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Le service d'information de CBC/Radio-Canada défend son impartialité devant le CRTC

Une entrée de l'édifice de CBC à Toronto.

Le CRTC a reçu 2000 interventions de Canadiens soutenant que la couverture de CBC/Radio-Canada était partiale, contre seulement 1350 interventions qui jugeaient qu'elle est digne de confiance.

Photo : The Canadian Press / Nathan Denette

La directrice de l'information de Radio-Canada, Luce Julien, juge qu'il n'est pas « étonnant que des citoyens [aient] l'impression que Radio-Canada n'est pas impartiale », notamment en raison de la polarisation de la société.

Mme Julien répondait à des questions du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications (CRTC) en cette deuxième journée d'audience sur le renouvellement des licences télé et radio de CBC/Radio-Canada.

Le CRTC a reçu 2000 interventions de Canadiens soutenant que la couverture de CBC/Radio-Canada était partiale, contre seulement 1350 interventions qui jugeaient qu'elle est digne de confiance.

On voit très bien depuis cinq ans une polarisation sur des enjeux de société, a remarqué Mme Julien. Les citoyens ont beaucoup plus le réflexe de se plaindre, parce qu'ils ont pris l'habitude sur les réseaux sociaux de se faire entendre, ce qui est une bonne chose.

Il y a plus de désinformation que jamais, a aussi expliqué le rédacteur en chef de CBC News, Brodie Fenlon. Il y a aussi des efforts concertés de différents camps et de certains dirigeants politiques.

Selon le CRTC, des intervenants ont aussi allégué que les journalistes de CBC/Radio-Canada donnent leur opinion et tentent de manipuler le public.

Je suis un peu sous le choc d'entendre ça, a répondu Mme Julien. Nos Normes et pratiques journalistiques sont très strictes. Notre rôle est de rapporter les faits et d'analyser et de donner du contexte, parce que les faits seuls ne peuvent pas suffire pour bien informer le public. C'est extrêmement important de donner du contexte.

Elle rappelle aussi que l'ombudsman joue un rôle de rempart extrêmement important pour le public.

La mort de George Floyd : un catalyseur pour une remise en question à CBC

Les patrons de CBC News ont aussi expliqué qu'ils sont en pleine période de réflexion au sujet de l'identité, à l'intérieur des salles de nouvelles.

La mort de George Floyd a soulevé des questions et des préoccupations sur ce que veut dire l'impartialité, notamment auprès des journalistes noirs et autochtones qui ont aussi vécu du racisme et de la discrimination, a raconté M. Fenlon.

Par exemple, si vous êtes un journaliste, pouvez-vous vous indigner de quelque chose que vous voyez, comme la mort de George Floyd?, s'est interrogée Susan Marjetti, directrice générale des nouvelles à CBC.

Parfois, ce qui est juste est juste, a-t-elle dit. D'autant que nous sommes dans une organisation qui défend les droits de la personne.

Le processus de réflexion qui a été enclenché n'est toujours pas terminé. M. Fenlon soutient que ce qui en ressort pour le moment n'est pas un besoin de modifier les Normes et pratiques journalistiques, mais peut-être d’en clarifier et préciser certains aspects.

Selon lui, il faut surtout travailler sur la culture dans la salle, la formation, l'embauche et la promotion.

Les questions du CRTC à ce sujet se poursuivront mercredi.

Bulletins locaux annulés : inimaginable que cela se reproduise, selon CBC

La COVID-19 a été une « tempête parfaite » qui a forcé CBC à suspendre « temporairement » ses bulletins de nouvelles locales, a expliqué la direction du diffuseur public pour expliquer sa décision qui avait été critiquée.

CBC News a expliqué qu'il y a eu des enjeux liés aux employés à Toronto au centre des ressources, où une équipe d'environ 22 personnes gère le trafic un peu comme dans une tour de contrôle, a raconté Susan Marjetti, directrice générale des nouvelles à CBC.

Par contre, plusieurs de ces employés très spécialisés n'ont pas pu travailler, parce qu'ils étaient malades ou qu'ils devaient être en isolement à cause de la COVID.

Il y avait un goulot d'étranglement, a-t-elle dit. Nous étions présents sur le numérique et à la radio, mais la télé est un médium beaucoup plus lourd en termes de production.

La décision a donc été prise d'aller de l'avant avec une formule hybride où les animateurs locaux se partageaient l'antenne.

