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« Nous sommes dans une situation très difficile », le NPD demande au gouvernement d’agir

Ryan Meili lors d'une conférence de presse sur la poursuite des mesures restrictives tenue le 12 janvier 2021.

Ryan Meili aimerait que le gouvernement soit davantage transparent avec à la population.

Photo :  CBC

Vincent H. Turgeon

De nombreux Saskatchewanais se posent la même question : que se passera-t-il lorsque les restrictions sanitaires viendront à échéance, le vendredi 15 janvier? Des chercheurs et des membres de l’opposition officielle demandent le maintien des ordonnances sanitaires.

Mardi midi, le chef néo-démocrate, Ryan Meili, a tenu une conférence de presse dans laquelle il demande au gouvernement davantage de transparence.

Le gouvernement doit arrêter de cacher de l'information aux Saskatchewanais, soutient M. Meili.

Selon lui, les mesures actuelles ne suffisent pas. Pour preuve, il souligne que les statistiques de la province par habitant dépassent présentement celles de l’Ontario et du Québec. Deux provinces qui pourtant ont des restrictions beaucoup plus sévères, rappelle-t-il.

Nous avons besoin d’une information claire, répète le chef néo-démocrate. Nous devons savoir quelles mesures seront mises en place ou relâchées en fonction du nombre de cas actifs. Qu’arrivera-t-il lorsqu’il y aura 500 nouveaux cas quotidiens?

Pour le chef de l’opposition, la faute revient au gouvernement si la Saskatchewan a autant de cas aujourd’hui. Il reproche au premier ministre Scott Moe de ne pas avoir pris de décisions plus tôt.

La province ne va pas bien. Et nous devons être honnêtes à ce sujet.

Ryan Meili, chef du Nouveau Parti démocratique de la Saskatchewan

Ryan Meili estime qu’en tentant de protéger l’économie et en permettant aux commerces de rester ouverts, le gouvernement a amené la province à devoir vivre sous les restrictions pour encore plus longtemps, pénalisant ainsi l’économie elle-même.

Allons-nous continuer à garder les bars ouverts si nous devons fermer les écoles?

Ryan Meili, chef du Nouveau Parti démocratique de la Saskatchewan

Le NPD s’inquiète également de la vitesse à laquelle la vaccination se fait dans la province et de l’incertitude concernant les groupes de personnes prioritaires.

Le taux de vaccination est plus bas en Saskatchewan que dans les autres provinces, soutient la porte-parole néo-démocrate en matière de santé, Vicki Mowat. Nous trouvons inquiétant que le ministre de la Santé tienne le gouvernement fédéral responsable plutôt que de se demander comment on peut améliorer la situation nous-mêmes.

L’opposition aimerait aussi voir une meilleure communication avec le public de la part du gouvernement.

Si, par exemple, une personne est immunodéprimée, elle n’a aucune idée à quel moment elle recevra le vaccin ou à quel endroit elle se trouve sur la liste de vaccination prioritaire, explique Vicki Mowat. Une telle personne ne sait pas si elle doit s’identifier auprès du ministère ou si son médecin de famille sera impliqué dans le processus. De nombreuses questions demeurent encore sans réponse.

Nous devons prendre les choses au sérieux

Kyle Anderson, qui est professeur adjoint en biomédecine à l’Université de la Saskatchewan.

Il n’est pas surpris de voir une résurgence du virus après la période des Fêtes. Il déplore malgré tout que le nombre de cas soit à ce point élevé.

La moyenne du nombre de nouveaux cas des 7 derniers jours s’élève à 307, alors qu’elle n’était que de 227 avant Noël. Lundi, la province a annoncé 412 nouvelles infections en 24 heures.

Le professeur adjoint en biomédecine à l'Université de la Saskatchewan, Kyle Anderson.

Kyle Anderson est d'avis que le maintien des restrictions est nécessaire pour éviter une surcharge sur le réseau de la santé provincial. (archives)

Photo : Facebook - Kyle Anderson

C’est ce qui nous fait le plus peur : nous craignons que la propagation ne s’accélère et que le progrès fait dans les semaines avant les congés disparaisse, explique Kyle Anderson.

Il s’inquiète également pour les hôpitaux. Plus il y a de patients nécessitant des soins, plus la pression augmente sur le système de santé de la province.

Selon le gouvernement, les unités de soins intensifs de la Saskatchewan étaient remplies à 95 % de leur capacité le 8 janvier dernier. Un tiers de ces hospitalisations étaient dues à la COVID-19.

Les autorités sanitaires ont déjà un plan pour mettre en place des hôpitaux de campagne si nécessaire. Ces installations permettraient d’avoir jusqu’à 328 lits de soins intensifs alors qu’il n’y en a que 75 en temps normal.

Nous avons besoin de toute la population pour diminuer la propagation du virus, répète le ministère de la Santé. Nous devons nous assurer de ne pas avoir 400 patients quotidiennement aux urgences.

Kyle Anderson rappelle qu’il y a une période de deux à trois semaines en moyenne entre le diagnostic de COVID-19 et l’hospitalisation.

Selon lui, on pourrait donc avoir 50 % plus de patients nécessitant des soins d’ici la fin du mois.

Personne ne veut que ce scénario arrive, alors nous devons agir dès maintenant, ajoute Kyle Anderson.

Il comprend que les gens n’aiment pas être confinés, mais il croit que les restrictions peuvent aider à contrôler le virus.

Cela ne durera pas toujours, ajoute M. Anderson. Nous devons diminuer le nombre de cas avant de pouvoir assouplir les restrictions plutôt que de prolonger la situation plus longtemps et de souffrir davantage.

Si nous ne prenons pas les choses au sérieux, nous pourrions réellement mettre notre vie et notre santé en jeu.

Kyle Anderson, professeur adjoint en biomédecine à l'Université de la Saskatchewan

Kyle Anderson soutient également que les restrictions aident à prévenir la propagation du nouveau variant du SRAS-CoV-2, déjà observé dans divers pays et même au Canada.

Avec les informations de Heidi Atter et d'Adam Hunter

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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