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Le 14 janvier 2011, le peuple de Tunisie chasse le président Ben Ali du pouvoir

Des gens passent devant un graffiti à Tunis qui dit : Enfin libres.

La révolution tunisienne célèbre ses 10 ans.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Il y a 10 ans, le président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali renonçait au pouvoir sous la pression populaire. Si la révolution appuyée par le peuple avait renversé la dictature, il restait à consolider dans ce pays arabe d’Afrique du Nord le projet démocratique auquel aspirait ce dernier.

Fin de partie pour Ben Ali

« Cette fois, c’en est trop. Le peuple se soulève et plus rien ne l’arrête. C’est la fin d’un règne de 23 ans. Ben Ali est un président déchu, en fuite. »

— Une citation de  Azeb Wolde-Giorghis, 2011

Le 14 janvier 2011, le président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali fuit son pays et s’exile en Arabie saoudite.

Téléjournal, 14 janvier 2011

Au Téléjournal qu’anime Pascale Nadeau ce jour-là, la journaliste Azeb Wolde-Giorghis trace un portrait de l’homme qui pendant 23 ans a dirigé la Tunisie d’une main de fer.

En 1987, il avait évincé du pouvoir le fondateur de la République tunisienne, Habib Bourguiba, vieux et malade.

Le nouveau président avait alors promis liberté et prospérité.

Au lieu de cela, le peuple tunisien a vécu dans la terreur et a connu une corruption qui ne profitait qu’à la famille présidentielle et à ses proches collaborateurs.

Le 17 décembre 2010, un marchand de fruits et de légumes ambulant, Mohamed Bouazizi, subit de plein fouet les effets de cette corruption. C’est l’humiliation de trop.

L’homme, dans une ultime protestation, s’immole par le feu dans sa ville de Sidi Bouzid.

Son geste désespéré, et son décès deux semaines plus tard, soulèvent l’indignation générale.

Les manifestations et la révolution s’étendent en Tunisie comme une traînée de poudre. En quelques jours, le dictateur Ben Ali doit s’enfuir de la Tunisie.

La révolution de jasmin

La chute de la dictature du président Ben Ali constituait un triomphe pour ce qu’on appelle la révolution de jasmin.

La Tunisie, espère son peuple, s’engage dans la mise en place d’une démocratie.

Un peu partout sur la planète, on entrevoit et l’on souhaite que la révolution tunisienne annonce un printemps politique dans tout le monde arabe.

Une heure sur Terre, 11 février 2011

Cet espoir de voir une démocratie s’ériger en Tunisie est bien capté par le reportage de la correspondante Alexandra Szacka présentée le 11 février 2011 à Une heure sur Terre.

Jean-François Lépine anime l'émission.

Le reportage d'Alexandra Szacka observe les raisons qui expliquent le déclenchement de la révolution.

Les conversations qu’elle a avec des Tunisiens révèlent l’exaspération d’une jeunesse souvent très éduquée, mais désœuvrée et d’un peuple qui n’accepte plus la terreur d’État.

Cette contribution de la jeunesse est très bien soulignée par le parcours de Slim Amamou.

Ce cybermilitant a été propulsé de prisonnier des geôles de Ben Ali à secrétaire d’État à la Jeunesse et aux Sports de Tunisie en pratiquement moins de temps qu’il faut pour le dire.

Le reportage confirme aussi le rôle essentiel qu’ont joué les médias sociaux dans la victoire de la révolution tunisienne.

Alexandra Szacka nous présente le blogueur Haythem Mekki.

Son activité sur Internet, pour indiquer où se cachaient des francs-tireurs pendant les manifestations contre Ben Ali, a probablement sauvé la vie de plusieurs Tunisiens.

Un échec?

À l’heure des bilans, plusieurs citoyens tunisiens se plaignent que la révolution de jasmin est un projet inabouti ou, pire encore, qui a échoué.

24/60, 29 mars 2017

Cette analyse, l’ancien président intérimaire de la Tunisie Moncef Marzouki la rejette dans une entrevue accordée à l’animatrice de l’émission 24/60, Anne-Marie Dussault, le 29 mars 2017.

S’il accepte que plusieurs éléments de l’ancien régime soient revenus hanter l’État tunisien, ce phénomène est, selon lui, caractéristique de tous les débuts d’un processus révolutionnaire.

Même la Révolution française a vécu plusieurs restaurations monarchiques dans ses premières années, soutient Moncef Marzouki.

En Tunisie, la révolution a au moins réussi à faire respecter les libertés civiles, affirme celui qui a été pendant longtemps un défenseur acharné des droits de la personne.

L’ancien président Marzouki affirme, durant cette entrevue, que le passage du temps constitue un facteur essentiel dans les transitions et les consolidations démocratiques.

Acquérir des comportements démocratiques prend plus que deux ou trois ans, constate Moncef Marzouki.

Il défend par ailleurs l’entrée d’un parti islamiste au gouvernement tunisien après les élections de 2011.

La répartition des sièges au Parlement ne nous avait pas donné le choix que de composer avec les islamistes, rappelle-t-il.

Puis, ajoute-t-il, ces islamistes avaient adhéré à l’idéal démocratique et étaient idéologiquement assez semblables aux partis de centre droit qui existent en Allemagne ou en Italie.

L’ancien président tunisien déplore cependant la corruption qui s’est renforcée dans son pays depuis 2011.

Il s'inquiète aussi des militants terroristes islamistes tunisiens dont le retour pourrait alimenter une déstabilisation politique.

Au final, Moncef Marzouki affiche en 2017 un certain optimisme quant au succès du projet démocratique en Tunisie.

En 2021, la certitude, malgré la présence de certains signes positifs, ne semble pas être encore au rendez-vous dans ce pays du Maghreb.

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