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L'Ontario déclare l'état d'urgence et donne l'ordre de rester à la maison

La province prévoit plus de décès dans les foyers ontariens que durant la 1re vague.

La vice-première ministre Christine Elliott et Doug Ford portent tous deux le masque.

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, a annoncé mardi toute une série de mesures restrictives destinées à réduire la progression de la COVID-19 dans la province.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Radio-Canada

Doug Ford déclare l'état d'urgence à partir du 14 janvier à 0 h 01. L'annonce du premier ministre se traduira par une série de nouvelles restrictions, dont la prolongation de l'enseignement à la maison dans cinq régions pour lutter contre la hausse importante des cas de COVID-19.

Les élèves des régions de Toronto, York, Peel, Hamilton et Windsor-Essex poursuivront l'apprentissage en ligne au moins jusqu'au 10 février. Une décision sera annoncée pour toutes les autres régions ou certaines d'entre elles d'ici le 20 janvier, selon Doug Ford, qui s'est exprimé en début d'après-midi pour annoncer ces nouvelles restrictions.

L'état d'urgence sera en vigueur pour au moins 28 jours. Il s'accompagnera d'un ordre de rester à la maison, qui limitera les déplacements aux trajets essentiels, comme pour faire l'épicerie ou se rendre à des rendez-vous médicaux.

Il sera toujours possible de sortir pour prendre l'air, a précisé le premier ministre.

J'ai besoin que vous fassiez votre part. Restez à la maison, sauvez des vies. Le système [de santé] est au bord de l'effondrement. Nous sommes à des niveaux que nous n’avons jamais vus auparavant.

Une citation de :Doug Ford, premier ministre de l'Ontario

Les rassemblements extérieurs passeront également de 10 à 5 personnes maximum.

Les autres règles qui entreront en vigueur :

  • Tous les magasins de vente au détail non essentiels, y compris les quincailleries, les détaillants d'alcool et ceux qui offrent la récupération ou la livraison en bordure de rue, doivent ouvrir au plus tôt à 7 h et fermer au plus tard à 20 h.
  • Les heures d'ouverture restreintes ne s'appliquent pas aux magasins qui vendent principalement de la nourriture ni aux pharmacies, aux stations-service, aux dépanneurs ou aux restaurants qui offrent des plats à emporter ou à livrer.
  • Les chantiers de construction non essentiels sont aussi restreints, y compris en ce qui a trait à la construction en dessous du niveau du sol.

Pouvoirs de police élargis à l'égard de l'application des règles

Les forces de police et les agents municipaux pourront délivrer des contraventions aux personnes et aux commerces qui ne respectent pas ces règlements.

Tous ces officiers ont également le pouvoir de disperser les foules à l'intérieur et à l'extérieur, a déclaré la solliciteure générale de l'Ontario, Sylvia Jones, présente à la conférence de presse mardi.

Le montant des contraventions pour les personnes qui ne se conforment pas aux règlements demeurera à 750 $, et jusqu'à 10 000 $ pour les organisateurs de rassemblements illégaux. Les entreprises accusées encourront quant à elles des amendes pouvant atteindre 10 millions de dollars.

Sylvia Jones a cependant noté que certaines peines pourraient atteindre jusqu'à un an d'emprisonnement.

Le premier ministre Ford s'en est pris particulièrement aux magasins à grande surface, qu'il a accusés de permettre la formation de files d'attente folles, et il a évoqué le lancement d'une campagne d'inspections éclair dans les prochains jours.

En outre, la province dit réfléchir à introduire un nouveau moratoire sur les expulsions locatives résidentielles, qui était en place lors de la première vague.

Des projections effrayantes, selon Ford

Des projections publiées plus tôt indiquent que jusqu'à 1500 bénéficiaires de plus pourraient mourir dans les centres de soins de longue durée en Ontario d'ici le 14 février, si rien n'est fait.

Selon ces projections, que le premier ministre a qualifié d'effrayantes, le nombre total de morts dans les foyers pour aînés durant l'actuelle 2e vague (plus de 1100 actuellement) de la pandémie risque ainsi de dépasser celui de la première vague (1815 décès).

