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Projections : entre 10 000 et 40 000 cas quotidiens en Ontario… ou même plus

Dr Adalsteinn Brown lors d'une conférence de presse en avril 2020.

Le Dr Adalsteinn Brown, coprésident de la table de consultation scientifique sur la COVID-19 de l'Ontario, a présenté les nouvelles projections de modélisation, mardi. (Archives)

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Le nombre de cas quotidiens de COVID-19 en Ontario pourrait atteindre 20 000 ou 40 000. De plus, la présence du nouveau variant - initialement décelé au Royaume-Uni - dans la province pourrait faire doubler ces projections si aucune autre mesure n'est prise pour freiner la transmission du virus.

C’est ce que dévoilent les projections publiées par le comité consultatif d'experts de l'Ontario sur la modélisation, mardi matin.

Il est prudent de dire que, si nous atteignons un taux de reproduction de 5 % - ce qui est tout à fait possible - nous ferons face à 20 000 [nouveaux cas de COVID-19] par jour d'ici la mi-février. Et si nous arrivons à quelque chose de pire, un taux de reproduction de 7 % - et nous avons connu quelques jours de reproduction de 7 % - nous ferons face à plus de 40 000 cas par jour d'ici la mi-février, selon le Dr Adalsteinn Brown.

Avec un taux de reproduction entre 3 et 5 % [...] nous sommes à peu près exactement là où la France, le Royaume-Uni et les Pays-Bas étaient au même stade de leur croissance pandémique. Nous sommes confrontés au même type de reproduction qu’au moment où ces pays ont décidé de prendre des mesures décisives, a-t-il ajouté.

Un graphique qui dévoile des donnéesAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Selon les projections de modélisation, le nombre de nouveaux cas quotidiens de COVID-19 en Ontario pourrait augmenter rapidement si rien n'est fait.

Photo : offerte par la table de consultation scientifique sur la COVID-19 de l'Ontario

Le Dr Brown a fait ces déclarations lors du point de presse durant lequel il a dévoilé les plus récentes projections de modélisation de la province. Il est doyen de l'École de la santé publique Dalla Lana de l'Université de Toronto et coprésident du comité consultatif d'experts de l'Ontario sur la modélisation.

Le gouvernement de l'Ontario a annoncé de nouvelles mesures de confinement quelques heures après la fin de la présentation du Dr Brown.

Le scénario le plus positif dévoilé par les nouvelles projections de modélisation se situe à un taux de reproduction de 1 %, ce qui entraînerait 5000 nouveaux cas chaque jour dans la province.

Le nouveau variant, une variable inquiétante

Le Dr Brown a aussi souligné qu’il était possible que le nouveau variant - celui récemment découvert au Royaume-Uni, qui a été baptisé B.1.1.7 - fausse complètement ces projections de modélisation.

Si B.1.1.7 se propage dans la communauté, le temps de doublement des cas pourrait tomber à 10 jours en mars.

Dr Adalsteinn Brown

Cela signifie que le nombre de nouveaux cas de COVID-19 pourrait se multiplier par deux tous les 10 jours.

Ces estimations ont été faites en supposant que le nouveau variant soit 56 % plus contagieux par rapport aux autres variants en circulation et que le premier cas du variant est arrivé dans la province à la mi-octobre.

Le premier cas du variant a été officiellement découvert en Ontario à la fin de décembre. Les deux personnes qui l’ont contracté font d’ailleurs face à des accusations en lien avec cette situation.

Le Dr Troy Day, qui a travaillé à établir les projections publiées mardi, explique en entrevue à Radio-Canada que le nouveau variant a le potentiel de multiplier le nombre de cas de manière exponentielle. 

Un graphique présentant des donnéesAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Selon les projections de modélisation publiées mardi, le nombre de nouveaux cas de COVID-19 pourrait se multiplier très rapidement en raison du nouveau variant.

Photo : offerte par la table de consultation scientifique sur la COVID-19 de l'Ontario

Selon le Dr Brown, si nous avons eu un cas introduit en Ontario à la mi-octobre [...], la maladie commence à atteindre un taux de reproduction des cas presque vertical en mars. Faisant référence au graphique ci-dessus, il ajoute que les points rouges commencent à devenir verticaux; vous pouvez voir à quelle vitesse le nouveau variant domine la transmission et conduit à une quantité de cas beaucoup plus élevée et à un taux de transmission beaucoup plus rapide.

Le Dr Day ajoute que cette projection reste vraie si le premier cas est réellement entré dans la province à la fin de décembre. Il suffit de la repousser de deux mois, explique-t-il.

Il y a donc un réel risque que le nombre de cas se multiplie par deux tous les 10 ou 14 jours d'ici le mois de mai, selon le Dr Day.

Celui-ci tient d'ailleurs à préciser que ces projections supposent que le nouveau variant se comportera au Canada comme il le fait au Royaume-Uni. Ce ne sera peut-être pas le cas.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

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