit dégoutté par la réaction raciste de certains membres de la communauté envers des membres de la Première Nation Cowichan à cause des cas de COVID-19 dans cette communauté .

Nous ne devons pas tolérer le racisme et nous avons tous un rôle actif à jouer pour mettre fin aux paroles et aux comportements racistes.

Lettre du groupe des dirigeants de Cowichan

Le groupe est composé du chef autochtone William Seymour, de la députée provinciale Sonia Furstenau, du député fédéral Alistair MacGregor, de plusieurs maires, de la présidente de l'Université de l'Île de Vancouver et des représentants de la Gendarmerie royale du Canada et de la régie de la santé Island Health.

Commencez par remettre en question vos préjugés, écrivent-ils. Si vous entendez ou voyez quelqu'un être raciste en ligne ou en personne, ne vous taisez pas et soutenez ceux qui réagissent.

Les élus et les dirigeants locaux rappellent qu'il est faux de penser que la pandémie ne touche que les Autochtones. Ils expliquent que l'autorité de santé des Premières Nations de la Colombie-Britannique fait preuve d'une transparence particulière, contrairement à la province qui ne dévoile pas dans quelles municipalités apparaissent les nouveaux cas.

À North Cowichan, par exemple, le maire, Al Sebring, dit qu'il n'a aucun moyen de savoir combien de personnes ont été infectées par le SRAS-CoV-2 jusqu'à maintenant, mais il est certain que le virus se répand aussi facilement parmi les non-Autochtones que parmi les Autochtones.

Le virus ne discrimine pas et nous devrions faire de même, a-t-il écrit, dimanche, sur Facebook.

Un panneau aux couleurs de la Première Nation invite les automobilistes à rester chez eux et à respecter les règles sanitaires.

Les 5000 membres de la Première Nation Cowichan sont invités à rester chez eux, sauf pour des déplacements essentiels, jusqu'au 22 janvier.

Photo : CHEK News / Skye Ryan

Des cas de discrimination dans les commerces

Un membre de la Première Nation Cowichan, Leslie Sam, dit que les actes racistes se sont multipliés depuis le début de la pandémie.

Il raconte que, dans le magasin Sport Chek de Duncan, une employée est devenue très nerveuse quand il lui a présenté sa carte de statut d'Indien, une pièce d'identité délivrée en vertu de la Loi sur les Indiens.

Elle semblait s'y intéresser beaucoup et ne cessait de l'essuyer et de la désinfecter au point que j'ai dû attendre pendant un moment, se souvient-il. Ça donnait l'impression que, puisque je suis Autochtone, je suis infecté et malsain.

Une autre membre de la Première Nation, Barb Jimmy, dit que son dentiste a annulé un rendez-vous à cause de l'augmentation des cas de COVID-19 dans la communauté autochtone. Elle raconte que le cabinet dentaire lui a seulement demandé si elle habitait toujours dans la Première Nation, sans lui poser les questions réglementaires sur son état de santé et ses voyages récents.

Cette attitude est immorale et contraire à l'éthique.

Barb Jimmy, membre de la Première Nation Cowichan
Sur la porte d'entrée de ce restaurant, un affiche indique que la salle à manger est fermée en raison d'une interdiction faite aux membres de la Première Nation Cowichan de sortir de chez eux.

Des commerces de Duncan et des environs, comme ce Tim Hortons qui a fermé son hall d'entrée, prennent des mesures supplémentaires face à la montée des cas de COVID-19 dans la Première Nation Cowichan.

Photo : CHEK News / Skye Ryan

Un restaurant Tim Hortons de Duncan a par ailleurs annoncé la fermeture de sa salle à manger, invoquant l'obligation pour les membres de la Première Nation de rester chez eux.

Pourtant, note le groupe des dirigeants de Cowichan, cet ordre édicté par le conseil de bande n'interdit pas aux résidents de la communauté autochtone d'aller acheter de la nourriture et d'autres biens essentiels et de se rendre à un rendez-vous médical, à l'école ou au travail.

Nous devons faire preuve d'empathie, de compassion, de compréhension et de gentillesse, affirment les signataires de la lettre.

Début de la vaccination mercredi

Après les résidents de centres de soins de longue durée et les membres du personnels de santé, les communautés autochtones éloignées sont prioritaires pour recevoir le vaccin contre la COVID-19.

Les membres de la Première Nation Cowichan âgés de plus de 65 ans pourront donc être vaccinés dès mercredi, a annoncé la régie de la santé Island Health.

Avec les informations de CHEK News et de On the Island

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