Une infirmière portant masque et visière prend les signes vitaux d'un patient dans un lit d'hôpital.

Près de 14 000 Canadiens ont été hospitalisés en raison de la COVID-19.

Photo : CBC/Evan Mitsui

Depuis le 1er janvier, 198 résidents et 2 employés de centres de soins de longue durée sont morts.

À l'heure actuelle, 40 % des résidences pour personnes âgées de la province sont touchées par une éclosion de COVID-19.

Selon les projections, le nombre de décès recensés en moyenne par jour en Ontario passerait de 50 à 100 d'ici la fin de février.

Un graphique montrant que jusqu'à 1500 aînés de plus dans les centres de soins de longue durée pourraient mourir d'ici le 14 février, si rien n'est fait.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Selon les projections de modélisation, le nombre de décès de résidents des foyers de soins de longue durée pourrait augmenter rapidement.

Photo : offerte par la table de consultation scientifique sur la COVID-19 de l'Ontario

Parmi les autres faits saillants de la modélisation :

  • Le quart des hôpitaux de la province n'a plus de lit disponible aux soins intensifs, un autre quart n'a qu'un ou deux lits de libres;
  • Les hospitalisations liées à la COVID-19 ont bondi de plus de 72 % au cours du dernier mois;
  • Le nombre de patients aux soins intensifs pourrait atteindre environ 500 à la mi-janvier et plus de 1000 en février, selon des scénarios « plus graves, mais réalistes »;
  • Le tiers des Ontariens ont fait fi des consignes de la santé publique au cours du dernier mois;
  • Le variant de la COVID-19, déjà présent en Ontario, risque d'accélérer la propagation du coronavirus, faisant possiblement diminuer des deux tiers le temps de doublement des cas.

Sans une réduction significative des contacts, le système de santé sera débordé et les décès dépasseront les totaux de la première vague avant qu’un vaccin n’ait le temps d’agir, prévient le groupe de travail provincial sur la modélisation.

Le Dr Adalsteinn Brown, doyen de l'École de la santé publique Dalla Lana de l'Université de Toronto et coprésident du comité consultatif d'experts de l'Ontario sur la modélisation, affirme que les restrictions actuelles ne suffisent pas.

Nous en sommes à un point dangereux. Ce n'est plus un problème qui se limite à quelques villes ou une région.

Une citation de :Dr Adalsteinn Brown, coprésident du comité consultatif d'experts de la province sur la modélisation

Selon lui, si rien n'est fait, les hôpitaux et les ambulanciers en Ontario pourraient être contraints comme aux États-Unis de choisir parmi les patients infectés lesquels auront de l'oxygène, faute de ressources.

C'est sans parler, dit-il, de l'annulation d'interventions chirurgicales et d'actes médicaux en ce qui concerne les autres patients.

D'autres restrictions

Le premier ministre Doug Ford avait déjà prévenu que les projections étaient terrifiantes.

Le portrait d'un homme.

Le premier ministre Doug Ford a publié une courte vidéo sur Twitter dimanche, dans laquelle il affirmait que l'Ontario se trouvait « en eaux troubles ».

Photo : capture d'écran de Twitter

Lundi, l'Ontario a franchi le seuil des 5000 morts depuis le début de la pandémie. Mardi, la province a recensé 2903 nouveaux cas et 41 morts supplémentaires.

L'ensemble de la province est en confinement depuis le 26 décembre. Ainsi, les restaurants et les commerces jugés non essentiels sont restreints aux livraisons et aux commandes à emporter, par exemple.

La province avait aussi fermé les écoles élémentaires dans le Sud de l'Ontario jusqu'au 25 janvier.

Toutefois, nombre d'élus et d'experts avaient réclamé des mesures supplémentaires.

Le maire de Toronto, John Tory, avait dit qu'il fallait fermer plus de commerces, dont les banques et les grandes surfaces. Il appelait aussi les résidents à respecter les consignes de la santé publique comme au printemps.

Le premier ministre Ford a admis que la situation avait complètement dérapé en Ontario. Le gouvernement a attribué la multiplication des cas et des hospitalisations entre autres au fait que beaucoup d'Ontariens avaient fait fi des consignes de la santé publique durant le temps des Fêtes.

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