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Les bons et les mauvais élèves de la vaccination en Europe

La femme reçoit le vaccin sur le bras.

Une travailleuse de la santé reçoit le vaccin de Pfizer-BioNTech à Rome, le 28 décembre.

Photo : afp via getty images / Filippo Monteforte

Agence France-Presse

Globalement critiquée pour son démarrage poussif, la vaccination contre la COVID-19 en Europe est en réalité très hétérogène, certains pays étant plus avancés que d'autres.

À l'heure actuelle, deux vaccins sont autorisés au sein de l'Union européenne (UE), ceux de Pfizer-BioNtech et de Moderna. De quoi vacciner 380 millions d'Européens, soit 80 % de la population, selon la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Et le vaccin d'AstraZeneca-Oxford pourrait bientôt être utilisé dans l’UE. Ce vaccin est déjà autorisé en Grande-Bretagne.

Des pays plus efficaces que d'autres

Si les stratégies de vaccination ne sont pas vraiment différentes d’un territoire à l’autre, les personnes âgées et le personnel soignant étant souvent prioritaires, certains pays avancent plus vite que d'autres.

À l'heure actuelle, au moins 3 millions d'habitants de l'UE ont reçu une première dose de vaccin contre la COVID-19, soit 0,68 % de la population totale.

Tous sont toutefois très loin d'Israël, qui affirme être en mesure de vacciner 20 % de sa population d'ici fin janvier. En Europe, rares sont les pays européens qui ont vacciné plus de 1 % de leur population.

Le Royaume-Uni, qui a récemment quitté l'UE, est le pays du Vieux Continent qui a le plus vacciné, avec plus de 2 millions de personnes immunisées, soit 3,37 % de la population. Des centres de vaccination massive ont ouvert lundi et le gouvernement compte immuniser 15 millions de personnes d'ici la mi-février.

Au sein de l'UE, c'est le Danemark qui figure en tête du classement, avec 2 % de Danois qui ont reçu l'injection. Vendredi, les autorités ont même annoncé avoir vacciné l'ensemble des résidents des maisons de retraite, poussant le ministre de la Santé, Magnus Heunicke, à clamer que son pays était à l'avant-garde de tous les pays de l'UE pour ce qui est du déploiement des vaccins livrés.

L'Italie, l'un des pays les plus touchés par la pandémie, fait également partie des bons élèves, avec 1,19 % de sa population qui est vaccinée. Trois groupes y sont prioritaires : le personnel soignant, dont plus d'un demi-million a été vacciné, les résidents des maisons de retraite et les personnes âgées.

Avec 0,87 % de sa population qui a déjà reçu une dose, l'Espagne fait partie des pays plutôt en avance. Le pays a par ailleurs accéléré la semaine dernière le rythme de vaccination, puisque plus de la moitié des doses reçues ont été administrées, contre seulement 11 % la semaine précédente.

En Allemagne, malgré des résultats plutôt positifs (0,82 % de la population vaccinée), le gouvernement a été critiqué pour sa lenteur et pour avoir trop compté sur l'approvisionnement de l'UE en vaccins. La polémique est retombée avec l'annonce de l'arrivée prochaine du vaccin Moderna, qui devrait permettre d'accélérer la vaccination.

Par ailleurs, de nombreux pays européens se situent dans la fourchette de 0,5 % à 1 % de la population vaccinée, comme la Suède (0,78 %), le Portugal (0,69 %) ou la Pologne (0,68 %).

Le bas du classement

Les critiques sont nombreuses aux Pays-Bas, dernier pays européen à avoir lancé sa campagne de vaccination, le 6 janvier dernier. Près d’une semaine plus tard, 0,21 % seulement de la population y est vaccinée.

Si le premier ministre, Mark Rutte, s'est dit déçu de ce retard, son ministre de la Santé, Hugo de Jonge, a reconnu un manque d'agilité et de mauvaise logistique pour le justifier. Le personnel soignant sera prioritaire pour les premières injections.

En France, la campagne de vaccination, qui privilégie les personnes en maison de retraite a débuté le 27 décembre, comme dans de nombreux pays de l'UE. Mais son lancement a été lent, avec seulement quelques centaines de vaccinations, quand certains voisins dépassaient déjà la centaine de milliers.

Lundi soir, plus de 138 000 personnes avaient été vaccinées dans le pays, soit 0,2 % de la population, plaçant la France dans le bas du classement.

D'autres pays affichent également des scores assez faibles, comme la Belgique (0,22 %), où là aussi les maisons de retraite sont ciblées, la Finlande (0,32 %), qui a assuré avoir reçu moins de vaccins qu'espéré, et la Grèce (0,48 %).

En République tchèque (0,37 %), le ministre de l'Intérieur, Jan Hamacek, a annoncé que les écoles, fermées dans le pays, pourraient servir pour vacciner massivement la population.

La Russie, qui a développé son propre vaccin, Spoutnik V, a affirmé l'avoir injecté à plus d'un million de personnes, soit moins de 1 % de sa population. Les experts prennent toutefois ces statistiques avec des pincettes, le nombre de morts officiel de la pandémie dans le pays ayant été sous-estimé par les autorités.

Parmi les pays européens ne faisant pas partie de l'UE, la Norvège (0,39 %) et la Serbie (0,13 %) affichent elles aussi de faibles résultats.

Dans le cas de la Norvège, les autorités ont choisi une ligne prudente en n'administrant que la moitié des vaccins reçus, tandis que dans le cas de la Serbie, les citoyens volontaires peuvent choisir quel vaccin ils désirent grâce à un formulaire sur Internet.

Enfin, en Ukraine, en Macédoine du Nord et au Kosovo, la campagne de vaccination n'a pas encore démarré. Kiev, qui espère recevoir seulement fin mars ou début avril ses premières doses de vaccin chinois, n'a pas prévu de date pour démarrer.

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