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Le président de l’Assemblée législative de l’Alberta critique Jason Kenney

Portraits de Nathan Cooper et Angela Pitt.

Étant président et vice-présidente de l'Assemblée législative de l'Alberta, Nathan Cooper et Angela Pitt doivent éviter de commenter la situation politique.

Photo : Scott Dippel/CBC, Jason Franson/La Presse canadienne

Dans un rare moment de dissension publique, plusieurs députés conservateurs unis de l'Alberta critiquent leurs collègues qui ont voyagé à l’étranger pendant les Fêtes, ainsi que la réponse tardive du premier ministre.

Le président de l’Assemblée législative de l’Alberta, Nathan Cooper, est même sorti de sa réserve habituelle pour les dénoncer.

Les autorités de la santé publique albertaine recommandent d’éviter tout voyage non essentiel durant la pandémie. Malgré cela, six députés conservateurs unis, dont la ministre des Affaires municipales, Tracy Allard, et son chef de cabinet, Jamie Huckabay, sont allés à l’étranger.

Le premier ministre Jason Kenney a initialement tenté d'assumer la responsabilité de ces voyages, mais devant la colère de la population, il a rétrogradé ses députés et renvoyé son chef de cabinet. Tracy Allard a démissionné de son poste de ministre.

Plusieurs de leurs collègues qui sont restés en Alberta durant les Fêtes font maintenant entendre publiquement leur colère. CBC/Radio-Canada a obtenu des courriels de ces critiques.

Président de l’Assemblée législative de l’Alberta, Nathan Cooper doit éviter de critiquer le gouvernement et l’opposition. Cependant, le député de la circonscription d'Olds-Didsbury-Three Hills a critiqué le gouvernement dans une réponse à un courriel que lui a envoyé un électeur la semaine dernière.

Dans sa réponse, il écrit que la controverse des députés qui sont partis en voyage est très gênante pour le gouvernement, notamment le premier ministre, Jason Kenney, qui a choisi de ne pas punir ces députés et employés politiques jusqu’à ce qu’il y soit poussé par la colère du public.

L’hypocrisie de ce scandale mine clairement l’autorité morale du gouvernement et, bien que ces hauts responsables gouvernementaux aient été punis, le gouvernement fait face à une bataille difficile pour regagner la confiance du public.

Nathan Cooper, président de l'Assemblée législative de l'Alberta

Un politologue du Campus Saint-Jean de l'Université de l'Alberta, Frédéric Boily, y voit une réaction inhabituelle. Je n'ai pas le souvenir d'avoir vu de telles sorties d'un président de l'Assemblée législative. Il faut vraiment que ce soit de nature exceptionnelle, dit-il.

D'autres députés en colère

La vice-présidente de l’Assemblée législative, Angela Pitt, a dit la même chose la semaine passée.

Je suis, moi aussi, extrêmement déçue des actions de mes collègues et encore plus de la réponse et de l’inaction du premier ministre, a-t-elle répondu à un courriel d’un électeur de sa circonscription d’Airdrie-Est.

Une affiche dans une vitre indique que l'entreprise est fermée jusqu'à nouvel ordre.

Malgré le prolongement des restrictions au début du mois de janvier, plusieurs entrepreneurs ont annoncé leur intention de rouvrir leur commerce, après le scandale des députés qui sont partis en voyage.

Photo : Bryan Labby

La députée conservatrice unie de Brooks-Medicine Hat, Michaela Glasgo, s’est dite quant à elle satisfaite des démissions et des rétrogradations des députés, mais elle s’inquiète des effets à long terme de ce manque de jugement sur les mesures pour combattre la pandémie.

Je m’inquiète que les gens y voient la permission de ne pas respecter les règles ou de les réinterpréter à leur manière.

Michaela Glasgo, députée de Brooks-Medicine Hat

Le premier ministre Jason Kenney est du même avis. Il a avoué jeudi dernier que ce scandale pourrait miner l’autorité morale du gouvernement, qui demande aux Albertains de continuer à faire de grands sacrifices pour combattre la COVID-19.

Jason Kenney dans des eaux troubles

Le politologue Frédéric Boily estime que Jason Kenney fait face à un grave problème de leadership. C'est significatif, car ces critiques viennent de l'intérieur du parti lui-même, explique-t-il. Lorsque l'affaire a éclaté, les critiques étaient identiques à droite et à gauche.

Selon les règles du Parti conservateur uni, les membres doivent tenir un vote de confiance envers leur chef entre deux élections. Un tel vote sera difficile, selon Frédéric Boily, d'autant plus que les conservateurs albertains sont connus pour éjecter leurs propres chefs.

Si ce vote est ce printemps, les mécontents vont se manifester, mais s'il est plus tard, les mécontents auront le temps de s'organiser. Le risque de division du parti est réel, estime le politologue.

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