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Coronavirus : pas d'immunité collective attendue en 2021, malgré les vaccins

Une infirmière vaccine un homme contre la COVID-19 le 9 janvier 2021 à Taverny, en France.

Un homme est vacciné contre la COVID-19 en janvier 2021.

Photo : Reuters / Benoit Tessier

Agence France-Presse

Dans l'espoir d'enrayer la flambée de la pandémie de la COVID-19, les campagnes de vaccination se multiplient dans le monde et l'Union européenne pourrait recevoir fin janvier le feu vert pour un troisième vaccin, autant d'efforts qui ne devraient toutefois pas garantir une immunité collective en 2021, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Un an après l'annonce par Pékin du premier décès dû à la COVID-19, la Chine va accueillir une équipe d'experts de l'OMS chargée d'enquêter sur l'origine du coronavirus. Ils arriveront jeudi à Wuhan, dans le centre du pays, a indiqué Pékin, et devraient être placés en quarantaine avant de commencer leur enquête.

Ce sont des réponses que nous cherchons, pas des coupables ou des accusés, avait assuré lundi le directeur des questions d'urgence sanitaire à l'OMS, Michael Ryan.

La Chine a par ailleurs décidé de confiner par précaution 5 millions d'habitants d'une ville limitrophe de Pékin après un cas de coronavirus, les autorités tentant d'endiguer rapidement de petits foyers apparus près de la capitale.

La COVID-19, inconnue il y a un an, a fait au moins 1 945 437 morts dans le monde, selon le dernier bilan établi par l'AFP.

Face à cette situation alarmante, les campagnes de vaccination s'accélèrent, même si l'OMS a prévenu que nous n'allons pas atteindre […] l'immunité collective en 2021. Le déploiement des vaccins, quand il s'agit de milliards de doses, prend du temps, a expliqué sa responsable scientifique, Soumya Swaminathan, exhortant à faire preuve d'un peu de patience.

L'Agence européenne des médicaments a annoncé mardi avoir reçu une demande d'autorisation pour le vaccin AstraZeneca-Oxford. Elle compte procéder à un examen accéléré, avec une décision peut-être rendue le 29 janvier, si les données communiquées sont suffisamment robustes et complètes.

Une bonne nouvelle, s'est réjouie la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, alors que le virus a déjà fait plus de 620 000 morts à travers le continent.

Les vaccins de Pfizer-BioNTech et de Moderna sont déjà autorisés dans l'UE.

Des enterrements tous les jours

Au Royaume-Uni, pays d'Europe le plus endeuillé avec près de 82 000 morts, sept centres de vaccination massive ont ouvert lundi. Le gouvernement espère immuniser quelque 15 millions de personnes d'ici mi-février pour commencer à lever son troisième confinement en un an.

Pour accueillir les morts de la COVID-19, des morgues provisoires se mettent en place, comme dans le nord-ouest de Londres, près du crématorium de Breakspear, afin de compléter la capacité existante, a déclaré à l'AFP un porte-parole des autorités locales.

Siraj Qazi, directeur d'une morgue au service de la communauté musulmane à Luton, au nord de Londres, constate un afflux massif ces deux dernières semaines. Nous faisons des enterrements tous les jours et les décès dont nous nous occupons actuellement sont principalement liés à la COVID, observe-t-il.

Les autorités britanniques peinent à freiner la propagation du variant plus contagieux du virus, avec des dizaines de milliers de contaminations chaque jour.

Nous sommes à une étape très, très périlleuse de la pandémie, a alerté Kit Malthouse, le secrétaire d'État chargé de la Sécurité publique. Une petite minorité de gens ne respectent pas les règles et cela coûte des vies, a-t-il déploré, en prévenant qu'un durcissement des restrictions était envisagé.

La Russie a d'ailleurs décidé de prolonger la suspension de ses liaisons aériennes avec le Royaume-Uni, deux jours après la découverte du nouveau variant de la COVID-19 chez un patient russe de retour de ce pays.

Le Japon cherche pour sa part à isoler un variant du coronavirus récemment détecté sur quatre personnes arrivées dans l'archipel en provenance du Brésil, afin de pouvoir l'analyser davantage.

Plus la COVID-19 se répand, plus il y a de chances qu'il évolue encore […]. La transmissibilité de certains variants du virus semble augmenter, a relevé lundi le directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Pour autant, toutes les mutations d'un virus ne sont pas forcément plus contagieuses ou plus dangereuses.

Les organisateurs des Jeux olympiques de Tokyo ont démenti mardi la tenue de discussions en février au sujet d'une éventuelle annulation des JO prévus en juillet, après leur report l'an dernier du fait de la pandémie.

Stade très critique

En Malaisie, le sultan Abdullah Shah a déclaré l'état d'urgence nationale pour faire face à un stade très critique de l'épidémie.

De nouvelles restrictions ont été annoncées dans certaines zones pour deux semaines, notamment dans la capitale Kuala Lumpur, où les habitants ne doivent pas quitter leur domicile sauf pour des courses indispensables et la plupart des entreprises non essentielles doivent fermer.

Au Liban, la réponse à la pandémie est plus radicale : couvre-feu total pendant onze jours, à partir de jeudi, durant lequel il sera interdit de sortir, même pour faire ses courses alimentaires ou promener son chien.

L'Inde a prévu de commencer dès samedi à vacciner jusqu'en juillet 300 millions d'habitants sur une population de 1,3 milliard.

En France, le gouvernement espère atteindre les 400 000 personnes vaccinées contre la COVID-19 à la fin de la semaine, notamment dans les Ehpad, où seulement 30 000 résidents ont reçu le vaccin.

Aux États-Unis, où près de 376 000 personnes sont mortes du coronavirus, le président élu Joe Biden a reçu lundi en direct à la télévision la deuxième dose du vaccin de Pfizer-BioNTech.

Autre pays, autre président : au Portugal, Marcelo Rebelo de Sousa, âgé de 72 ans et qui briguera un second mandat dans moins de semaines, a été déclaré négatif peu après un premier test qui s'était révélé positif.

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