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Les vaccins protégeront-ils contre les nouvelles déclinaisons du virus SRAS-CoV-2?

Une modélisation de virus en 3D.

Les experts affirment que le nouveau variant se répand plus facilement et plus rapidement. Il serait 50 % à 74 % plus contagieux que les autres souches.

Photo : getty images/istockphoto / vchal

Avec la propagation grandissante de nouveaux variants du virus causant la COVID-19, plusieurs s’inquiètent de leur effet sur l’efficacité des vaccins. Les fabricants sont à l’œuvre pour s’assurer que les doses actuelles sont toujours adéquates.

Une étude préliminaire menée par la compagnie Pfizer, en collaboration avec des chercheurs de l’Université du Texas, a montré que le vaccin Pfizer-BioNTech offrait bel et bien une protection contre la mutation N501Y. Cette mutation est présente à la fois sur les variants du virus découvert en Grande-Bretagne et en Afrique du Sud.

Bien qu’il s’agisse d’une étude préliminaire qui n’a pas encore été révisée par d’autres chercheurs, ces résultats sont de bon augure, affirme Benoit Barbeau, virologue et professeur au Département des sciences biologiques de l’Université du Québec à Montréal. Il faudra attendre une confirmation, mais cela confirme ce qui avait été suggéré par d’autres travaux.

Pour prouver cette efficacité, les chercheurs ont isolé des anticorps présents dans le sang de 20 patients ayant reçu le vaccin Pfizer-BioNTech à la 2e puis à la 4e semaine après la deuxième dose du vaccin. En exposant ces anticorps aux différents variants en laboratoire, ils ont pu montrer que l’efficacité des anticorps à neutraliser le virus n'était pas réduite.

Bien que cette étude préliminaire semble rassurante, elle ne garantit pas que le vaccin reste efficace contre l’apparition possible de nouveaux variants.

En ce qui concerne le vaccin de Moderna, lui aussi administré au pays, aucun résultat n’est actuellement disponible concernant son efficacité contre les variants britanniques et sud-africains.

La compagnie affirme toutefois que cette question est actuellement à l’étude. Dans un précédent communiqué, publié en décembre, Moderna affirmait que son vaccin s’était montré efficace contre d’autres variants apparus plus tôt dans la pandémie.

Des mutations inégales

Ce ne sont pas toutes les mutations du virus SRAS-CoV-2 qui pourraient menacer l’efficacité de la vaccination.

Celles qui sont importantes pour le vaccin comportent la protéine Spike, la protéine à la surface du virus qui permet son entrée dans la cellule.

C’est sur elle que se sont concentrées les recherches et elle est la cible principale des vaccins. Si cette protéine change trop, des questions devront se poser.

Or, la protéine Spike est une cible particulièrement grosse à la surface du virus. Quand on dirige une réponse immunitaire contre cette protéine, les anticorps sont en mesure de reconnaître plusieurs endroits différents à sa surface et de s’y attacher.

Toujours selon le professeur Barbeau, il y a de fortes chances que les mutations du virus n’influent pas sur l’ensemble des régions ciblées, et ainsi que l’efficacité des vaccins se maintienne.

Les vaccins utilisés contre la COVID-19 offrent également un autre avantage.

Dans l’éventualité où les mutations diminueraient leur efficacité actuelle, ces vaccins sont beaucoup plus faciles à ajuster que des vaccins dits classiques.

Les vaccins à ARN utilisés contre le virus de la COVID-19 sont très flexibles. Il n’y a pas de matériel biologique du virus qui entre dans sa composition, rappelle le virologue. Il utilise uniquement du matériel génétique que nous avons assemblé en laboratoire. Cela veut donc dire qu’on n’a pas besoin de cultiver le virus pendant des semaines pour produire un nouveau type de vaccin, on peut tout réajuster directement en laboratoire.

Pour beaucoup de chercheurs, il n’est toutefois pas viable d’envisager d'ajuster le vaccin à chaque nouveau variant, puisque cela complexifierait beaucoup trop la campagne vaccinale.

Stratégie sous surveillance

Une autre question vient des changements récents dans le calendrier de vaccination de la population.

De plus en plus de pays s’engagent à utiliser leurs doses de vaccins pour immuniser le plus grand nombre de personnes possible plutôt qu'à administrer rapidement les deux doses prescrites à une population nécessairement plus restreinte, compte tenu des doses pour l'instant disponibles.

Cela soulève une question : est-ce qu’un retard de l'administration de la seconde dose pourrait favoriser l’apparition de variants résistant au vaccin?

Une interrogation que soulève Benoit Barbeau. Les conséquences d’une modification du calendrier de vaccination, c’est la question qui tue, et la réponse n’est pas claire. Des variants peuvent apparaître autant si on immunise bien une petite proportion de la population que si on immunise plus faiblement une large partie de la population.

En entrevue à l’émission Les années lumière, Sandrine Moreira, responsable de la génomique au Laboratoire de santé publique du Québec, affirmait qu’un changement de calendrier de vaccination avantage le virus, mais que ce risque est purement théorique.

Jusqu’à maintenant, les études montrent que l’efficacité du vaccin de Pfizer-BioNTech atteint 92,3 % deux semaines après la première dose. Chez les personnes qui reçoivent la seconde dose, l’efficacité du vaccin monte à 94,8 %.

En ce qui concerne le vaccin de Moderna, des tests similaires suggèrent que son efficacité serait de 80 % à 90 % après une première dose.

Il manque toutefois de l’information en ce qui concerne la durée de cette immunité si on ne reçoit qu’une seule dose de l’un ou l’autre de ces vaccins.

Selon Sandrine Moreira, la surveillance de nouveaux variants sera renforcée au Québec où on va désormais séquencer le génome du virus chez 10 % des échantillons positifs plutôt que 5 %, afin de détecter rapidement d’éventuelles mutations.

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