On aurait pu faire mieux, a reconnu Brodie Fenlon, rédacteur en chef de CBC. Nous avons appris l'importance de bien communiquer en temps de crise, a-t-il ajouté. Je ne peux pas imaginer que ça puisse se reproduire à nouveau.

La PDG de CBC/Radio-Canada a aussi expliqué qu'avec les nouvelles technologies, des outils sont en place pour éviter que ce genre de situation ne se reproduise lors d'une éventuelle prochaine crise.

Baisse de programmation locale

Bien que le CRTC reconnaisse que CBC/Radio-Canada dépasse largement ses obligations de présenter du contenu local, il notait toutefois une baisse dans les marchés anglophone et francophone. Au total, il y a en moyenne 12,3 heures de programmation locale de moins par semaine à CBC et 4,6 heures de moins du côté de Radio-Canada, comparativement à 2013.

Le diffuseur public n'a toutefois pas été en mesure d'expliquer cette réduction et s'est engagé à y répondre à un moment ultérieur. Le diffuseur public a aussi expliqué que cesser de produire du contenu local et régional serait une bien mauvaise idée.

Certains intervenants soutiennent que CBC/Radio-Canada devrait délaisser ces marchés pour concentrer ses ressources sur les nouvelles nationales et internationales qui coûtent beaucoup plus cher, voire trop cher à produire pour des réseaux privés.

Sans Radio-Canada, le vivre en français à l'extérieur du Québec serait très difficile, a soutenu le vice-président principal de Radio-Canada, Michel Bissonnette. Arrêter de couvrir l'information locale serait aux antipodes complet du mandat de répondre aux besoins des Canadiens.

Il a ajouté que la moitié des visites sur le site de Radio-Canada concernent des contenus régionaux.

Les ressources journalistiques ne sont pas appelées à diminuer, a-t-il assuré.

Compression dans les salles de nouvelles

Le CRTC a aussi posé des questions sur une récente vague de compressions au sein du diffuseur public cet automne. Une soixantaine d'employés ont été licenciés.

La PDG Catherine Tait a précisé qu'il ne s'agissait pas vraiment d'une vague de compressions, mais de mises à pied mineures bien que douloureuses.

CBC/Radio-Canada a assuré que ces compressions n'ont pas altéré les services aux communautés et que ces compressions ont été en partie réalisées grâce à des départs à la retraite.

M. Bissonnette a quant à lui précisé qu'il n'y a pas eu de vague de compressions à l'information de Radio-Canada cet automne.

Peu de nouvelles à ICI Musique?

Le CRTC s'est aussi demandé pourquoi il y a beaucoup moins de temps d'antenne réservé aux nouvelles à la radio musicale de Radio-Canada, ICI Musique, par rapport à la station musicale CBC Radio 2.

En comparaison, CBC diffuse 6 heures de nouvelles par semaine, contrairement à 48 minutes à ICI Musique.

Susan Marjetti, directrice générale des nouvelles à CBC, a expliqué que cette décision a été prise en raison de l'importance d'avoir une présence là où les gens écoutent la radio.

Les nouvelles et l'information, spécialement en ces temps de COVID, mais aussi de façon générale, étaient cruciales pour nous, a-t-elle dit.

Pour sa part, la directrice générale, Radio, Audio de Radio-Canada, Caroline Jamet, a indiqué que le choix a été d'offrir une sorte de contre-programmation.

Nous avons deux stations, une qui est parlée et qui a des bulletins toute la journée, a-t-elle expliqué. Au niveau d'ICI Musique, on a moins de bulletins, parce que c'est une offre qui est musicale où on met en valeur les artistes canadiens et francophones; c'est notre priorité.

Pas de quotas pour les nouvelles

L'actualité doit dicter les choix éditoriaux et ces choix doivent continuer d'être pris en toute indépendance, a soutenu M. Bissonnette.

L'actualité dicte la majorité des choix. Ça ne peut pas être des quotas qui dirigent les choix éditoriaux. On doit s'adapter à ce que les Canadiens ont besoin d'entendre, que ce soit sur le plan local, national ou international.

Michel Bissonnette, vice-président principal de Radio-Canada

Il a d'ailleurs expliqué que l'indépendance des salles de nouvelles faisait toute la différence entre un diffuseur public et un diffuseur d'État.

Le CRTC s'est aussi intéressé à la prise de décision des salles de nouvelles à travers le pays.

Le directeur général des Médias régionaux, Radio-Canada, Jean-François Rioux, a expliqué qu'à Radio-Canada chaque station locale a sa propre ligne éditoriale.

Toutes les décisions sont prises localement, a indiqué M. Rioux.

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