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Prise d'assaut du Capitole : les autorités envisagent des centaines d'inculpations

Des émeutiers pourraient faire face à de graves chefs d'accusation, notamment de conspiration séditieuse.

Michael Sherwin parle dans un micro devant un grand panneau où est inscrit : Département de la Justice, Washington.

Selon Michael Sherwin, le département américain de la Justice et le FBI se trouvent devant la plus vaste enquête jamais menée dans l'histoire des États-Unis.

Photo : pool/afp via getty images / SARAH SILBIGER

Moins d’une semaine après l’attaque perpétrée au Capitole par des partisans de Trump, dont des membres de l’extrême droite, le département américain de la Justice a fait savoir que plus de 170 dossiers ont été constitués afin d'établir l'identité des émeutiers et de les traîner en justice.

Pour chacun de ces dossiers, l'identité des individus ayant potentiellement commis des crimes lors du siège du Capitole a pu être établie, a indiqué mardi le procureur général par intérim du District de Columbia, Michael Sherwin.

À ce jour, les procureurs fédéraux ont porté des accusations contre 70 personnes impliquées dans l'attaque. Et ce nombre pourrait grimper à des centaines au cours des prochaines semaines, a-t-il poursuivi.

Plusieurs de ces cas concernent des crimes de sédition et de conspiration, a-t-il encore indiqué. Une unité spéciale a d'ailleurs été mise sur pied afin de s'occuper précisément de ces dossiers.

Les gens seront choqués par les actes odieux qui se sont produits au sein du Capitole.

Michael Sherwin, procureur général du District de Columbia

Dans la foulée des événements du 6 janvier dernier, la police fédérale (FBI) a lancé un appel sur Twitter afin que les internautes lui fassent parvenir des photos et des vidéos permettant d'établir l'identité des émeutiers.

Depuis, plus de 100 000 pièces ont été acheminées aux agents du FBI. La police fédérale en a profité mardi pour réitérer son appel.

Même si, depuis le 6 janvier, les partisans de Trump venus de partout aux États-Unis pour manifester contre la certification de la victoire de Joe Biden au Congrès ont pu regagner leur coin de pays, ceux qui ont participé aux émeutes ne sont pas à l'abri d'accusations.

Que les malfaiteurs se trouvent à Washington D.C. ou ailleurs, ils seront retrouvés par les autorités, a martelé Steven D'Antuono, directeur adjoint du FBI à Washington et responsable de cette vaste enquête. Nous allons venir cogner à votre porte, a-t-il assuré.

Si le FBI n'a pas encore été en mesure d'établir si certains insurgés projetaient de prendre des membres du Congrès en otage, il a pu confirmer que des bombes artisanales ont été retrouvées la semaine dernière près des sièges des partis démocrate et républicain.

Des partisans pro-Trump sont réunis, dont certains se trouvent debout ou accrochés à une palissade.

Le 6 janvier, après un discours de Donald Trump, des partisans du président américain ont fait intrusion dans le Capitole, usant de violence pour pénétrer dans l'édifice.

Photo : Getty Images / Spencer Platt

Vol d'appareils numériques, agressions d'agent de police du Capitole ou d'officiers fédéraux, vols d'informations relatives à la sécurité nationale ou à la défense nationale, meurtres : l'éventail de crimes commis est hallucinant, pour reprendre les mots de M. Sherwin.

Des cas d'agression de membres de la presse ou encore de recours excessif à la force par la police sont aussi du nombre, a-t-il indiqué.

C'est donc dire que la police fédérale a encore beaucoup de pain sur la planche. Les autorités estiment que jamais une enquête d'une telle envergure, qui comprend des milliers de témoins potentiels, n'a eu lieu dans l'histoire du FBI et du département de la Justice.

M. D'Antuono a également confirmé que le FBI était au courant des visées violentes des manifestants. Nous avons partagé les informations que nous avions avec [...] tous les niveaux d'autorités et de forces de l'ordre, a-t-il affirmé, sans donner plus de précisions.

Deux accusés font face à la justice

Le département de la Justice a par ailleurs déposé mardi ses premières accusations devant un grand jury fédéral, à Washington. Celles-ci visent Lonnie Leroy Coffman et Mark Jefferson Leffingwell.

Le premier, originaire de Falkville, en Alabama, avait été arrêté le jour même de l'attaque, après qu’on eut trouvé des cocktails Molotov et des armes à feu dans son véhicule, stationné tout près du Capitole.

Âgé de 70 ans, M. Coffman fait face à un total de 17 accusations, dont possession d'armes à feu sans enregistrement, notamment un fusil de chasse, trois pistolets, des munitions, des cartouches, ainsi que 11 cocktails Molotov.

Le second, originaire de Seattle, fait face à 7 chefs d’accusation, dont 2 pour avoir agressé un policier. Mark Jefferson Leffingwell est notamment accusé d’avoir violé une loi fédérale antiémeute, qui a été adoptée par le Congrès en 1968, selon Politico.

Pour l’heure, M. Coffman est détenu en attendant de comparaître devant un juge cet après-midi. M. Leffingwell a pour sa part été remis en liberté. Ni l'un ni l'autre n'ont plaidé leur cause devant le tribunal.

Mardi, le fils d'un juge new-yorkais connu s'est d'ailleurs ajouté à la liste des personnes arrêtées pour avoir participé au siège du Capitole.

Aaron Mostofsky, âgé de 34 ans, doit être inculpé formellement mardi après-midi. Il fait face à quatre chefs d'accusation, dont vol de biens gouvernementaux, tentative d'interruption de fonctions officielles et entrée par effraction.

Des photos et des vidéos montrant M. Mostofsky à l'intérieur du Capitole, dont certaines publiées sur son propre compte Instagram, ont été retrouvées par les policiers et sont citées dans la plainte. On l'y voit vêtu de fourrure, d'un gilet pare-balles et d'un bouclier antiémeute appartenant à la police du Capitole.

S'il venait à être reconnu coupable de vol de biens gouvernementaux – le plus grave des chefs d'accusation – il pourrait être condamné à 10 ans de prison, selon le bureau du procureur.

Les émeutiers ne devraient pas pouvoir prendre l'avion, dit Schumer

Le leader de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a demandé que les personnes impliquées dans l'assaut du Capitole soient interdites de vol.

Il est d'autant plus important de les ajouter rapidement à la liste noire du département de la Sécurité et des Transports (TSA), a-t-il soutenu, puisque l'investiture du président désigné Joe Biden, le 20 janvier, arrive à grands pas et que les appels à manifester, voire à user de violence, fusent sur les réseaux sociaux.

Les partisans de Trump qui ont pris d'assaut le Capitole ont démontré qu'ils représentaient une menace à la sécurité nationale, a résumé M. Schumer.

Le FBI a indiqué mardi qu'il considérait cette option.

Avec les informations de Agence France-Presse

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